DISCUSSION AU SUJET DE FÉLIDA X... I
parce que cet état coïncide avec l'absence du souvenir.
Ce fait ne nous conduit donc pas à des notions différentes de l^idée classique qu^on se fait de la santé et de la maladie, et il est absolument conforme à ce que nous savons de nombre d'autres conditions secondes. A qui viendra-t-il la pensée que l'ivrogne qui s'éveille est incomplet ou malade parce qu'il a oublié tout ce qu'il a fait pendant son ivresse ? On accusera avec raison le vin qu'il a bu de cette insuffisance, De même, chez Félida, j'accuse la période de transition, qui la fait rentrer dans l'état normal, de détruire la reproduction du souvenir.
Tous ces états surajoutés, ivresse, narcotismes, délires, rêves, somnambulismes, double conscience, etc., sont similaires quant au dédoublement de la personnalité ; ils ne varient que du plus au moins. Si les conditions secondes de Félida, de la somnambule de M. Dufay, de la dame américaine de Mac-Nish et autres nous frappent et nous étonnent, c'est parce que ces conditions secondes^ plus longues qu'aucun autre état surajouté, sont aussi plus parfaites, sont en
un mot des existences complètes; mais si longs et si parfaits qu'ils soient, ces états n'en sont pas moins accidentels et morbides.
En ce qui touche la responsabilité légale, M. Dufay croit que Félida ne saurait être responsable d^actes délictueux commis pendant rétat normal, lequel serait inférieur à l'étatanormal ; la déduction est sans doute logique, mais je viens de répondre à l'argument sur lequel elle se base et je persiste à croire que l'état anormal de Félida est aussi complet que n^importe quelle existence.
De plus, mon éminent confrère considérant que rhystérie manifeste ou latente domine la conscience, simple ou double, de la personne qu'elle tient en sa puissance, croit que les allénistes que j'ai consultés ont cent fois raison de n'admettre la responsabilité ni dans l'un ni dans l'autre cas et défend la thèse de l'irresponsabilité absolue des hystériques. Je serais, je l'avoue bien volontiers, de son avis et j'étendrais le plus possible, chez les hystériques comme chez tous, les êtres incomplets ou malades, le domaine de 1 irresponsabilité légale, mais il faut bien recon-