NOMS
Morselli affirme qu'on ignore les noms des esprits qui se sont révélés jusqu'ici. Ce serait là une grave objection contre la réalité des fantômes. Mais nous pouvons répondre que le plus important de ces derniers, Pelham, a vécu sous le nom de Pelhev, que Katie King a été de son vivant miss Owen Morgan. Et, s'il est vrai que nombre d'esprits n'ont voulu se faire connaître que sous des pseudonymes, il est également vrai que d'autres ont révélé leurs vrais noms dans l'intimité, comme Imperator l'a fait à Stainton Moses.
Dans ie livre de Joire, Les Phénomènes psychiques, je trouve une longue série d'esprits ayant donné,
aux séances typtologiques de la Société des études psychiques de Nancy, leurs noms et des preuves de leur identité, confirmées 19 fois sur 20.
Tels par exemple Garcia Moreno révélant l'unique parole par lui prononcée au moment de son assassinat par Rayo; Henri- Charles Montagne mort en Annam ; Nhatrant, qui déclare avoir été tué par un tigre, cite le témoignage de Daniel Richer, lequel confirme la date et les détails donnés typtologiquement. Maurice Bauss, tisseur à Viry, dit qu'il est mort à vingt ans dans la neige en 1877, à Gerpipol, fait confirmé par le maire de cette ville. Impossible ici d'admettre la cryptomnésie, puisque personne des assistants n'était né en 1877. Mme Duchen se dit morte à soixante-dix-huit ans, à Vendrette, dont le maire confirme le fait.
Citons aussi Jean de Boutoris, qui se dit contemporain de la Régence, ami du cardinal Dubois, natif de Montauban, où il a encore des parents, ce qui fut vérifié ; Sixnome de Lévis, qui parle de sa famille de Perpignan, nomme la rue où elle habite, faits confirmés par la suite.
coïncidences.
Elles viennent en grand nombre prouver la réalité des apparitions et empêcher tout soupçon de suggestion, comme le montre Laurent dans
202 HÏPNOTISME ET SPIRITISME
les Annales des sciences psychiques, 20-21, 1900.
Sur six cent soixante-six apparitions notées par Gurney, vingt ont été vues simultanément par d'autres personnes que lui. Dans neuf cas. l'apparition présentait des particularités, costume nouveau, blessure, etc., dont l'existence était ignorée. Mm€ March m'a raconté qu'elle a vu, dans sa villa des environs de Sienne, le fantôme du prof. Bar. lui apparaître la figure moitié barbue, moitié imberbe, ce qu'elle n'avait jamais remarqué de son vivant. J'ai su depuis qu'il présentait en effet cette anomalie, qu'il dissimulait' en se rasant tous les jours, fait ignoré de M°" March.
Certes, dans le dédale des trucs, des confusions, des erreurs de langage, souvent involontaires, comme nous le verrons, de la part des fantômes, il est difficile de fixer leur identité et d'établir la part de l'inconscient des médiums et des assistants. Mais il y a des cas où l'on y a réussi avec le contrôle de vivants présents ou lointains.
C'est le cas des communications de Pelham. Cet Américain de grande famille avait d'abord étudié le droit pour se vouer ensuite à la littérature et à la philosophie, sur laquelle il a écrit de beaux livres. Il s'intéressait fort aux études psychiques et soutenait, particulièrement avec Hodgson, de vives discussions sur la survie qu'il niait, promettant toutefois de faire son possible pour se communiquer après sa mort. Il mourut jeune d'une chute
de cheval, en février 1892, et dès le 12 mars il se communiqua par l'écriture automatique à Mme Piper, puissant médium qu'il fréquentait de son vivant.
De nombreuses séances eurent lieu sous son influence, et il prouva son identité à nombre d'assistants en leur donnant des détails relatifs à leur passé et à leurs rapports avec lui de son vivant. Entre autres faits probants, il reconnut des boutons de chemise dont il avait fait autrefois cadeau à John Hart; il demanda à miss Eveline des nouvelles d'un livre qu'il lui avait donné avec une dédicace ; à une personne présentant une photographie, il dit: « C'est votre maison de campagne, mais il y manque le poulailler, » ce qui était exact. Il traduisit un texte grec ; or Mme Piper ignorait cette langue que Pelham savait.
La même M™8 Piper a obtenu des phrases de langue polynésienne, que personne ne savait dans l'assistance. Lodge demande à Jarry défunt, qui communique par Mme Piper, de révéler un fait de sa vie passée, et l'esprit cite un accident sur l'eau, confirmé plus tard par une personne absente à la séance. L'inconscient et lacryptomnésie r^ peuvent expliquer ce fait ignoré de Lodge et du médium.- Bien d'autres faits analogues peuvent être cités de Mme Piper et d'autres médiums et prouvent l'identité des esprits défunts.