‹ Hypertrophie partielle congénitale du corps avec nœvusChapitre 14 sur 19 · partie supérieure du mollet · texte numérisé non relu

partie supérieure du mollet

37 cm.

29 cm.

du genou .

42 cm.

35 cm.

cuisse au-dessus du genou .

40 cm.

31 cm ,

cuissse, partie moyenne .

44 cm.

36 cm.

cuisse à la racine . . . .

50 cm.

44 cm.

Pied,

longueur .

35 cm.

31 cm.

largeur .

10 cm.

10 cm.

épaisseur .

9 cm.

5 cm.

Longueur de la jambe de l’interligne

ar-

ticulaire du genou à la pointe de

la

malléole externe .

42 cm.

39 cm .

De la

saillie du grand trochanter à

la

pointe de la malléole externe.

Longueur du membre inférieur . , .

90 cm.

84 cm.

Largeur de la rotule .......

6 cm.

5 cm.

Largeur de la face interne du tibia .

7 cm.

5 cm.

Distance de l’épine iliaque antéro-supé¬

rieure à la ligne médiane dorsale .

29 cm .

17 cm.

L* hypertrophie frappe en outre l’annulaire et l’auriculaire de la main droite. L’annulaire droit présente dans son ensemble une courbure à concavité externe regardant le médius. Lorsque les doigts sont étendus et malgré cette incurvation de l’annulaire, le doigt dépasse en longueur l’extrémité du médius. Le petit doigt est aussi incurvé mais son rayon d’incurvation est plus grand, sa longueur dépasse celle de l’index. Non seulement les doigts smt hypertrophiés en longueur, mais ils le sont aussi en épaisseur. Toutes les phalanges participent à l’hypertrophie, au prorata de leurs

Main droite

dimensions normales. La peau

est épaissie

ainsi que 1

tissus sous-jacents.

A droite

A gauche

Longueur du petit doigt.

9 cm. 5

8 cm.

Longueur de l’annulaire.

11 cm.

9 cm. 75

Longueur du médius ....

10 cm. 5

10 cm. 5

Lougueur de l’index .

CD

9 cm.

9 cm. 5

Notons enfin une hypertrophie manifeste du deuxième et du troisième orteils du pied droit : ici l’hypertrophie est surtout marquée en longueur ; les deux orteils sont manifestement plus longs que les autres orteils du pied droit.

Grâce aux radiographies de M. le I> Allaire, nous avons pu étudier l’état des os.

Sur la radiographie de la main, l’hypertrophie de l’annulaire et de l'auriculaire est manifeste. Ces os sont augmentés dans tous leurs diamètres en longueur et en épaisseur.

Longueur de la phalange

Phalangine

Phalangette

Médius .

4 cm. 35

2 cm. 8

1 cm. 8

Annulaire. . . .

4 cm. 5

3 cm.

2 cm. 2

Auriculaire . .

3 cm. 8

2 cm. 15

2 cm.

L’hypertrophie en longueur est manifeste et porte avec une prédominance marquée sur la phalangette. C’est aussi sur l’extrémité libre de cette phalangette que l’augmentation de volume en diamètre présente son maximum.

La radiographie nous donne en effet 8 millimètres pour le médius, 12 pour l’annulaire, et 9 pour l’auriculaire. Les métacarpiens semblent conserver leurs proportions relatives et être absolument normaux. Cette radiographie nous montre

encore qu’à côté de l’hypertrophie osseuse, il faut faire une large place à l’hypertrophie des autres tissus dans l’augmentation de volume du doigt. La couche charnue qui entoure les os est beaucoup plus développée sur l’auriculaire et l’annulaire que sur les autres doigts et atteint presque la même épaisseur que sur la face antérieure du pouce. Sur les autres radiographies, cette hypertrophie est moins facile à mettre en lumière.

Les genoux ont été radiographiés sur une même plaque, malheureusement la jambe malade présente un léger degré de rotation en dehors, ce qui vicie le résultat au moins en partie; aussi n’avons-nous pas cru devoir publier cette radiographie. Cependant nous voyons que le diamètre transversal du plateau tibial gauche dépasse de 18 millimètres le diamètre correspondant du côté sain. •

De même, les deux pieds n’ont pu être radiographiés dans une position absolument identique. Cependant on y relève entre les os symétriques les différences suivantes.

