EXTRÊME-ORIENT
D'après Kiernan, les phénomènes présentés par les sorciers ou chamans mongols rappellent de si près ceux de l'épilepsie, que les deux états sont confondus chez ce peuple, comme chez les Grecs et les Romains, sous le nom de maladie sacrée. D'ailleurs l'épilepsie a toujours été attribuée à une influence surnaturelle, bonne ou mauvaise.
Chez certaines tribus sibériennes, la faculté médianimique, ou force charnane, éclate soudain comme une maladie nerveuse, par des tremblements et des cris, des accès convulsifs et épileptiques, puis ceux qui en sont frappés se mettent à manier impunément fers rouges et aiguilles, à délirer, saisir le tambour magique et prophétiser. Lorsqu'on ne les écoute pas, ils deviennent fous furieux.
En Chine, nous retrouvons, dans les couvents des Lamas, ou moines bouddhistes, les plus merveilleuses pratiques spirites et, entre autres, les phénomènes d'insensibilité.
Dans les Souvenirs d'un voyage en Chine et en Tartarie, du père Hue, missionnaire apostolique, ainsi que chez de Vesme, on trouve 3e cas étonnant d'invulnérabilité d'un lama. Il s'ouvre le ventre avec un couteau, recueille un peu de sang de sa blessure, le porte à la bouche, y souffle trois fois, puis le jette en l'air avec un grand cri. Se passant ensuite la main sur la blessure, il n'en reste plus trace, sauf un grand abattement.
Tcherpanoff cite une méthode en usage au Thibet pour découvrir les objets volés. Le lama s'assied à terre et impose les mains sur une table carrée, en lisant un livre. Au bout d'une demi-heure, il se lève, ôtant les mains de la table, mais les gardant toujours dirigées vers elle. La table quitte alors le sol et se dirige dans une direction donnée. Le prêtre la suit, toujours les bras étendus, et elle finit par s'arrêter à l'endroit où est l'objet volé, ou tout près. « Dans l'expérience à laquelle j'assistais, dit Tcherpanoff, la table alla à environ 30 mètres. L'objet cherché n'y était pas, mais aux environs était la cabane d'un colon russe chez qui l'on retrouva l'objet volé. »
John Bell, qui parcourut l'Asie en 1719, raconte qu'un marchand russe ayant été volé dans une tribu
108 HYPNOTISME ET SPIRITISMB
mongole, un lama prit un banc, le retourna plusieurs fois jusqu'à ce qu'il se mît en mouvement vers la tente du voleur.
Chez les Japonais, la croyance aux esprits des morts est si vive que la religion populaire, le Shintoïsme, se réduit en dernière analyse au culte des trépassés. Ils ont des médiums femmes, dites icika, jeunes filles de quinze à vingt ans, sans domicile fixe, parcourant le pays à la recherche de clients. Leur méthode d'évocation est la suivante. Elles posent sur un plateau une tasse de porcelaine pleine d'eau. Le consultant écrit le nom de la personne avec qui il veut communiquer sur une longue bande de papier, enroule ensuite celle-ci et l'immerge dans l'eau, en aspergeant trois fois Yicika. Cette dernière, la tête dans les mains, murmure des prières jusqu'à l'évocation de l'âme du mort ou de l'absent, âme qui prend ensuite possession du médium et qui par sa bouche répond aux questions qu'on lui fait.