‹ Hypnotisme et spiritismeChapitre 32 sur 66 · LÉVITATION CHEZ LES SAINTS · texte numérisé non relu

LÉVITATION CHEZ LES SAINTS

C'est l'un des phénomènes les plus fréquents dans l'extase religieuse. Gôrres, dans sa Mystique, en cite un grand nombre d'exemples.

C'est Marguerite de Hongrie qui s'élève en l'air après chaque communion ; saint Dominique qui s'en va prier dans une église où on le retrouve entre ciel et terre. Le même fait arrive à saint Bernard pendant qu'il prêche ; à saint François Xavier disant la messe ; à saint Albert récitant des psaumes, à genoux devant le crucifix; à saint Ignace de Loyola, sainte Catherine de Sienne, à saint Etienne, roi de Hongrie, à Thérèse, reine de Castille, François d'Assise, etc.. etc.

Les historiens des divers ordres religieux sont remplis de faits semblables, arrivés devant des foules entières. Bernadette, l'extatique de Lourdes, a été vue maintes fois flottant en l'air, tandis qu'elle priait. Saint Louis de Gonzague restait ainsi suspendu, immobile et insensible. Saint Pierre d'Alcantara, célèbre par ses lévitations, dépassait dans ses vols la cime des plus grands arbres.

Sainte Thérèse parle ainsi de ses lévitations : « Lorsque je sentais que le Seigneur allait opérer le prodige, je me couchais à terre, et mes compagnes essayaient en vain de me retenir. Mon corps tout entier était comme attiré en haut. Quand je

voulais résister, je sentais une force miraculeuse qui m'enlevait ».

Tout comme les stigmates, les lévitations ne sont pas l'apanage des saints et se remarquent aussi chez les démoniaques. La tradition dit de sainte Geneviève qu'elle fit rester en l'air douze brigands amenés devant elle. Son maître, saint Germain, avait, dit-on, le même pouvoir. Le livre L'affaire curieuse des Possédées de Louviers parle de plusieurs religieuses transportées de leurs cellules dans la cour, sur le toit, sur un mur élevé, ou dans un bois voisin.

Une malheureuse possédée de Vervins, Nicolette Aubry, s'éleva plusieurs fois dans la cathédrale de Laon, devant une foule immense, malgré les efforts de six hommes.

Non moins surprenants sont les transports corporels invisibles, par exemple d'une personne disparaissant d'un endroit pour réapparaître ailleurs. Les Actes des Apôtres disent de saint Philippe : « L'Esprit du Seigneur le ravit, il disparut d'où il était et se retrouva à Asot ». Saint Jean de la Croix passait pour ainsi dire sa vie en lévitations. Les Bollandistes disent qu'il lui arrivait de disparaître du lit où il était couché infirme, pour y revenir quelque temps après. Ce phénomène, rare dans l'hagiographie, a été répété par quelques médiums modernes, comme les frères Pansini, de Ruvo en Pouille.

Même à l'époque chrétienne, nous voyons les sortilèges des sorciers coexister avec les miracles des saints, et les sciences occultes viser comme toujours à la connaissance de l'avenir.

Citons les principales formes de divination, employées dans l'antiquité et dans les premiers siècles chrétiens.

Alevromancie, divination par la farine répandue sur la tête des victimes des sacrifices; Aeromancie, par le vent ; Arithmomancie, par les nombres ; Astrologie, par les astres; Cubomancie, par les dés ; Botanomancie, par les feuilles ; Bibliomancie, par les livres; Cartomancie, par les cartes à jouer; Capnomancie, par la fumée; Catoptromancie, par les miroirs ; Ceromancie, par les figures de cire ; Chiromancie, par l'observation des mains ; Hépatoscopie, par l'examen du foie des victimes ; Pharmancie, par les parfums ; Giromancie, par des cercles tracés sur le terrain; Lampadomancie, par la forme des flammes des lampes ; Leconomancie, par des bassins pleins d'eau; Molybdomancie, parla cire ou le plomb; Nécromancie, par l'évocation des morts; Nephelomancie, par l'observation des nuages ; Oniromancie, par les songes; Onomamancie, par les noms propres; Pyromancie, par le feu; Rabdomancie, par la baguette ; Rhapsodomancie, parles livres pro-

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phétiques ; Terastocopie, par les images ; etc., etc.