Pied gauche Pied droit

Calcanéum longueur . 8 cm. 8 8 cm. G

— hauteur . 4 cm. 5 4 cm. 5

Cuboïde hauteur . 3 cm. 5 3 cm. 2

Nous avons pris la circonférence des orteils du pied droit au-dessus de l’articulation de la phalange et de la phalan°dne. Nous avons obtenu :

Gros orteil droit . 8 cm.

2e orteil . 5 cm. 1/2

3e orteil . 7 cm. 1/2

4" orteil . 7 cm.

5e orteil . 6 cm. 1/2

Pied droit

Pied gauche

Topographie du nœvus et des varices chez le malade qui fait l’objet de l’observation XIV (personnelle).

Mais ce qui ressort avee le plus de netteté, c’êàt l’hypertrophie considérable des tissus perosseux, hypertrophie peut-être plus marquée encore sur la face dorsale que sur la face plantaire du pied.

En résumé, de cet examen, on peut conclure que Phvpertrophie frappe tous les Sègmènts constitutifs du membre inférieur gauche et des deux doigts extrêmes de la main droite, et qu’elle porte sur tous les éléments constitutifs de ces segments, os et masses muscülo-cutahées.

Le malade attire encore l’attention par un nœvus très étendu, qui occupe une grande partie de la surface cutanée. La peau présente une coloration rouge violacé vineuse, type de nœvus venosus des anciens auteurs.

Tronc. — Sur la face antérieure du tronc, lë nœvus remonte sur la ligne médiane, jusqu’au niveau du creux sussternal. A gauche, il descend presque verticalement le long du bord gauche du sternum, en s’inclinant un peu obliquement au dehors, puis passe à trois travers de doigt au-dessus du mamelon gauche, pour gagner le sommet de l’aisselle et passer à la face dorsale du tronc. En bas, le nœvus descend sur la ligne axillaire gauche jusqu’à la crête iliaque qu’il suit jusqu’à l’épine iliaque antéro-supérieure. De là la limite inférieure du iiœvtis remonte obliquement en haut et en dedans, et atteint la ligne médiane un peu au-dessus de l’ombilic ; elle descend verticalement le long de la ligne blanche et arrivée à deux travers de doigt au-dessus de la symphyse du pubis, elle se dirige obliquement en haut et à droite, et atteint le pli de l’aine à égale distance de la symphyse et de l’épine iliaque antéro-supérieure. Là, le nœvus se contihUé sur la face antérieure de la cuisse droite oit nous le retrou-

verons, puis il remonte le long1 du flanc droit, il s’arrête audessous de l’aisselle à peu près à la hauteur de l’appendice xyphoïde, se dirige alors obliquement en bas et en avant, puis en haut et en dedans, et laissant en dehors le mamelon droit, atteint l’articulation sterno-claviculaire gauche. Sur cette large tache nœviforme. apparaissent quelques petits points de peau saine, de dimensions très variables, les uns punctiformes, les autres beaucoup plus rares, plus étendus, irréguliers de forme et dont le principal présentant le diamètre d'une p'èce de cinq francs entoure le mamelon gauche et la région sous-jacente.

Sur la face postérieure du tronc, le nœvus remonte moins haut qu’en avant. Partie du sommet de l’aisselle gauche, la limite supérieure se dirige en haut et en dedans, et atteint le rachis presque au niveau de l’épine de l’omoplate, puis elle descend eu bas et en dehors vers le sommet de l’aisselle droite. En bas, le nœvus suit à gauche la crête iliaque jusqu’à la ligne médiane, décrit alors une courbe à concavité regardant le coccyx et comprenant tout le coccyx dont la peau reste indemne : puis il atteint, le sillon interfessier et se continue sur le membre inférieur gauche. Sur cette surface nœvique émerge un petit îlot de peau saine, correspondant à la pointe de l’omoplate gauche. En outre sur la ligne médiane au niveau de la première vertèbre dorsale existe un petit nœvus de la dimension d’une pièce de deux francs.

