Sorte d'erysipèle ou de maladie de peau
connaissances nosologiques qu'on possédait lorsqu'elle fut composée :
« La maladie du viscère, la maladie du cœur, l'enveloppe du cœur malade, la maladie de la bile, la maladie de la tête, la dysenterie maligne, la tumeur qui se gonQe, l'ulcération des reins, la miction déchirante, la douleur cruelle qui ne s'enlève pas, le cauchemar ,. Esprit du ciel souviens-t'en ! Esprit de la terre souviens-t'en !
Ces tablettes ne renferment que des formules de bonne magie, de magie sacrée ; mais elles contiennent de nombreuses incantations contre la magie noire dont les textes rituels devaient détruire les maléfices ; et ces hymnes permettent de reconstituer à peu près ce qu'étaient les pratiques occultes. Il y est si fréquemment question de sorciers qu'on est autorisé à penser que ceux-ci étaient nombreux dans la Chaldée primitive.
C'est par les incantations des livres sacrés que nous connaissons les procédés en usage parmi les magiciens et les enchanteurs. On trouve en effet, dans ces livres, les sortilèges mentionnés comme des fléaux à combattre au même titre que les démons et les maladies :
Conjuration contre le mauvais œil
La peste et la fièvre qui déracinent le pays. La maladie qui dévaste le pays, mauvaise pour le corps, funeste pour les entrailles. Le démon mauvais, le alam mauvais, le gigim mauvais; l'homme malfaisant, la bouche malfaisante. Qu'ils sortent du corps de l'homme, fils de son Dieu, qu'ils sortent de ses entrailles.
Ils n'entreront jamais en possession de mon corps. Jamais devant moi ils ne feront le mal. Jamais ils ne marcheront à ma suite. Jamais ils n'entreront dans ma maison, jamais ils ne franchiront mon seuil. Jamais ils ne pénétreront dans mon habitation.
Esprit du Ciel, souviens-t'en. Esprit de la Terre souviens-t'en.
D'autres fois, les formules de conjuration sont dirigées confire le magicien seul, il y est toujours maudit sous le nom d'homme méchant, malfaisant. Souvent la conjuration fait allusion à la terreur que répand autour de lui le sorcier, ou bien au lieu où il pratique ses sortilèges. En général dan? les
vieilles conjurations le sorcier est traité d'homme méchant ; mais les expressions qui indiquent les opérations auxquelles il se livre, ont un caractère voilé sous lequel se masque la frayeur que devait inspirer la seule prononciation de leur nom.
11 n'est pas de mal que ne puisse faire le magicien. Il dispose à son gré du mauvais œil ou des paroles néfastes ; ses pratiques d'enchantement mettent les démons à ses ordres. Il peut les déchaîner contre celui auquel il veut nuire et le faire tourmenter par eux de mille manières. II jette les mauvais sorts, provoque la possession, envoie la maladie et peut donner la mort par les poisons qu'il connaît et qu'il mêle à ses breuvages, ou encore par l'imprécation.
Une incantation, dont on n'a plus que la version assyrienne, énumère les diverses opérations employées par les sorciers de Chaldée (1) :
Le charmeur m'a charmé par son charme, La charmeuse m'a charmé par son charme, Le sorcier m'a en^jorcelé par son sortilège, Le magicien m'a ensorcelé par son sorbilège, Le jeteur de sorts a tiré et a imposé son fardeau de peines, Le faiseur de philtres a percé, s'est avancé et s'est mis en embuscade
[en cueillant son herbe.
Que le dieu Feu ce héros! dissipe leurs enchantements.
Le fragment suivant, pris à une autre incantation, a trait à l'envoûtement et aux imprécations.
Celui qui forge l'image. Celui qui enchante,
La face malfaisante, l'œil malfaisant,
La lèvre malfaisante, la parole malfaisante.
Esprit du Ciel, souviens-t'en! Esprit de la Terre, souviens- t'en!
L'imprécation était le plus terrible des moyens de la magie. Car l'imprécation met en mouvement, non seulement les démons malfaisants, mais môme les dieux protecteurs de l'homme qui se tournent alors contre lui et emploient leur puissance à lui nuire. L'imprécation se prononçait suivant un certain rite et dans une posture déterminée qu'on trouve décrite