‹ Hypnotisme et croyances anciennesChapitre 11 sur 38 · Musée britannique. Tablette K · texte numérisé non relu

Musée britannique. Tablette K

dans l'Avesta. 11 est en effet question dans l'Iescht-Sadiî des imprécations, de l'attitude que doit avoir l'imprécateur, des gestes par lesquels il éloignera les démons, les magiciens,, les ennemis.

11 faut compter aussi au nombre des préservatifs mystérieux l'emploi que l'on faisait du nœud magique pour la guérison de certaines maladies :

Noue à droite et arrange à plat en bandeau régulier sur la gauche un diadème de femme. Divise-le en deux fois sept bandelettes. Ceins-en la tête du malade. Ceins-en le front du malade. Ceins-en le siège de sa vie. Ceinsen ses pieds et ses mains. Assiedsle sur son lit. Répands sur lui les eaux encliantées. Que la maladie de sa tète soit emportée dans les cieux comme un vent violent; qu'elle soit engloutie dans la terre comme les eaux... passagères.

(Formule prescrite par le dieu Eà).

Les magiciens emploient aussi des talismans de différentes espèces et de diverses matières. On les porte suspendus au cou comme préservatif centre les démons, les maladies et la mauvaise fortune. Ce qu'on redoutait Je plus parmi les maux produits par les magiciens c'était la possession. Les livres accadiens n'expliquent pas ce qu'on entendait par là, mais il est probable qu'alors comme bien des siècles plus tard, ou considérait comme possédés les épileptiques et les hystériques dont les attaques convulsives ne pouvaient être appréciées à leur juste valeur.

Voici donc la magie telle qu'elle ressort de la lecture des livres accadiens. Les formules que ceux-ci contiennent ont servi de base à toutes les pratiques occultes qui se sont succédé en Asie, non sans subir quelques modifications par suite de l'influence du temps, de l'élargissement des connaissances, du commerce et de la fusion des différents peuples qui habitèrent tour à tour les différents points de l'Asie centrale. Ce sont ces modifications que nous allons passer rapidement en revue.

Quand Zoroastre entreprit sa grande réforme, les magiciens occupaient les positions les plus élevées et en réalité, ils ipenaient le peuple bien plus par la terreur qu'ils inspiraient que par leurs bienfaits; L'eff'ort tenté par le grand Législateur de

rirun demeura on partie stérile. Lui passé, les prêtres dénaturèrent son livre et introduisirent dans la pure morale mazdéonne des éléments utiles à leurs profits, notamment les pratiques occultes dont ils connaissaient Tascondantsur Tesprit peu cultivé des fidèles. Beaucoup de passages de l'Avesta sont évidemment apocryphes; telles ces quel(|ucs lignes relatives à la médecine.

« Beaucoup de guérisons no réussissent que par le couteau, ou par les végétaux ou i)ar la parole. I.orsquc le médecin réussit, lorsqu'il guérit par la parole excellente, c'est la meilleure et la plus sûre des guérisons. »

Ce dernier paragraphe est évidemment dû à la plume des prêtres; il est destiné ii leur assurer la clientèle des malades. Il ne faudrait pas croire en eflet et comme l'ont avancé certains auteurs^ partisans acharnés do l'ancienneté du magnétisme, que ce passage est la preuve évidente qu'on employait déjà une suggestion volontaire pour la guérison des malades. Si la suggestion existait, elle était bien personnelle au consultant, car la parole dont il est question dans le texte est une parole rituelle, consacrée, elle médecin ne fait que répéter des mots fixés d'avance par le Législateur. Ces formules de prière sont nombreuses dans l'Avesta on y trouve également la liste des maladies qu'elles peuvent guérir.

« La prière bien dite guérit les douleurs qui obsèdent les join tures, les rhumes qui produisent une salive pourrie et les fièvres qui donnent une sueur jiuisible. »

On y trouve aussi, importation évidemment magique, des talismans ou tâvs, simples morceaux d'étofîe sur lesquels sont inscrites des formules sacrées, préservatrices, destinés à être attachés sur difîèrenls points du corps. Si, par exemple, un enfant effrayé tombe malade ou s'il a mal aux yeux, on lui attache au bras gauche le tav suivant ■

Au nom de Uieu, Au nom du brillant Foridoun, fds d'Athvian, je lie ce Tàv contre les maux produits par Ahriman,paf les Dews, par les Darôudjs, par

les Dews qui rendent aveugle, par ceux qui rendent sourds, par ceux qui affaiblissent, par les pécheurs, les aschmogs, les magiciens, les Paris. Je lie ces maux par la force du Feu, la beauté du Feu, par la puissance du brillant Feridoun, fils d'Athvian, par la force des planètes et des étoiles fixes.

Que la santé soit donnée à cet enfant,

Que cela soit dès à présent.

Que la vie heureuse lui soit donnée,

Que cela soit dès à présent.

Lorsque ce tàv est attaché au bras gauche, démons, magiciens et maux d'yeux sont chassés sans retour.

Si quelqu'un est tourmenté par les démons ou par un revenant il peut s'en débarrasser en s'attachant au front le tàv suivant :

Au nom de Dieu, Au nom du fort, du Ijrillant Feridoun, fils d'Athvian, jo lie tous ces maux produits par Arhiman, par les Dews, par les Daroudjs. Je lie ces maux par la force du Feu, par la beauté du Feu, par la force du brillant Feridoun, fils d'Athvian, par la force des planètes et des étoiles fixes. Que le magicien, que le revenant soient anéantis!

Il y a aussi des tâvs contre la fièvre, les maux de jambe, les abcès et les glandes au cou, les goitres, la folie.

Les prêtres n'ont donc pas renoncé aux pratiques magiques. Mais ils n'en sont que plus ardents contre leurs concurrents les sorciers. Ils ont laissé subsister toutes les imprécations contre la magie dont fourmille le livre de Zoroastre, mais en les dirigeant contre les sorciers et les devins qui n'appartiennent pas au clergé :

« Exercer la magie, avoir du respect pour les magiciens, ces péchés que j'ai commis, je m'en repens, j'y renonce par les trois paroles » (1).

« Prononcer des paroles de magie, consulter les magicens, faire ce qu'ils ordonnent, péchés » (2).

Page 1