Membre inférieur gauche. — Toute la fesse gauche est recouverte par le nœvus ; en dedans, le nœvus recouvre la peau jusqu’à deux travers de doigt au-dessous du pli fessier, puis il se dévie en dehors et en bas jusqu’à la ligne médiane de la cuisse, qu’il suit jusqu’au creux poplité ; là, il s’étend

davantage en dedans, décrit une courbe à concavité interne, et ne laisse sur la lace interne et postérieure du mollet qu’une étroite bordure de peau saine ; rejoignant la ligne médiane à la partie supérieure du tendon d’Achille, lenœvus s’étend de nouveau vers le bord interne du talon, contournant lamalléole interne qu’il respecte, et le bord interne du pied pour apparaître sur la face dorsale. Là. il occupe toute la face dorsale du pied et des orteils ; en arrière il décrit sur la face antérieure du cou-de-pied et autour de la malléole interne indemne, une courbe analogue à celle de la face postérieure, et remonte presque verticalement sur la ligne médiane de la jambe, le long de la crête du tibia, et sur la ligne médiane de la cuisse dans sa moitié inférieure, puis il se dévie à gauche et rejoint l’épine iliaque antéro-supérieure gauche où il se confond avee le nœvus du tronc. En d’autres termes, sur le membre inférieur gauche, le nœvus occupe toute la moitié externe du membre (moitié externe de la face antérieure, face externe et moitié externe de la face postérieure de la jambe et de la cuisse) et toute la surface du pied respectant la moitié interne de la malléole externe.

Membre inferieur droit, — Sur le membre inférieur droit le nœvus est beaucoup moins étendu. La face postérieure en est complètement indemne. Sur la face antérieure de la cuisse se trouve une large plaque confondue en haut avec celle du tronc, la limite inférieure descend d’abord verticalement un peu en dedans de l’axe vertical médian de la cuisse, jusqu’à mi-hauteur de la cuisse, puisse recourbe en haut et en dehors pour rejoindre la crête iliaque et le nœvus du tronc.

Lne seconde tache nœviforme, complètement isolée de la précédente, occupe la moitié externe de la face antérieure

du genou et de la jambe, s'ârï étant en haut au-dessus dés coud vies du fémur, en bas au-dessus de la malléole externe.

Membre supérieur gauche. — À la racine du membre et sur sa face interne, continue avec le nœvus du tronc, so voit une large plaque nœvique qui s’arrête bientôt âpres quelques Centimètres. ! ne autre plaque le long de bord externe du coude. Enfin quelques taches de nœvus sur le bord interne, et la moitié interne de la face antérieure de l’avant bras, petites, isolées les unes des autres.

En arrière quelques taches sur le bord interne du bras. Sur la moitié inférieure de la ligne médiane du bras, un nccvus d’iule largeur de deux travers de doigt, descend jus- (ju’au coude, là il se continue avec un nœvus plus large, en forme de raquette, dont la partie renflée occuperait le coude, et dont la queue se prolongerait sur la ligne médiane de l’avant-bras pour s’âirêter au-dessus du poignet. La peau qui occcupe le centre de la partie renflée de la raquette est intacte et respectée par le nœvus.

Membre supérieur droit . — Eâ face antérieure du membre présente dans sa moitié interne sur le bras et sur l'avantbras des taches nœviformes de dimensions très Variées, les unes punctiformes, les antres pouvant atteindre le diamètre d’une pièce dé 5 francs.

En arrière, il existe de très nombreuses petites taches disséminées tout lé long de la moitié interne du bras et de l’avant-bras, plus confluentes au niveau du coude, et s’arrêtant au-dessus du poignet. Quand le bras est resté tombant pendant un certain temps, la peau qui sépare toutes les plaques se congestionne, et les réunit en un vaste nœvus, coloré d’une façon plus ou moins inténse par placards, et occupant

toute la moitié interne des faces antérieure et postérieure du bras et de l’avant-bras et s’étendant du poignet à l’aisselle où elle se confond avec le nœvus du tronc.

