partie antérieure et externe du tiers supérieur du bras gau
che.
Les viscères ne présentaient aucun désordre appréciable. Les poumons et le cœur étaient normaux ; pas de souffle dans les vaisseaux. Le foie et la rate n’étaient ni diminués, ni augmentés de volume.
La mère de la malade affirme que le développement anormal de la jambe droite, les lipomes, les dilatations veineuses du thorax furent remarqués aussitôt après la naissance. On lui cacha tout d’abord ces difformités, mais elle put les
voir elle-même quatre semaines plus tard. Elle s’était bien portée pendant cette dernière grossesse, ainsi que pendant les précédentes.
L’enfant se développe bien, elle était gaie, prit le sein à souhait, et put à 11 mois se dresser et marcher appuyée sur une chaise ; c’est alors qu’on s’aperçut de la gêne apportée au mouvement de la jambe.
Bientôt après, l’enfant fut atteinte.d’une maladie aiguë qu’on rapporta à la dentition. A l’âge de 4 ans, elle tomba de nouveau gravement malade et sans cause connue.
Suit la description de cette maladie intercurrrente.
L’enfant fut suivi pendant 2 ans, et l’on put établir par de nouvelles mensurations dans quels rapports la jambe droite et le reste du corps s’étaient accrus.
La taille (août 1855) avait augmenté de 6 pouces 1/4.
L’augmentation est de :
A droite.
A gauche.
Du grand trochanter au talon. . . 2 1/2
Du grand trochanter au condyle externe du fémur . . 1 1/4 1
Du talon à l’extrémité du gros orteil. 1/4 1/2
Second orteil . 3/4 » »
Troisième orteil . 1/2 » »
Les autres orteils ne présentaient aucune augmentation de longueur.
Ligne passant par le pli génito-crural la tubérosité, et l’épine iliaque antérieure et supérieure . 1/4 13/4
Ligne passant par le pli génito-crural
et le grand trochanter . . pas de changement 3/4
Circonférence du genou au-dessous de
la rotule. . .
Circonférence au niveau de la rotule.
Girconf. au niveau du ligament rotu-
lieii .
Circonf. du mollet .
— de la jambe au-dessus des malléoles . . .
Ligne embrassant les malléoles et le
talon .
Circonf. du pied dans son tiers supérieur . * »
Ligne passant par l’épine iliaque antérieure et supérieure et l’apophyse de la première vertère sacrée.
Ligne passant par l’apophyse de la dernière lombaire et l’ombilic. .
1 p. de chaque côté
L’étude de ces chiffres montre que du mois d’octobre 1853 au mois d’août 1855 l’accroissement de lajambe dans tous les sens avait fait plus de progrès à droite qu'à gauche.
La malade succomba à une pbrthisie pulmonaire au printemps de 1858. L’autopsie ne fui pas faite.
Observation XXII. — Cas singulier d’hypertrophie du membre inférieur droit avec taches vasculaires (nœvi) du même côté, par John Adams, chirurgien de l’Hôpital de Londres. (Lancet, 11, P. 140; août 1858). In Trélat et Monod.
Jeune homme, 19 ans, entre à l’hôpital pour une légèi e contusion du genou droit»
Ou remarque chez lui un état tout particulier du membre inférieur.
La lésion était congénitale. La mère l'attribuait a une frayeur éprouvée pendant sa grossesse.
Tout le membre inférieur droit était plus fort et plus développé que, le gauche, qui était normal et proportionné au développement général de l’individu.
Voici le résultat des mesures prises réduites eu centimètres :
Droit Gauche Diff'ér.
Longueur entière du membre. . 75 71.25 3.75
Circonférence :
De la jambe au-dessus des malléoles . 25 23.75 1.26
Un large uœvus cutané occupait tout le membre ; il commençait au niveau des dernières vertèbres dorsales et s’étendait jusqu’aux orteils ; il était peu apparent à la fesse, manquait sur la peau du pénis, mais recouvrait complètement une moitié du scrotum ; il était parfaitement limité par la ligne médiane et ne dépassait pas le raphé du scrotum.
Il était très-superficiel au point de ne former qu’une tache de teinte bleuâtre ; la pression chassait facilement le sang des capillaires dilatés.
La fémorale et toutes les autres artères du membre accessibles au toucher étaient considérablement élargies.
Les mouvements du membre avaient conservé leur intégrité parfaite. J. Adams considère ce cas comme un exemple d’hypertrophie véritable.
Pour lui, tous les tissus du membre droit avaient avant la
naissance acquis un développement plus considérable qui s’est maintenu plus tard au même degré : le membre hypertrophié continuant à croître pari passu avec le reste lu corps,
Et il rapproche ce fait (pour montrer le contraste frappant qui existe entre les deux cas), de celui d’un autre jeune homme mort dans le même hôpital quelques années auparavant ; il avait présenté également au membre inférieur droit, un développement plus considérable, excessif du système vasculaire seul, et comme aux dépens des autres tissus du membre.
