CHAPITRE I
Indes. Védas. Brahmes.
Les quelques notions scientifiques que possédaient les premiers peuples civilisés de l'inde sont arrivées jusqu'à nous grâce à une collection d'ouvrages sacrés, pieusement conservés par les prêtres, ouvrages qu'on nomme Védas. Malgré un certain nombre d'additions postérieures à l'époque de leur composition, et bien que certains passages aient été dénaturés pour des raisons de doctrine, on peut considérer les Yédas comme l'expression, presque comme la synthèse de cette civilisation disparue depuis bien des siècles, civilisation dont les quelques milliers de vers des poésies védiques sont le seul vestige parvenu jusqu'à nous.
Après bien des disputes, les orientalistes sont à peu près tombés d'accord pour faire remonter à quinze siècles avant Jésus-Christ l'origine des poésies védiques. Quelques -uns même admettent que certains morceaux ont été composés trois mille ans au moins avant notre ère. Ceci n'a du reste, pour nous qu'un intérêt secondaire. Peu nous chaut, en effet, la date exacte de ces premières civilisations. Ce que nous cherchons dans ces documents, qui passent pour les plus anciens qu'on
possède, c'est une trace, si faible qu'elle soit delà connaissance de l'hypnotisme.
Les Védas sont surtout des livres religieux. Ils contiennent tout ce qui a trait à la religion des premiers Hindous. Mais ils renferment en outre des documents sur la médecine, alors exercée par les prêtres, documents épars dans deux des quatre livres qui composent la collection : le premier ou Rig-Véda, le quatrième ou Atharveda.
Le Rig-Veda est le plus ancien. Les hymnes médicaux y sont plus particulièrement dédiés aux Aswins (dieux de la médecine . Les premières invocations sont d'humbles prières suppliant le Dieu de venir en aide au malade, d'éloigner de lui les fléaux ou le démon qui l'assiège. C'est l'appel de l'homme ignorant et conscient de sa faiblesse, à la Divinité à la protection de laquelle il croit. Ces prières ne sont accompagnées d'aucune pratique spéciale qui rappelle de près ou de loin magie ou magnétisme.
Il ne semble pas qu'à cette époque il y ait eu de médecins. Les malades recouraient aux prêtres parce que ceux-ci connaissent les formules sacrées capables de concilier le bon vouloir des Aswins. La seule croyance, un peu superstitieuse dont on trouve la trace est la confiance populaire dans les vertus salutaires de l'eau sur laquelle on a prononcé certaines formules sacrées. Voici par exemple un hymne destiné à donner à l'eau des propriétés thérapeutiques.
J'invoque ces eaux divines.
Dans ces eaux est la santé,
Dans les eaux sont tous les remèdes,
Les eaux guérissent tous les maux (1).
Peu à peu cependant, les médecins ont dû se séparer des véritables prêtres, cardans une section un peu plus récente du Rig, où il est question de médecins il est dit: « Nos vœux sont variés, les œuvres des hommes sont diverses; le charron veut