Lorsque le malade est couché et surtout s’il a gardé le lit pendant plusieurs jours, la teinte ecchymotique vineuse du nœvus s’efface ; il pâlit et devient peuapparent surles membres inférieurs ; au tronc il diminue seulement d’intensité, car le malade reste le plus souvent assis dans le lit ; la position influe donc beaucoup sur la coloration du nœvus et il s’atténue dans le decubitus horizontal: il s’exagère par contre dans la station verticale.

Avant d’aller plus loin, nous tenons à relever cette topographie du nœvus, nettement radiculaire sur les membres supérieurs, où elle occupe le territoire des 6e 7* et 8° racines cervicales et la lre dorsale. Aux membres inférieurs, la topographie radiculaire est moins facile à mettre en évidence. A gauche, le nœvus occupe le territoire des 4e et 5° racines lombaires et lre sacrée, respectant les 3e et 4e sacrées ; à droite elle occupe les 2 premières racines lombaires et respecte les racines sacrées.

Varices. — Quand le malade est debout apparaissent alors des varices que l’on retrouve à peine après quelques jours de repos au lit. Sur le bord postérieur externe du bras droit, un peu au-dessous du coude, se trouve une varicosité veineuse bleuâtre grosse comme un haricot. Sur la partie moyenne de ï la fesse gauche, varicosité veineuse plus volumineuse. Troisième varicosité du volume aussi d’une grosse noisette à la i partie moyenne de la face externe de la cuisse. Enfin au creux pop] it é , les Variées atteignent leur maximum de dimension, Partant du sommet du creux poplité et suivant

le bord externe de son triangle supérieur, un paquet variqueux gros comme un fort porte-plume, descend obliquement en bas ot en dehors ; à l’angle externe du creux poplité, ce paquet est rejoint par un second paquet aussi volumineux. Couché transversalement au niveau de la base commune des deux triangles qui forment le creux poplité ; il présente à sa partie moyenne une varicosité sadlante du volume d’une noisette ; après leur réunion les paquets variqueux contournent le bord externe du genou et traversent obliquement en bas et en dedans la face antérieure de la rotule, formant un gros lacis veineux aplati, de deux travers de doigt de diamètre.

Quand le malade est debout, il rejette le tronc en masse vers le côté droit et présente une position hanchée. Pour marcher il porte le membre supérieur gauche en avant presque sans fléchir le genou ; ce qui, joint à l’augmentation de longueur de ce membre, entraîne un déjettement du tronc sur la droite.

En marchant, le malade présente donc une sorte de balancement latéral, le corps s’inclinant à droite quand le membre gauche se porte en avant pour se redresser quand il s’appuie sur la jambe gauche.

La sensibilité est normale sous tous les modes et sur tous

les points du corps.

Les réflexes sont normaux.

La température prise au pli du coude a été de 36°, 1 «les deux côtés.

La température prise au creux poplité a été de 36°, 4 du côté gauche hypertrophié et de 36° seulement du côté

sam.

Les antécédents héréditaires et personnels du malade sont négatifs. Il prétend n’avoir jamais fait aucune maladie et avoir toujours remarqué la difformité qu’il porte. Il affirme que jamais il n’a pu porter de chaussures toutes faites que toujours on les lui a faites sur mesure et en prenant mesure sur chaque pied ; toujours aussi il a boité en marchant.

Cette hypertrophie du membre inférieur gauche ne gène pour ainsi dire pas la marche, et pour se rendre à son travail le malade fait facilement une marche de plus de deux kilomètres.

Observation XV (résumée). — Joüon. Revue d? Orthopédie, 1900. Hypertrophie congénitale diffuse des membres et clinodactylie congénitale des orteils chez un petit rachitique porteur d’une scoliose et d’un trouble genu valgum.

L’hypertrophie congénitale est surtout prononcée aux membres inférieurs et d’une façon générale un peu plus accentuée du côté gauche du corps. C’est-à-dire du côté où l’on constate la présence des nœvi. On voit, en effet, des taches violacées disséminées sur le membre inférieur gauche et sur la moitié gauche du tronc; elles prédominent sur les bords de la face dorsale du pied; elles empiètent même un peu sur la face plantaire ; elles recouvrent la face interne et externe de la jambe gauche, la rotule et la région des condyles fémoraux, puis elles s’étendent sur la face externe et la face postérieure de la cuisse gauche, laissant indemne la face interne; enfin, elles s’étalent sur toute la moitié gauche du tronc.