Ce développement îles vaisseaux ne fît que s’accroître, et le malade succomba.
Un anévrysme par anastomose s’était formée dans l’épais-
seur du calcanéum ; il s’ulcéra et entraîna une hémorrhagie mortelle.
Observation XXIII. — Hypertrophie de la moitié droite du corps portant surtout sur le membre inférieur.
Observation recueillie par M. Oh. Monod, interne. C... Maurice, 19 ans, garçon de cuisine, entré le 16 décembre 1868 à la Pitié, salle Saint-Gabriel, n° 26, service de M Trélat.
Jeune homme d’apparence vigoureuse, fortement musclé taille 1 mètre 71 centimètres. Il s’est toujours bien porté, ne se rappelle pas avoir eu de fièvre éruptive, fluxion de poitrine l’an dernier.
Sou père raconte que depuis longtemps le membre inférieur droit est plus développé que le gauche; mais i! ne peut préciser s’il en était de même à la naissance* Une seule chose
l’a frappé alors, les rougeurs que l'on remarque encore à la face et aux jambes.
Il entre à l’hôpital pour un ulcère de la partie inférieure et interne de la jambe droite, dont il fait remonter le début à deux ou trois mois auparavant.
C’est en recherchant la cause d’un ulcère évidemment variqueux chez un individu aussi jeune que l’on constate le vice de conformation dont nous allons parler.
M. Trélat ayant fait entrer le malade dans son service parce qu’il soupçonnait soit un anévrysme artérioso-veineux, soit une hypertrophie.
Nous étudierons successivement, l’hypertrophie des différentes parties du corps dont nous chercherons à apprécier les caractères et le degré, les taches nœsiformes et les différentes dilatations vasculaires qui doivent par leur étendue ctre considérées à part.
I. — Hypertrophie des diverses parties du corps. — Siège exclusivement sur le côté droit et porte principalement sur le membre inférieur.
Membre inferieur gauche . — A première vue augmentation de volume évidente, la cuisse et la jambe paraissant plus développées à droite qu’à gauche. La disproportion est plus frappante encore. Si l’on examine le malade debout et de face, on voit alors qu’elle ne porte pas seulement sur le volume, mais sur la longueur du membre. Les 2 épines iliaques ne sont plus au meme niveau : la droite est plus élevée que la gauche et en même temps un peu portée en avant. Le pli de l’aine est plus profond. Le malade ne s’appuie pas également sur les 2 membres pour se mettre d’aplomb ; il est obligé de fléchir légèrement le genou droit. Par derrière, la
différence n’est pas moins sensible ; la fesse droite fait une saillie plus considérable elle est en même temps plus élevée. Tout le côté droit du bassin est évidemment plus haut que le gauche ; il paraît tendre en même temps à faire une légère bascule en avant.
La mensuration confirme ce premier examen et montre que le membre inférieur droit présente un allongement total de 8cent. ; le pied droit n’est que de un centimètreplus long que le gauche. Les orteils n’offrent aucune différence de longueur et d’épaisseur d’un côté à l’autre. L’augmentation de volume est en moyenne de 2 centimètres à la cuisse, et atteint 2 cent. 1/2 à3 centimètres à la jambe.
Nous appellerons surtout l’attention sur les mesures de longueur et surtout de longueur des os, elles montrent qu’il ne s’agit pas seulement d’une infiltration graisseuse et œdémateuse des tissus, mais d’une hypertrophie véritable.
Les différences de volume sont moins importantes à cause de l’infiltration qui existe surtout à la jambe et au cou de pied.
D’ailleurs l’épaisseur plus grande de l’extrémité inférieure du fémur, la plus grande largeur de la rotule et de la face interne du tibia, mesures prises sur des os superficiels montrent que les os ne sont pas moins accrus en largeur qu’en longueur.
Pas de boiterie, pas de gêne des fonctions des membres.
Membre supérieur épaule. — Hypertrophie moins accusée qu’au membre inférieur. La simple inspection montre cependant le plus grand développement de l’épaule, la saillie plus considérable du deltoïde à droite qu’à gauche. On constate par la mensuration une différence de longueur de
1 c. 1/2; pour le volume, elle n’est que cle 1 centimètre au au bras, 5 millimètres à l’avant-bras. A la main pas de différences.
Icicommeau membre inférieur, hypertrophie des os, allongement du membre évident L’augmentation du volume est très visible aussi.
Poitrine, abdomen, COU. Le raphé médian de l’abdomen et l’ombilic sont portés à gauche. Cette obliquité du raphé et ce déplacement de l’ombilic sont dus simplement à l’ascension du bassin : l’abdomen n’offre en effet, ni à la vue, ni à la mensuration aucune augmentation de volume.
