‹ Hypnotisme et croyances anciennesChapitre 19 sur 38 · Mathieu, X · texte numérisé non relu

Mathieu, X

La possibilité des apparitions est également admise.

— Un ange apparut à Zacharie pour lui annoncer que sa femme enfanterait un fils nommé Jean.

— L'ange Gabriel apparut à Marie pour lui révéler l'origine divine de Jésus.

— Un ange apparut aux bergers et leur annonça la naissance du Sauveur.

Les actes des a|)ûlres montrent dune façon non moins explicite que ceux-ci ne dédaignaient pas les pratiques magiques et qu'en même temps il existait des magiciens profanes.

Au chapitre Xlll il est fait mention d'un certain Simon qui^ par ses enchantements, avait dérangé l'esprit des Samaritains. Le même dia pitre raconte que Barnabe et Paul au nom du Seigneur, frappèrent de cécité un juif, habitant File de Chypre dont le surnom «Elymas » indiquait la profession de magicien.

Le chapitre XVI rapporte que Paul fut mis en prison pour avoir chassé l'esprit prophétique d'une servante, aux maîtres de laquelle l'esprit de Python de cette fille procurait de gros gains.

Le chapitre XIX nous enseigne (pic des exorcistes juifs allaient de ville en ville pour chasser les démons, moyennant salaire et qu'ils changèrent leur ancien procédé contre celui de Paul qui consistait à imposer les mains en invoquant le nom de Jésus.

Enfin les chrétiens ont dû à un certain moment fusionner avec les Kabbalistes, car l'Apocalypse de saint Jean semble êti-e le récit allégori(pic d'une partie du « Grand Œuvre ».

Le christianisme érigé en religion représenta donc, tout en apportant une formule nouvelle, une espèce de fusion des idées philosophicpics régnantes, où la magie eut sa large part. Bien des pratiques kabbalistiques entrèrent dans le nouveau culte. 11 n'y eut que les noms de changés : les amulettes, les incantations, les signes fatidiques furent remplacés par les reliquaires, les prières, le signe de la croix. Le bâton recourbé par un bout à l'aide du([ucl les augures divisaient le ciel pour leurs présages, devint la crosse des évêques.

Dans b's croyances aux i)nissances sui-naturelles, il n'y eut aussi que les noms de changés. Au premier siècle, les disciples

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du christianisme croyaient fermement que les apôtres avaient eu la faculté de guérir les malades par l'imposition des mains, les onguents et les saintes huiles. L'autoiité de l'apôtre Paul en faisait foi d'ailleurs. En effet dans sa i)remière épître aux Corinthiens, dans l'énumération des dons du Saint-Esprit, Tapôtrc cite : le don de faire des miracles, le don de prophétie, le don de parler plusieurs langues, le don de guérir les maladies.

On croyait encore que ces pouvoirs se transmettaient depuis la mort des apôtres au plus ancien de chaque communauté. Ce n'est que plus tard que l'onction fut considérée comme nécessaire pour la guérison des maladies.

L'ombre de saint Pierre passait pour guérir les maladies les plus dangereuses (1).

Avec le christianisme, l'extase prophétique s'éloigna des temples, mais se reporta sur les communautés religieuses. Tertullien (u^ siècle) parle d'une sœur qui vivait de son temps et qui prophétisait. « Elle reçoit, dit-il, le don de révélation dans l'église, au milieu de la célébration de nos mystères, étant toute ravie on extase. Elle converse alors avec les anges, quelquefois même avec Jésus. Elle voit, elle entend dans ses ravissements les secrets célestes, reconnaît ce qu'il y a de caché dans le cœur de plusieurs personnes et enseigne des remèdes salutaires à ceux qui paraissent le désirer. »

Un commentateur de Tertullien prétend qu'il s'agit dans ce passage de Priscilla,femme romaine^ qui avait embrassé Ihérésie de Montan et quitté son mari pour suivre cet hérésiarque et prophétiser avec lui.

Irénée parle d'un autre hérésiarque, nommé Marc, vivant également auii" siècle et qui fabriquait aussi des prophétesses. « Marc, dit-il, faisait d'abord à la femme un long discours flatteur qu'il terminait par ces mots ; Maintenant voici (|ue ma grâce est descendue sur vous, ouvrez la bouche et prophétisez, — Mais j'en ignore l'art, » répondait la femme étonnée.

Alors on faisait sur elle de nouvelles invocations. On la frappait d'étonnement et de stupeur, puis on lui disait de nouveau:

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