Il existe un véritable angiome superficiel assez petit à la

face, dorsale du pied gauche près du deuxième espace iuterdigital.

U n’existe pas de nœvi sur le membre supérieur gauche, ni au côté gauche delà face, le côté droit du corps n’en parte pas non plus.

Si la différence des diamètres de la cuisse et de la jambe des deux côtés est peu appréciable, ce qui est bien évident, c’est le volume considérable des deux pieds et la clmodacty • lie des orteils qui sont d’origine congénitale.

H s’agit là d’une hypertrophie en masse; chacun des deux pieds est beaucoup plus volumineux que le pied correspondant d'un enfant du même âge.

Il est à remarquer qu’au pied gauche, c’est-à dire sur celui où existent des taches nœvîformes et l’angiome, le gros orteil est beaucoup plus volumineux que celui du pied droit ; le deuxième orteil du pied gauche est également plus fort que celui du côté droit ; en revanche, le troisième est atrophié des deux côtés, mais beaucoup plus à gauche ; les deux derniers sont normaux comme volume.

La clinodactyïie est plus prononcée du pied gauche.

La disposition des orteils du pied droit est à peu près semblable à celle du pied gauche, sauf que le premier espace interdigital est normal, mais le troisième orteil légèrement atrophié est un peu recouvert par le deuxième en hyperextension.

Aux membres supérieurs, les mains sont plus volumineuses que celles d’un enfant du même âge, mais elles sont bien

conformées ; elles sont seulement un peu îipomateuses principalement en dehors sur la face dorsale, le bord externe de l’éminence hypothenar.

La force musculaire est notable.

Observation XVI. — Kuss et Jouon. Revue Orthopédique 1899.

Emilie L. 2 ans 1/2 entrée à l’hôpital Trousseau pour un volumineux abcès froid de la partie latérale droitedu thorax. Traitée et guérie au bout de huit jours.

Ne présente pas d’antécédents héréditaires au point de vue de la question qui nous occupe.

L’examen complet de l’enfant montre que les membres supérieur et inférieur gauches sont atteints d’hypertrophie congénitale régulière.

Le père de l’enfant affirme que dès la naissance, les membres supérieur et inférieur gauches étaient plus volumineux qu’à droite. Il s’agit donc bien d’une hypertrophie congénitale.

L’hypertrophie n’intéresse pas le tronc ni la face mais seulement le membre supérieur et le membre inférieur à gauche ;

elle est parfaitement régulière, tous les segments du membre

y prennent part.

La longueur des membres d’un côté à l’autre ne donne pas de différence en faveur du côté gauche, mais la circonférence des membres du côté gauche l’emporte sur celle des membres du côté droit.

Aussi, on a :

A. — Membre supérieur .

Au milieu du bras:

Différence

A gauche .

A droite

Au niveau de i’épitrohlée :

A gauche .

A droite .

Au niveau du pli de flexion

A gauche .

A droite .

La main gauche est plus volumineuse que la droite, le pouce gauche en particulier est beaucoup plus développé que le droit.

B. — Membre inférieur.

Circonférence de la cuisse à trois doigts au-dessus de la rotule :

à gauche à droite

Circonférence de la jambe à trois travers de doigt au-dessous du sommet de la rotule :

à gauche à droite

La circonférence au niveau des malléoles ne donne pas de différence appréciable à la mensuration. Le pied g’auche est plus développé que le droit, le gros orteil gauche est beaucoup plus volumineux que le droit. En revanche, le deuxième orteil gauche est très petit et réuni au niveau de sa première phalange au troisième orteil, en un mot le deuxième espace interdigital et peu profond ; le premier Lest au contraire beaucoup.

Le tronc n^est pas plus développé àgauche qu’à droite. Les deux moitiés du cou et delà face sont également bien semblables comme volume.

Oïl ne voit pas de nœvi sur le corps de l’enfant la peau des membres hypertrophiés est seulement un peu plus rosé que du côté opposé.

11 existe une légère différence de température en laveur des membres hypertrophiés.