Pour la poitrine un examen attentif fait reconnaître une voussure du côté droit du thorax visible surtout en arrière.
Le scrotum et les testicules n’offrent rien de spécial.
Le cou présente en arrière une saillie notable du côté droit de la nuque. Le sterno-mastoïdien droit nous a paru un peu plus développé.
Tète , face , organe des sens. Ici les mensurations sont restées sans résultat. La joue droite fait cependant à l’œil une saillie plus considérable que la gauche.
Oreilles, nez, paupières. Rien à signaler. Rien non plus pour les mâchoires, les dents et les gencives. Rien pour le crâne.
Les différents sens sont trouvés normaux.
Sensibilité générale normale.
Eorce musculaire au dynamomètre égale des 2 côtés.
Examen des viscères ne donne aucun résultat.
Lésions vasculaires. Température. Les artères, aorte, iliaque
Grimaud
primitive, ilïâq ne externe ont été auscultées, pas de bruit anormal.
Tracé sphygmographique de la radiale droite identique à celui de la gauche.
Les lésions des capillaires consistent en une véritable dilatation. Taches nœviformes remarquables par leur étendue et leur limitation piesque complète aune des moitiés du corps ; en un seul point au dos et à la nuque les taches dépassent la ligne médiane et s’étendent un peu sur la moitié gauche du
thorax.
Elles sont rougeâtres irrégulières de forme disparaissant à une pression un peu forte prenant à l’air une teinte un peu violette, plus rouges au contraire au moment même où l’on découvre les malades.
Ou les rencontre :
A la face, plaque rougeâtre allongée parallèle à la branche montante du maxillaire inférieur droit.
Au dos, larges taches disséminées sur tout le côté droit, allant rejoindre en haut celles de l’épaule et du bras, en .bas celles de la fesse et de la cuisse.
La partie anterieure du thorax présente 2 groupes de taches, l’un bien marqué sous la clavicule, l’autre sous le mamelon.
Aubras, moins apparentes et moins développées, elles se trouvent surtout â la face postérieure ; l’avant-bras n’en présente qu’à sa face externe.
Au membre inférieur, elles affectent deux formes distinctes, les unes analogues à celles que nous avons décrites plus liant, d’autres disséminées sur toute la face antérieure et interne de la cuisse, véritables étoiles vasculaires d’un rouge
foncé ne disparaissant pas sous la pression, laissant voir 4 ou 5 petites branches vasculaires dilatées.
Déplus le membre inférieur est un membre variqueux. On trouve un ulcère de peu d’étendue au 1/3 inférieur et interne de la jambe.
La température prise au creux poplité accuse 5 dixièmes de degré à l’avantage du membre droit, et une seconde exploration faite, le malade ayant marché donne 1°.
Au creux de l’aisselle la différence est presque insensi
ble.
Observation XXIV. — Nœvus superficiel du membre inférieur. Allongement hypertrophique du squelette correspondant. In thèse de Duzea.
R... Marie-Félix, âgé de 65 ans, originaire de Dole (Jura), contrôleur aux tramways de Lyon, entre le 30 juin 1885 dans le service de M. le professeur Poncet, à FHôtel-Dieu, salle Saint-Louis, pour une lymphangite du membre inférieur droit.
Rien à noter au point de vue de ses antécédents héréditaires. Son père et sa mère sont morts dans un âge très avancé.
Ils ont joui d’une bonne santé et ne présentaient aucune ta cli e a n gi o ma t e use .
Un frère mort à l’âge de 55 ans, de maladie ignorée du malade, ne présentait pas non plus de nœvus.
Quant au malade lui -meme, jusqu’à l’époque actuelle êa santé a été bonne, pas de mal adi e^grave antérieurement. Marié, n’a jamais eu d’enfant.
Il entre actuellement dans le service pour une lymphangite
suppurée du tiers inférieur et externe de la
1 lu *• ,
jambe droi te,
Le début remonte 4 4 ou 5 jours environ. Le malade en attribue la cause à sa profession de contrôleur qui l’oblige à rester debout une grande partie de la journée. La peau est tendue et rouge. Sa coloratioa est violet foncé et comme ecchymotique sur un espace de 25 centimètres en hauteur et 10 en largeur. Le premier jour, pas de fluctuation, le malade souffre beaucoup.
On fait un peu de compression avec une bande et du coton, puis on immobilise le membre dans une gouttière.
Le surlendemain, on constate une notable diminution dans la douleur, la fluctuation est manifeste, double incision avec trajet de communication entre elles, drainage lavage et pansement antiseptique.
