HISTOIRE DE M"' R. L
ne changeait de façon de parler dès qu'elle est en somnambulisme.
« Alors, elle parle nègi^e^ remplaçant/e par moi. comme les enfants ; ainsi elle dit : Quand moi est bête. Cela signifie : Quand je ne suis pas en somnambulisme.
« Son intelligence, déjà plus qu'ordinaire, acquiert pendant Taccès un développement remarquable; sa mémoire devient extraordinaire, et M"û R. L. peut raconter les moindres événements dont elle a eu connaissance à une époque quelconque, que les faits aient eu lieu pendant l'état normal ou pendant un accès de somnambulisme.
« Mais, de ces souvenirs, tous ceux relatifs aux périodes de somnambulisme se voilent complètement dès que l'accès a cessé, et il m'est souvent arrivé d'exciter chez M"^ R. L. un étonnement allant jusqu'à la stupéfaction en lui rappelant des faits entièrement oubliés de la Jille bêtey suivant son expression, et que la somnambule m'avait fait connaître.
« La différence de ces deux manières d'être est on ne peut plus tranchée. »
'90 tA DOUBLE CONSCIENCE
On le voit, le fait est incontestable, Ma«R. L. a comme deux personnalités.
Bien qu'elle soit toujours M»» R. L., elle a non seulement deux manières d'être distinctes pour celui qui l'observe, mais aussi pour ellemême ; en effet, elle parle de l'autre à la troisième personne et elle ignore dans son état premier ce que cet autre a fait dans l'état second.
De plus, M. le D' Dufay a discuté le cas de Félida dans les termes suivants (i).
(i) Dufay, Rev. scient., 8 mars 1879.