à droite à gauche

Température prise au creux proplité. . 35°6. 36°

Température prise au pli du coude(avantbras fléchi au maximum sur le bras). . 35°4. 36°

11 n’existe pas de troubles trophiques du côté hypertrophié.

La malade étant morte de broncho-pneumonie consécutive à la rougeole les constatations suivantes ont été laites:

Le tissu cellulo-graisseux est plus abondant aux membres hypertrophiés ; ceci se voit surtout sur le bord interne du pied gauche et au niveau de Téminence thénar de la main gauche, c’est-à-dire là où l’hypertrophie est le plus manifeste. Les muscles sont bien développés, et leur teinte est normale du côté hypertrophié.

Le squelette participe manifestement à l’hypertrophie. Les mensurations du premier métatarsien des deux côtés donnent :

Longueur .

Circonférence du corps

de l’os .

Epaisseur de l’extrémité

tarsienne .

Epaisseur de l’extrémité

phalangienne dépasse.

Grimaud

à gauche 0 m. 030

à droite 0 m. 027

n’atteint pas 0 m. 01

n’atteint pas 0 m. 01

Vu les petites dimensions des phalanges et des cunéiformes d’un enfant de deux ans et demi, il est impossible de les mesurer exactement, mais il est facile d’apprécier à la vue que ceux du pied gauche, ont un volume supérieur à ceux du pied droit.

La moelle et le cerveau ont été enlevés ; extérieurement, aucune différence n’existe entre les deux hémisphères cérébraux.

i>. — Hypertrophie des extrémités opposées ou alternes.

2e. Sans nœvus.

Observation XVII. — Owen. cité par Curling et Bush.

Les médius sont deux fois plus longs et plus épais que les index.

Observation XVII I. — Curling. Med. Chir. Transactions. Hypertrophie des 2 mains.

Les 2e, 3e et 4e doigts droits et les lr° 2e 3e doigts gauches sont volumineux mais uniformément développés. Les os, les articulations, les ongles sont envahis par l’hypertrophie. Les parties correspondantes des mains sont un peu plus volumineuses qu’à l’état normal. Le reste du corps est normal.

Observation XIX. — Ideler. Maug. Disserl. Berlin 1855. Cité par Bush. Hypertrophie de trois orteils médians des deux pieds.

Pieds très graisseux.

Les trois orteils médians ont une longueur double des extrêmes mesurés sur le squelette. Les régions plantaires offrent, en outre surtout à gauche un fort bourrelet graisseux.

G. — Hypertrophie d une extrémité seule.

1° Avec nœvus .

Observation XX. — Hypertrophie congénitale d'un membre, grosseur anormale du pouce et de l’indicateur de la main droite, avec augmentation de volume de toute l’extrémité supérieure du même côté (t> Beck. Medicinische Anna len , von Puchelt Cehelius, et Naegele , 1836). In Trélat et Monod.

Un homme de petite stature, bien constitué, âge de 28 ans, exerçant avec activité, depuis plusieurs années, la profession de bûcheron, offrait une difformité congénitale particulière du membre thoracique droit. Le pouce et l’index avaient un volume énorme.

Dès la naissance ces deux doigts présentaient, ainsi que toute l’extrémité supérieure des dimensions plus considérables. Cette affection ne s’accompagnait d’aucune douleur, et ne gênait qu’en partie l’usage de la main, sans empêcher cet homme de manier convenablement les instruments de sa profession, La peau de ces deux doigts avait sa structure normale.

La mobilité .nulle dans l'articulation des deux phalanges du pouce, était incomplète dans celle du pouce avec \t pré» mief métacarpien, et seulement un peu diminuée dans les

articulations de l’index. Le jeu du poignet et des autres doigts était parfaitement intact. L’augmentation du volume des os, dans les doigts hypertrophiés, s’accompagnait d’une densité et d’un épaississement du tissu cellulaire sous-cutané qui empêchait de sentir les tendons. Le toucher était un peu moins parfait que dans les trois autres doigts, qui avaient du reste leur conformation normale.

L’avant-bras, le bras et même l’épaule offraient une grosseur évid mment supérieure à celle du côté gauche ; et cette augmentation de volume paraissait dépendre moins d’une hypertrophie des muscles que d’un épaississement de la couche c lluleuse, et de la distension de la peau qui offrait cependant beaucoup de fermeté.