Suites très simples, 15 ou 18 j ours après, tout était rentré dans l’ordre, les plaies cicatrisées, la jambe avait repris son aspect normal ; mais son tiers inférieur semblait plus coloré, d’un violet cendré, tranchant complètement sur la coloration cutanée normale de l’autre jambe.
On pensa d’abord que cette coloration était la conséquence de la lymphangite, mais nous fûmes détrompés par le malade qui nous apprit que cette teinte était normale, qu’il l’avait toujours observée et qu’elle était le résultat de la confluence de taches nœviques dont il portait d’ailleurs, d’autres traces plus discrètes plus haut, au-dessus du mollet, au genou et sur la face inférieure et interne de la cuisse du même côté.
Voici du reste exactement les caractères présentés par ce nosvus assez étendu et superficiel.
Pour nous mettre à l’abri de toute cause d’erreur nous avons attendu que toute trace et tout reste d’inflammation aient disparu sur le membre observé, pour enregistrer les
détails suivants : sur la face interne de la jambe droite, on constate une série de plaques nœviques de formes et de dimensions variables, à tendance générale circulaire ne laissant que très peu de peau saine entre elles.
Ces taches ne sont pas exclusivement localisées à cet endroit ; elles occupent toute la partie interne et inférieure de la cuisse droite, au niveau de la région correspondant au canal de Hunter, toute la face interne du genou et de la moitié supérieure de la jambe droite. Au dessous, elles se réunissent deviennent confluentes pour occuper presque toute la circonférence de la jambe, excepté une légère place située en arrière, et cela jusqu’au cou-de-pied.
La teinte de ces plaques, à la partie supérieure de la jambe et à la partie inférieure de la cuisse, est d’un rose légèrement violet constratant nettement avec le ton jaunâtre de la peau ambiante.
Elles ne font aucune saillie sur le tégument périphérique.
Une légère pression maintenue pendant quelques secondes, sur elles, fait disparaître leur coloration qui reparaît de nouveau dès qu’on enlève le doigt.
Sur ces taches, on aperçoit par transparence un fin réseau vasculaire bleuâtre qui serpente sous l’épiderme.
A la moitié inférieure de la jambe où elles deviennent confluentes, la teinte est beaucoup plus foncée, elle est sœpia.
Sur la partie inférieure de la cuisse, au genou et dans la moitié supérieure de la jambe aux points précisés plus haut, ces taches sont au nombre d’une dizaine environ, les plus grandes ayant de 4 à 6 centimètres de diamètre, les plus petites 3 centimètres.
A la partie supérieure, elles se touchent toutes, comme nous F avons indiqué, elles deviennent confluentes en même temps qu’elles présentent une coloration bien plus accentuée.
Comme mensuration exacte, la tache inférieure présente une hauteur de 26 centimètres sur une largeur de 14 à 15 centimètres, c’est-à-dire la moitié environ de la circonférence du membre à ce niveau.
Néanmoins, et ce point est important à signaler, nous ne trouvons pas, malgré un examen des plus minutieux, de différence entre les deux membres inférieurs au point de vue de la secrétion sudorale. Il en est de même d’ailleurs pour les deux moitiés symétriques du tronc, pour les creux ascillaires, pour les membres supérieurs, le cou et la tête.
Pas de différence non plus dans la sensibilité et la température comparées des deux moitiés latérales symétriques du corps.
Le système pileux est également développé des deux côtés
Pas de différence dans les sensations perçues par les organes des sens, goût, vision, audition, odorat.
Les réflexes provoqués sont égaux pour les deux côtés.
Nous notons par contre une différence remarquable dans l’état des deux pupilles.
Le diamètre de la pupille droite, du côté par conséquent correspondant au nœvus, est au moins le double de celui de la pupille gauche.
Cette différence n'est pas accidentelle, à chaque examen, nous l’avons constatée, et chaque fois avec la même intensité, le malade l’avait observée du reste lui-même, quoiqu’elle n’ait jamais entraîné chez lui aucun trouble de la vision,
Jamais, il n’a eu aucune affection quelconque du côte d’un de ses yeux.
Sous l’influence de la lumière, chaque pupille se contracte proportionnellement, et, dans n’importe quel état de contraction ou de dilatation, la différence reste la même dans leurs dimensions réciproques.
On n’observe pas la moindre différence dans l’intensité des battements des deux artères fémorales et radiales.
Jamais de sensation de chaleur, de pesanteur, de fourmillements dans le membre inférieur droit et dans le reste de la moitié droite du corps.
En somme, jamais le malade n’a remarqué que son nœvus lui ait procuré aucune sensation pénible, aucun malaise.
On ne trouve non plus aucune trace de dilatation veineuse de varices sur la jambe droite. Rien également de semblable du côté gauche.
