‹ Hypnotisme, double conscience, et altérations de la personnalitéChapitre 34 sur 51 · DISCUSSION AU SUJET DE FÉLIDA X... I · texte numérisé non relu

DISCUSSION AU SUJET DE FÉLIDA X... I

d'une étrangère, et appréciait ou j ugeait les choses très différemment dans Tun ou dans l'autre état. Or, si une modification dans la circulation cérébrale a pour résultat une telle transformation des phénomènes de conscience, que devient donc ce libre arbitre d^où découle la responsabilité, et qui n'est, en réalité, qu'un but idéal dont l'éducation parvient seulement à nous rapprocher de plus en plus ? Si maintenant, abandonnant le côté philosophique et moral de la question,, on ne considère que la responsabilité légale^ qu'on peut admettre comme une nécessité sociale, qui décidera quel est des deux états celui qui doit être considéré comme pathologique et entraînant rirresponsabiIit;é, lorsque les caractères de la santé et de la maladie sont intervertis comme je Tai fait sentir plus haut ?

« M. Azam admettrait volontiers la responsabilité pour les actes commis dans la période d'état normal; cependant si, comme il Tareconnu lui-même, l'état normal est, sous certains rapports, un état inférieur à Tétat anormal, ou de condition seconde, n'hésiterait-ii pas à en faire la condition de la culpabilité ?

« A mon humble avis, Thystérie, manifeste ou latente, domine la conscience — simple ou double — de la personne qu'elle tient en sa puissance; les aliénistes ont cent fois raison de n'admettre la responsabilité ni dans l'un, ni dans l'autre cas, et les tribunaux agiraient sagement, si l'occasion se présentait, en se conformant aux indications de la science. »

Voici la réponse que je crois devoir faire aux critiques de M. Dufay:

J'ai à soumettre à M. Dufay deux observations : l'une porte sur la conclusion qu'il tire de la coexistence de l'amnésie de Félida avec ses périodes d'état normal, l'autre porte sur la responsabilité légale des hystériques.

M. Dufay dit :

« De ce qui précède on en pourrait conclure, il me semble, que l'état de santé est celui dans lequel les fonctions s'exercent incomplètement, tandis que la maladie élève les facultés au degré supérieur, ce qui nous conduirait à modifier grandement les définitions classiques des mots santé et maladie. »

Page 1