Observation XXL — Développement gigantesque congénital et progressif du membre inférieur droit. Inclinaison consécutive du bassin et scoliose de la colonne vertébrale. Eléphantiasis des Arabes, congénital du bras gauche. Lipomes dans le dos. Dilatations veineuses cutanées; pemphigus chronique, etc... Obs. du D. Hermann Frietberg.

Auguste B..., (fille) avait 10 ans, lorsqu’elle fut examinée pjour la première fois, en octobre 1853. De misérable apparence, cheveux blonds, tête petite avec une figure d’enfant, pâle, amaigrie. Sur tout le corps à l’exception du membre inférieur droit et de la moitié interne de la main gauche, la peau était d’une couleur brun jaunâtre, sèche flétrie.

Les parents et les sept frères ou sœurs oie cette enfant jouissaient tous d’une belle santé. Sa taille était de 3 pieds,

5 pouces. Elle avait le port d’une rachitique. Le développement colossal du pied droit frappait tout d’abord, ainsi qu’une

certaine gène de la marche; pour faire un pas en avant de la jambe droite, il lui fallait faire décrire au pied un cercle considérable ; elle relevait d’autre part la moitié droite du bassin, en même temps qu’elle l’inclinait un peu en avant ; malgré cela elle était encore obligée de fléchir les articulations delà hanche et du genoux. La démarche, en raison de la gêne apportée aux mouvements de la jambe droite était maladroite, accompagnée d’une sorte de balancement du corps, mais relativement encore assez ferme et dégagée. La jambe n’était aucunement inerte dans la marche ; on avait peine cependant à constater la contraction des muscles : celle-ci n’était pas, au reste appréciable, à cause de l’hypertrophie du tissu cellulaire sous-cutané, qu’aux muscles des mollets, et aux fléchisseurs delà cuisse. Le corps étant fixé, la malade pouvait faire mouvoir lajambe rapidement et avec vigueur.

Le pied même avait une certaine force, au point que le doigt introduit entre le premier et le deuxième orteil était fortement seire. Lorsque, dans cette position, elle fléchissait le pied, il était facilede voir l’épaisseur considérable des muscles du mollet.

Les vêtement* enlevés, le spectacle était vraiment surprenant. Lajambe inférieure droite était presque aussi grosse que le reste du corps. Considérée en elle-même, elle pouvait être comparée à celle d’un homme fort et bien constitué. Mais le pied surtout, en raison du développement des orteils,

était véritablement monstreux. Ceux-ci, par leur volume

énorme, étaient fortement écartés les uns des autres ; le troisième et le quatrième étaient soudés entre eux sur toute leur longeur ; le cinquième formait presque un angle droit

avec le bord extrême du pied. Les ongles, abstraction faite de leur volume, étaient bien conformés. Les os du pied étaient hypertrophiés et séparés les uns des autres par une masse intermédiaire molle et élastique.

La jambe présentait une coloration d’un rouge franc, seul le pied était plutôt violacé. Les formes étaient effacées par le gonflement , on n’apercevait aucune saillie musculaire.

La peau présentait sa température normale, au pied elle offrait une sensation de fraîcheur. Nulle part elle n’était sèche ni ridée ; on n’y voyait pas de dilatation veineuse si ce n’est au milieu du dos du pied, où se montrait une traînée de veines dilatées.

En aucun endroit elle ne gardait l’impression du doigt, elle offrait le degré de résistance normale. Aucune trace de maladie de la peau.

Le développement de la jambe était surtout frappant, lorsque la malade était debout et prenait une position telle que les deux moitiés du bassin fussent à une hauteur égale. La jambe droite était naturellement alors portée bien en avant de la gauche, tellement que le talon droit était de 19 pouces en avant de la pointe du pied gauche.

Dans cette position, la jambe était tellement pliée dans ses trois articulations, que mesurée par devant, l’angle de la hanche était de 117°. Celui du genou 136° celui du pied de 139°. De plus la plante du pied se dressait sur le sol de toute sa hauteur.