Quant au développement de la lymphangite, elle paraît être en rapport avec sa profession qui l’oblige à rester debout une grande partie de la journée et très probablement avec une excoriation du pied et la malpropreté.
Voici maintenant les résultats qui nous ont été donnés par les mensurations comparées suivantes :
Du sommet du grand trochanter au tubercule du condyle externe du fémur.
Fémur droit . 49 centimètres
Fémur gauche . .47 —
De l’interligne - de l’articulation du genou à l'extrémité
inférieure de la malléole interne.
Tibia droit . .4P» centimètres
Tibia gauche-. -y- . . . T . . . . . . 41 •---
De la saillie supérieure de la fête du péroné à la pointe de la malléole externe.
Péroné droit . 41 centimètres
Péroné gauche . 39 —
Gomme largeur comparée des tibias, nous avons trouvé :
A 20 centimètres au-dessous de l’épine tibiale.
Face interne du tibia droit . 6 centimètres
Face interne du tibia gauche . 4 —
A 15 centimètres au-dessus de la malléole interne.
Face interne du tibia droit . 65 millimètres
Face interne du tibia gauche. ..... 40 —
Le maximum de largeur du tibia du côté correspondant au nœvus coïncide donc avec le développement maximum de ce nœvus, c’est-à-dire au lieu de confluence des plaques que nous avons noté précédemment.
Voici enfin les mensurations comparées des deux pieds. Longueur du bord interne, de la partie postérieure du talon à l’extrémité antérieure du gros orteil.
Pied droit . 28 centimètres
Pied gauche . 27
Grosseur des pieds à la prenPère partie moyenne en des points symétriques.
Pied droit . 245 millimètres
Pied gauche . 235
Enfin grosseur de la jambe prise à 20 centimètres au-dessous de l’épine tibiale.
Jambe droite . 260 millimètres
Jambe gauche . 235
I outes ces mensurations ont été prises à diverses occasions, et chaque fois elles ont donné les mêmes résultats.
Elles ont d’ailleurs été contrôlées par M, le professeur Pou-
cet lui-même.
Ajoutons pour complément que les membres supérieurs ne nous ont présenté aucune différence dans leur longueur et leur volume réciproques.
Nous n’avons enregistré aucune différence dans la symétrie
du tronc, de la face et de la tête.
Observation XXV. — G ommuniquée par M. Désu de Fortunet, interne des hôpitaux, et recueillie par M. Adenot interne du service de M. le Dr Cordier, chirurgien en chef désigné de i’Antiquaille. In thèse Duzea.
Marie-Louise P..., 14 ans, entre le 13 avril 1886 dans le M. Cordier, à l’Antiquaille, pour un psoriasis disséminé et un gémi vulgum gauche.
Pas d’antécédents héréditaires. , ,
Variole à 12 ans. Réglée depuis un an.
La malade constata nul, il y a un an environ, que sa jambe | gauche se déviait ; un même temps elle éprouvait de vives douleurs dans ce membre. Depuis cette époque elle ne peut peut plus marcher. Les douleurs disséminées dans le mem-
bre n’étaient pas localisées au genou au début. A partir de ce
I moment la déviation augmente rapidement et, en trois mois elle atteint le degré que l’on constate à son entrée. Depuis | six mois environ elle est stationnaire.
C’est au moment où la déviation s’accentuait si rapide -
I ment que la douleur s’est localisée au genou et est allée en augmentant pendant quelque temps.
La marche, impossible pendant quelques jours, a pus’effectuer de nouveau mais elle était difficile, et pénible.
no
La malade ne pouvait pas courir. Douleurs vagîtes dans la marche .
A son entrée, on constate que la jambe gauche est très deviée en dehors, l’interligne articulaire à la partie interne se trouve un peu plus bas que du côté sain.
Le volume de l’articulation du genou est le même pour les deux côtés.
.Allongement apparent du membre malade. La mensuration pratiquée de l’épine iliaque antéro>supérieure à l’extrémité inférieure de la malléole externe donne du côté sain 75 centimètres et du côté malade 73, seulement.
L’arc, formé par la cuisse et la jambe et ouvert du côté externe, présente comme longueur de flèche : 3 centimètres pour le côté sain 4 centimètres 1/2 pour le côté malade.
Enfin la mensuration comparée des tibias, depuis la partie interne de l’interligne du genou à l’extrémité inférieure delà malléole interne donne :
Côté sain Côté malade
32 cent.
33 cent. 1/2
Outre un psoriasis disséminé sur tout le corps et confluent par places, la malade présente à la partie antérieure de la jambe, du côté correspondant au genu vulgum et par conséquent à l’allongement du tibia, un nœvus, superficiel situé obliquement à la partie antérieure du tiers supérieur de la jambe suivant une longueur d’environ 10 centimètres sur
3 1/2 de large.
