‹ Hypnotisme, double conscience, et altérations de la personnalitéChapitre 28 sur 51 · LÉSION INTELLECTUELLE DE FÉLIDA X... I · texte numérisé non relu

LÉSION INTELLECTUELLE DE FÉLIDA X... I

aujourd'hui les douleurs qui la tourmentent, et des congestions et des hypérémies locales et passagères qui vont souvent jusqu'à Thémorrhagie. Ces accidents sont dus au relâchement des tuniques d'un vaisseau et se montrent dans le département de celui-ci.

Supposer qu'il se passe dans le département d'un vaisseau du cerveau, département presque entièrement circonscrit, comme chacun sait, un phénomène semblable est absolument légitime.

Certes, nul ne saurait douter que les fonctions du cerveau, de même que celles des autres organes, ne soient sous la dépendance étroite, absolue de la quantité de sang qu'il reçoit. Penser beaucoup, c'est l'hypérémie; — penser peu, dormir, c'est l'ischémie, l'anémie. — De là à supposer que le désordre de la circulation cérébrale est le désordre dans les fonctions du cerveau, il n y a qu'un pas.

Il existerait donc un rapport étroit entre l'état d'amnésie momentané de Félida et la quantité de sang que reçoivent telle ou telle partie, tels ou tels éléments du cerveau. La chose me paraît

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parfaitement admissible. Un savant, dont Tautorité est considérable en ces matières^ M. le docteur Luys, pense de même (i).

Mais où commence la difficulté, où le ter.

rain est moins solide, c^est quand nous cherchons à comprendre comment la quantité plus ou moins grande du sang reçu par le cerveau peut être Torigine de certains troubles intellectuels. Si la doctrine» du reste probable, des localisations cérébrables était générale et certaine, rien ne serait plus simple ; pour donner un exemple: il est parfaitement légitime de croire que si une personne devient passagèrement aphasique, cet état peut être dû à la diminution, par une cause quelconque, de la quantité du sang reçu par la troisième circonvolution frontale gauche. Mais chez Félida, c^est la mémoire qui est atteinte. Quel peut être le rapport entre le sang reçu par le cerveau et une fonction d'une localisation limitée improbable, puisqu'elle est liée à toutes les autres ?

(i) Lujs» Des actions réflexes du Cerveau dans les conditions normales et morbides et leurs manifestations, Paris, 1874.

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