Lorsque la malade était étendue sur le dos, l’épine iliaque antérieure et supérieure droite s’élevait de près de 3 pouces plus haut que la gauche, et était en outre portée en avant.

La mensuration comparative desdiverses parties des doux membres inférieurs donna les résultats suivants :

Mesures de longueur.

A droite

A gauche

Du grand trochanter au talon . . .

Du grand trochanter au condyle ext.

du fémur. .

Du condvle externe du fémur à la

malléole externe .

Du talon à la pointe du gros orteil.

Longueur du gros orteil .

— 2e orteil .

— - 3e orteil .

— 4° orteil .

— 5° orteil .

Epaisseur du pied.

L’épaisseur du pied mesurée au compas d’épaisseur donnait :

Immédiatement en avant de l’articulation du pied . 4 L/4

A l’articulation du 1er métatarsien

avec le 1er cunéiforme . 32/2

A l’articulation du 3e métatarsien avec

le 3e cunéiforme . 31/4

A l’articulation du 5e métatarsien avec

la culotte . 11/4

Dans la région des articulations mé-

talarso-phalangiennes on trouvait :

Pour le gros orteil . 21/2

Pour le petit orteil . 11/4

Largeur du pied.

La largeur de la plante du pied était ;

Dans le liers postérieur .

Dans le tiers moyen .

Dans le tiers antérieur .

Mesures de circonférence.

Ligne passant par le pli génito-crural, la tubérosité ischiatique et l’épine iliaque antérieure et supérieure . . 21 1/4

Ligne comprenant le pli génito-crural

et le grand trochanter . 19

Circonférence de la cuisse (partie

moyenne) . 16

Circonférence du aenou au-dessus de

la rotule . 14 1/4

Circonférence du ffénou au niveau de

CD

la rotule . 14 1/4

Circonférence du genou au niveau du

l igament rotulien . ...... 14

Circonférence de la jambe au niveau

du mollet . 15 1/4

Circonférence au-dessus des malléoles. . . 10

Ligne embrassant les malléoles et le

talon . . .

Circonférence du pied: 1/3 postérieur

Circonférence du pied * 1/3 moyen.

Au niveau des articulations postérieu-

res du petit et du gros orteil.

Circonférence du pied au niveau des

extrémités antérieures des orteils .

Circonférence du gros orteil (partie

moyenne) .

Circonférence du 2* orteil (partie

moyenne) .

Circonférence des 3e et 4® orteils (unis

ensemble) .

Circonférence du 5e orteil .

Ligne passant par l’épine iliaque antérieure et supérieure et l’apophyse de la première vertèbre sacrée . . 22 1/4 —

De la crête iliaque à l’appendice

xyphoïde . 8 9/14

Ligne allant de la première vertèbre sacrée au milieu de la portion sousombilicale delà ligne blanche. . . 23 11

Ligne passant par la dernière lombaire et l’ombilic . 9 3/4 dechaq.côt.

La colonne vertébrale présentait des courbures anormales. Les quatres dernières lombaires formaient un arc dont la convexité était tournée à gauche, la première lombaire et les dernières dorsales décrivaient une courbure en sens in-

verse et plus accusée, tandis que les dorsales supérieures et les cervicales inférieures, présentaient de nouveau un arc convexe à gauche et de plus faible courbure. La moitié droite de la partie postérieure du thorax était rejetée en arrière.

Un lipome mesurant en hauteur la largeur de la main occupait l’espace compris entre les moitiés supérieures des omoplates, dépassant leur bord supérieur et leur moitié interne. La tumeur avait en hauteur environ deux pouces.

Deux autres lipomes se rencontraient, l’un au niveau des sixième et neuvième vertèbres dorsales, l’autre un peu audessus de la crête iliaque.

Sur la paroi postérieure gauche du thorax, on remarquait une tache violette de la peau, mesurant 6 pouces 3 quarts transversalement, 3 et demi de haut en bas, due à des dilatations veineuses qui ne s’étendaient pas dans la couche sous-cutanée.

A la région, sternale el sur la paroi antérieure de la poitrine, sur une largeur de un à trois travers de doigt, un entrelacement de veines cutanées variqueuses s’étendait de l’ombilic vers la clavicule gauche. On en voyait autant à la

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