Observation XXVI. — Thèse Duzea, Lyon 1886. Angiome congénital de la face postérieure de la jambe et de la cuisse ; nœvus et varices récentes. Allongement hypertrophique du fémur et du tibia, troubles circulatoires hémilatéraux.
Le nommé O..., corroyeur, 34 ans, entre à l’Hôtel-Dieu de Lyon, le 31 décembre 1884, pour des varices delà jambe droite. Le début de ses varices remonte dit-il, à quelques années ; elles seraient survenues insensiblement, et auraient augmenté progressivement sons l’influence de sa profession qui l’oblige à la station debout.
Aucun antécédent héréditaire ni personnel.
On constate à son entrée une dilatation un peu serpentine des subdivisions jambières de la veine sophène interne, et surtout du réseau cutané qui tranche nettement par ses lascis bleuâtres sur le ton mat de la peau ambiante. Outre les dilatations veineuses du dos du pied et de la face interne de la jambe droite, on observe un peu plus en arrière, sur toute la face postéro-externe de la jambe, sur la moitié interne de la face dorsale du pied correspondant, sur toute la partie postérieure de la cuisse et de la région lombo-sacrée droite, jusqu’au niveau de la deuxième vertèbre lombaire, un nœvus étendu caractérisé par une teinte d’un rouge vineux type, et une très légère saillie du tégument. La teinte est du reste d’autant plus foncée qu’on se rapproche des parties déclives ; son maximum de coloration correspond au dos du pied. Celle ci est plus accusée si le malade se tient dans la situation verticale.
Le malade a toujours eu cette immense tache; ce nœvus est congénital, tandis que les varices sont beaucoup plus
récentes, elles ne datent que de sept ou huit ans. Sous l’influence du froid, la teinte rouge devient de plus en plus foncée ; le pied présente alors une coloration violet noir.
On constate sur les membres inférieurs des différences thermiques très nettes de 6 à 8 dixièmes de degré en faveur du côté correspondant au nœvus.
De plus, le membre inférieur droit est un peu plus volumineux que le gauche ; le pied et surtout les orteils présentent un certain degré d’éléphantiasis chronique.
La jambe droite à sa partie moyenne présente une circonférence de 34 centimètres, la gauche de 24 centimètres seulement, les deux jambes mesurées bien entendu en des points absolument symétriques.
Cette hypertrophie, du reste ne porte pas exclusivement sur les parties molles; à un examen même superficiel, en comparant les deux tibias, on constate nettement une augmentation de volume et de longueur du tibia droit.
On a obtenu les moyennes suivantes :
Comme largeur de la face interne du tibia droit prise à la partie moyenne au moyen d’un compas d’épaisseur, on a trouvé le chiffre de 45 mill.
En procédant de la meme façon et au même niveau sur le tibia gauche, on a obtenu 37 mill., ce qui donne 8 mill. de plus en faveur du tibia droit.
Mesurant ensuite la longueur de ces deux os, de l’épine tibiale au milieu de la ligne bi-malléolaire, nous avons trouvé pour le tibia droit, une longueur de 38 centimètres, tandis que pour le tibia gauche nous n’avons trouvé que 36 centimètres et demi.
Du côté du fémur, différence de longueur également sensi-
1 ble en faveur du côté droit.
Le fémur droit mesuré de l’extrémité supérieure du grand trochanter, à la tubérosité du condyle externe, nous a donné
i une longueur de 45 centim., tandis que le fémur gauche n’en
[ présentait que 43.
Cet allongement du membre inférieur droit était corrigé par une inclinaison latérale du bassin à gauche, inclinaison facilement appréciable.
Quand on faisait mettre le malade dans la station debout, l’épine iliaque antéro-supérieure gauche était manifestement abaissée. Cette inclinaison latérale du bassin était compensée elle- même par une légère courbure latérale de la colonne lombaire.
Du côté des membres supérieurs, pas de différence dans leur longueur réciproque, pas de différence appréciable de volume entre chaque côté du tronc.
Pas de différence appréciable de la sensibilité entre les 2 moitiés symétriques du corps et du tronc. Pourtant du côté du membre inférieur, il y a parfois, mais non d’une façon continue, un certain degré de parésie, d’engourdissement, surtout quand le malade est resté longtemps dans la station debout. Le membre droit est plus paresseux et se fatigue plus vite que le gauche.
Pas de fourmillements, pas de trépidation épileptoïde
du même côté. Acuité des réflexes égale des deux côtés.
On note 1 hyperhydrose manifeste, de Paisselle droite, do tout le membre inférieur droit et surtout du pied droit.
Le système pileux est plus développé du côté droit.
Observation XXVÎÎ. — Extraite de la leçon clinique, du 26 février 1892, faite par M. le professeur Duplay . In thèse Leblanc. Paris 1897.