Parmi tous ces moyens divinatoires, il faut remarquer la Gatoptromancie, qui s'effectue par le regard, et l'Hydromancie, la Leconomancie, qui ont pour base l'eau. Les spirites actuels nomment la première : vision au cristal ; et les autres : médiumnités au verre d'eau. Mais toutes ont le même principe, qui est l'hallucination produite en fixant une surface brillante. On obtenait aussi les mêmes effets en fixant des ongles, un bouclier, ou. la lame d'une épée.

L'antiquité de ces moyens divinatoires est évidente. On en trouve déjà la trace dans la Bible, qui fait allusion à la coupe dont Joseph se servait pour la divination, et en Grèce, où les réponses de l'oracle d'Apollon étaient obtenues en regardant dans un puits.

Varron fait venir de Perse l'usage des miroirs magiques. D'après saint Augustin, Numa voyait dans l'eau l'image des dieux lui indiquer ce qu'il fallait faire.

Pline et Apulée décrivent la Leconomancie. Elle consistait à j eter dans un bassin plein d'eau dems esla d'oretd'argent,ce qui y faisait apparaître les figures désirées ; on entendait en même temps la réponse, le phénomène auditif se mêlant ainsi au visuel.

A une époque plus moderne, nous voyons l'astrologue Ruggieri se servir d'un miroir magique, pour apprendre à Catherine de Médicis

l'avenir de ses deux fils, Charles IX et Henri îlï.

Noël Lecomte écrit que le roi François Ie*, au moment de ses guerres avec Charles-Quint, savait de Paris ce qui se passait à Milan, grâce à un espion écrivant sur un miroir magique ce qu'il voulait apprendre au roi, lequel le lisait à Paris sur un autre miroir semblable,

Ces pratiques magiques n'étaient pas sans danger. On brûla, entre autres, en place de Grève, en 1609, un nommé Saint-Germain pour s'être servi de miroirs magiques.

Ces pratiques sont encore aujourd'hui très répandues en Orient. D'après l'orientaliste Reinaud, les Levantins ont des miroirs magiques dans lesquels ils s'imaginent faire apparaître les anges, en jeûnant sept jours dans la solitude.

Les brahmanes et les musulmans des Indes en font aussi usage. Si l'on croit quelqu'un victime d'une possession, on met le miroir dans la main d'un enfant, qui ne tarde pas à y voir le démon tourmenteur.

lbn Khaldun écrit à ce sujet : « On croit à tort que l'image apparaît à la surface du miroir. Le devin regarde ce dernier jusqu'à ce qu'il se forme une sorte d'écran en forme de nuage entre le miroir etlui. C'est sur cet écran que se dessinent les formes apparues. Les devins ne voient pas ce que les autres voient normalement sur le miroir. Il s'agit chez eux d'un autre mode de perception ». Cette

description est tout à fait analogue à celle que donnent du même phénomène nos médiums modernes.

LE8 CONVULSIONNAMES

Les faits de prophétisme, inspiration, possession et autres semblables se présentaient d'ordinaire sous forme de cas sporadiques et individuels dans l'Antiquité. Aux xvie, xvn% xvm8 siècles, nous les voyons se produire sous forme épidémique. C'est vers 1550 qu'éclata simultanément sur divers points d'Europe l'épidémie démoniaque, que les Français nomment possession des nonnains, parce qu'elle s'attaquait surtout aux nonnes.

Le rituel catholique dit que les' signes auxquels on peut reconnaître la possession sont les suivants :

1° Faculté de connaître la pensée d'autrui, même inexprimée;

2° Intelligence des langues étrangères et faculté de les parler;

3° Connaissance de l'avenir;

4° Connaissance de ce qui se passe au loin ;

5° Forces physiques supérieures ;

6° Lévitation du corps.

Or, c'est précisément ce que l'on rencontre plus ou moins chez nos médiums.

Les convulsionnaires présentent d'étranges phénomènes d'invulnérabilité, presque sans analogues dans l'histoire.

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Marie Sonnetse mettait en position d'arc renversé, la tête et les pieds à terre, les reins soutenus par un pieu, et on lui faisait tomber plusieurs fois sur le ventre un poids de 50 livres. Elle n'en gardait pas la moindre trace et demandait des poids plus forts. Carré de Montgeron frappe de toute sa force la convulsionnaire Jeanne Maulet au creux du thorax avec un chenet de fer, passe ensuite ce dernier à un homme vigoureux, qui frappe une centaine de fois la patiente, laquelle trouve les coups trop faibles et n'en garde pas de trace. Une femme de Méru, diocèse de Beauvais, se fait donner des coups d'épée par tout le corps et, bien que la peau plie sous la pointe de l'arme et soit marquée en rouge, la chair n'est pas trouée.

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