Homme de 21 ans, bouclier.
Rien à noter dans les antécédents de famille. Pas de vice cïe conformation, pas de turneui ou taches érectiles. Bonne santé habituelle. Fièvre typhoïde il y a 7 ans. Après cette
lièvre, ulcération à la face externe de la jambe droite ; cicatrisation assez rapide et définitive. Vers la même époque, autre ulcération à la partie interne de la même jambe audessous de la partie moyenne avec alternatives de mieux et de pire, mais jamais de cicatrisation complète» C’est pour cette ulcération qui tend à augmenter depuis quelque temps que le malade entre à F hôpital.
Examen. — Sur la face interne de la jambe et un peu audessous de la partie moyenne, ulcération de forme allongée de 5 à 6 centimètres dans son plus grand diamètre, peu profonde à fond couvert de granulations fines, rouge vif.
Deux sortes de lésions frappent l’œil.
1° Des taches vasculaires, des nœvi très étendus occupant une grande partie du membre inférieur, de l’abdomen et des organes génitaux.
2° Une hypertrophie du membre inférieur.
Ces nœvi remonteraient à la naissance et n’auraient subi aucune modification. Ils présentent les caractères ordinaires des nœvi ou taches érectiles. Leur couleur varie un peu suivant les régions.
Couleur à peine rosée sur certains points, rouge violacé sur d’autres, aspect d’une sorte de piqueté ici, réticulé ou
mârbre là, uni formé ailleurs. Augmentation delà coloration dans la station verticale. Disparition de la tâche par la compression digitale.
Ces hœvi affectent une disposition curieuse sur l’abdomen, ils en couvrent la partie antérieure jusqu’à une ligne transversale passant à deux travers de doigt aü dessus de l’ombilic. Ils s’arrêtent net sur la ligne blanche. En arrière à peu près sur la ligne axillaire, la tacite tend à disparaître: il n’existe que quelques îlots isolés mais ne dépassant pas la ligne médiane. Sur la fesse droite, quelques îlots isolés. Sur la cuisse Coloration uniforme de la région antéro-interne jusqu’au genou, dépassant un peu la ligne médiane en arrière. En dehors, peau saine, sauf deux plaques vers le grand trochanter.
À la jambe toute la face interne est occupée par une plaque uniforme se continuant avec celle de la cuisse, sauf au niveau du condvte interne du tibia on reste un îlot de peau saine tranchant singulièrement par sa coloration blanchâtre.
En dehors larges espaces de peau saine ; quelques taches isolées au pied, large plaque occupant les 2/3 internes #e la facè plantaire et de la face dorsale, se prolongeant sur l'e*s orteils presque jusqu’aux extrémités, sauf pour les quatrième et cinquième.
A noter une plaqtie érectile de la 'moi tié (brodée du scrotum et quelques taches peu étendues sur le côté droit de la verge.
Gomme lésions accessoires, varices des demi saphènes, surtout développées à la jambe, au creux poplité, s'e prolongeant sur la cuisse. Longue veine, remontant jusqu’à -la hanche en dehors du vaste externe et comme incrustée dans l’aponévrose du fascia lata.
Peu apparentes dans le décubitus, les veines se dilatent dès que le malade est levé, et deviennent saillantes, ampullaires par places.
Autre lésion remarquable, le membre inférieur droit est
plus long', plus développé, le pied droit notablement plus grand dans toutes ses dimensions.
Circonférence, 2 centimètres en plus pour le côté droit.
Longueur, 6 centimètres en plus pour le côté droit.
Rien de semblable n’existe pour le membre supérieur. Les deux côtés delà face sont semblables quoique par suite de la déviation très prononcée du nez à gauche, le côté droit de la face soit en apparence plus développé.
Pas de troubles de la sensibilité tactile ou autre. Pas de troubles de la motilité.
Réaction électrique normale, sauf pour le jambier antérieur dont la contractilité semble affaiblie à droite.
Réflexes normaux, troubles trophiques manifestes : ongles strés et cassants, épais incurves, surtout au gros orteil:
D sparition presque complète des poils de la jambe, lien de semblable du côté du pubis, secrétion sudoralc remarquable du pied droit. On voit perler des gouttes de sueur sur le dos du pied et des orteils, se réunissant bientôt et coulant sur le drap.
Les deux ulcères que le malade a présenté à la jambe sont des troubles trophiques.
Observation XXV 111. — Duplay in tAèse de Leblanc (Paris 1897). Hypertrophie du membre inférieur gauche.
Le malade, charr etier, âgé de 40 ans, soigné d as le service de M. le professeur Duplay à l’Hôtel-Dieu ne présente
aucun antécédent héréditaire se rapportant à l’affection qui nous occupe.
Antécédents personnels. — Fracture du péroné du côté
Il présente un ulcère variqueux banal qui siège à la face antéro-externe de la jambe gauche. Cet ulcère a une forme allongée de 10 à 12 cent, de longueur.
On est frappé dès l’abord, de la différence des deux membres inférieurs. Le membre inférieur gauche est atteint d’une hypertrophie que le malade et ses parents ont toujours connue. Etant enfant, le membre gauche était moins habile, mais plus fort que celui de droite. L’accroissement des deux membres s’est fait parallèlement. Réformé du service mili¬
taire pour coxalgie.
Mensurations.
Grand trochanter a la malléole
externe .
Grand trochanter au talon .
Tête du péroné à la malléole
externe .
De la malléole externe à la face inférieure du talon .
Pied de l’extrémité postérieure du calcanéum à l’extrémité antérieure du gros
orteil .
Circonférence de la cuisse à 20 cent, au-dessous de l’épine iliaque antéro-supérieure .
Circonférence du genou.
Ürimaud
Droit.
Gauche.
Différ.
84 cent.
93 cent.
9 cent
Cire, de la jambe au-dessous
des condyles .
Cire, de la jambe au-dessous
des deux malléoles .
Cire, du cou-de-pied. .
ry '
Cire, de la cuisse .
Cire, du mollet .
L’hypertrophie porte sur tous les tissus, os, muscles, tissu cellulo-graisseux, etc.
Nœvi . — Sur toute l’étendue de la face postéro-externe du membre, tache vineuse continue, effaçable à la pression du doigt et distribuée assez exactement sur le territoire des branches périphériques, fessières, fémorales, jambières que nous étudierons en dé î ail un peu plus loin.
Quelques taches nœviformes légères, sur la face dorsale du fourreau de la verge, le gland et le scrotum.
Très peu de varices.
Lésions des téguments et troubles fonctionnels. — La peau et le tissu cellulaire sous-cutané sont très épais. Au niveau des malléoles et du tendon d’Achille ils rappellent l’éléphantiasis. L’épiderme est desquamant, ichtyosique. Les poils sont plus longs, plus nombreux, sur les taches en général du côté du membre hypertrophié.
La sensibilité examinée à l’Hôlel-Dieu avait donné une très légère différence à gauche, mais si minime que M. le professeur Duplay la considérait comme un signe sans valeur.
Et, en effet, lorsque les mêmes recherches furent faites dans le service de M. le professeur Terrier, nous ne trouvâmes pas d’altération de la sensibilité. Le malade est aussi
sensible que du côté normal aux piqûres à la chaleur et au froid.
Température du creux poplité droit 34° ,7.
Température du creux poplité gauche 35°, 1.
Sudation plus abondante du côté gauche.
L’affection n’entraîne pas une gêne considérable.
Le maiade boîte seulement depuis sa fracture péronière.
Il corrige l’allongement en relevant le bassin.
Observation XXIX. — Kuss et Jouon, Revue Orthopédique, 1899. Hypertrophie congénitale irrégulière intéressant l’avant-bras droit et la main droite, avec tumeur surajoutée du bord cubital et de la face dorsale de la main.
Marcel L. ... 10 ans 1/2, entre le 1er ma< 1899 à l’hôpital Trousseau. Service de M. Kirmisson.
Dans ses antécédents héréditaire? nous relevons le fait que sa mère est littéralement couverte de petits angiomes superficiels et de molluscurus survenus récemment.
Les parents affirment catégoriquement que l’enfant à sa naissance avait l’avant-bras et la main du côté droit plus volumineux que du côté gauche, mais l’hypertrophie était régulière.
[1 y a 2 ans la main augmenta de volume surtout du côt^ interne, et comme l’enfant ressentait des douleurs on pratiqua une opération dont on voit encore la cicatrice.
Depuis cette époque, une véritable tumeur s’est développée sur le côté interne de la main droite. Actuellement il existe à ce niveau une masse formée de trois bourrelets principaux de consistance lipomateuse. Cette consistance se retrouve du reste sur la face dorsale de la main et des trois derniers
doigts, la tumeur est un peu douloureuse à la pression.
Cette tumeur n’est qu’un élément de difformité plus complexe. L’avant-bras droit et la main droite sont en effet atteints d’hypertrophie congénitale ; ils sont plus développés que du côté gauche ainsi que le montrent les mensurations suivantes :
1° Longueur de l’olécrane à l’extrémité du petit doigt.
A droite. ... 0 m. 32
A gauche ... 0 m. 29 Différence ... 0 m. 03
2° Circonférence de l’avant-bras aux trois niveaux suivants :
¥ ÜU WW ©
A droite
A gauche
Différ.
a. A3 travers de doigt au-
dessous de l’épitrochlée .
b. A 4 travers de doigt audessous du pli de flexion du
poignet .