PREUVES TIRÉES DE LA PATHOLOGIE
Les preuves de l’indépendance fonctionnelle des hémisphères qui nous sont fournies par la pathologie et la clinique, secondées par l'anatomie pathologique, sont tellement nombreuses que nous n’avons qu’une difficulté, celle du choix. L’abondance et la diversité des matériaux nous obligent, pour en simplifier l’étude, à les répartir en groupes plus artificiels que rationnels :
Dans un premier, nous étudierons rapidement les effets des atrophies partielles, congénitales ou acquises, du cerveau.
Dans un second, nous examinerons les effets généraux des traumatismes et des tumeurs cérébrales.
Le troisième comprendra l'analyse succincte de l’histoire des localisations dans les maladies du cerveau et, en particulier, de l’histoire de la localisation du langage articulé.
La dernière partie de ce chapitre sera consacrée à l’examen comparatif de la gravité des lésions, selon qu’elles ont leur siège dans l’un ou l’autre hémisphère.
Effets des atrophies et des lésions partielles du cerveau. — Les faits qui devaient les premiers appeler l’attention des cliniciens et des anatomo-pathologistes étaient certainement ceux dans lesquels des lésions considérables d’un hémisphère du cerveau avaient pu exister sans se manifester pendant la vie par aucun trouble fonctionnel appréciable.
Le premier, Abercrombie (1), ayant eu occasion d’observer
(1, Abercrombie. On chronique inflammations on lhe brain and its membranes. (Edinburg med. Journal, 1818, p. 296.)
— On tlie intellectual powers, p. 154, 155.
Bérillon. b
plusieurs malades qui avaient conservé l'intégrité de leur intelligence, malgré la destruction de tout un hémisphère, en conclut qu’un seul de ces organes peut suffire à la production du phénomène mental.
Dans plusieurs de ses ouvrages, il insista tellement sur cette idée, qu’elle devint rapidement classique.
Et, comme il arrive toujours en pareil cas, dès que l'attention est appelée sur un point quelconque, un grand nombre d’observations du même genre furent immédiatement recueillies. Lallemand les rassembla et les publia sous le titre : Recherches anatomo-pathologiques sur l'encéphale (1).
Gomme Abercrombie, cet observateur ne tarda pas à acquérir la conviction qu’une lésion considérable, limitée à un seul hémisphère peut ne se traduire par aucun symptôme extérieur (paralysie, convulsion ou trouble de l’intelligence , à la condition, toutefois , qu'elle se développe lentement et qu'elle n'influe pas sur l'hémisphère sain.
Au contraire, une lésion même minime, intéressant à la fois les deux hémisphères, donne immédiatement lieu à des troubles intellectuels très marqués.
C’était d’ailleurs là une idée si généralement (admise, que Longet, dans son livre éminemment classique sur l' anatomie et la physiologie du système nerveux, n’hésitait pas à formuler nettement la proposition suivante :
« Un seul hémisphère sain peut suffire àï exercice de l'intelligence et des sens externes (2).
Et il ajoutait :
« Il est facile d’établir, par des exemples, qu’en l’absence pour ainsi dire complète d’un hémisphère cérébral, l’homme peut encore jouir de toutes ses facultés et même de tous ses sens. »
En effet, à l’appui de son dire, il citait de nombreuses ob-
(1) Lallemand. Recherches anatomo-pathologiques sur l’encéphale et ses dépendances, Paris, 1825.
(2) Longet. Anat. et physiologie du système nerveux, Paris, 1842,
servations des plus concluantes empruntées à Andral (1), à Cruveilher (2), et à la plupart des cliniciens de son époque.
A une époque où la physiologie n’avait pas encore démontré qu’un côté détruit du cerveau peut être suppléé dans ses fonctions par l’hémisphère opposé, on comprend qu’ Andral ait pu dire, en parlant d’un cas d’atrophie considérable totale d’un hémisphère :
« C’est sans doute une chose remarquable que la conservation parfaite de l’intelligence jusqu’au dernier instant dans un cas où une aussi grande partie du cerveau avait cessé d’exister (3b »
D’ailleurs, l’examen du cerveau de Bichat ne devait-il pas apporter une preuve concluante de ce fait que l’atrophie d’un seul hémisphère peut coïncider avec l’intégrité complète de l’intelligence?
Brown-Séquard, à la suite de nombreuses communications à la Société de biologie, avait conclu que, lorsque des lésions intéressent seulement un seul hémisphère cérébral , quels que soient leur nature, leur siège et leur étendue, ces lésions peuvent ou bien ne se traduire par aucun phénomène, ou bien engendrer les phénomènes les plus variés (4).
Il y a quelques années, M. Cotard, dans un travail très complet, a rassemblé de nombreuses observations d’atrophie cérébrale limitée à un seul hémisphère.
La lecture de ses conclusions indiquera qu’elles sont complètement conformes avec celles auxquelles étaient arrivés les anciens observateurs (5) :
« On ne peut pas établir, ditM. Cotard, de rapport entre la maladie considérée en général et l’état de l’intelligence. On
(1) Andral. Clinique médicale. T. V.
(2) Cruveilher. Anatomie pathologique. Livr. VIII etX.
(3) Andral. Loco citato. T. V, p. 618.
(4) Brown-Séquard. Lésions fonctionnelles de la face et des membres, consécutives aux lésions du côté correspondant du cerveau. (Bull, de la Soc. de biol. , 1875, p. 375-376.)
(5) Cotard. Étude sur l'atrophie partielle du cerveau, 1868, p. 89 et s.
ne peut pas non plus établir de rapports entre l’altération des facultés intellectuelles et le côté gauche ou droit de l’atrophie cérébrale.
« Dans dix cas où l’intelligence était intacte, cinq fois l’hémisphère gauche était atrophié et cinq fois l’hémisphère droit.
« L’atrophie des deux lobes postérieurs peut coïncider avec une intelligence assez bien conservée.
« L’atrophie des deux lobes antérieurs et en général des deux hémisphères se manifeste par une idiotie au plus haut degré.
« Dans le cas où l’intelligence était saine, l’atrophie de l’hémisphère remontait à la première enfance où à la vie intra utérine ; dans un seul cas, la maladie n'a débuté qu’à l’âge de 5 ou G ans.
« Dans tous les cas où les facultés intellectuelles ont acquis quelques développements, nous voyons que les malades parlaient facilement, même lorsque le lobe frontal gauche ou l’hémisphère gauche tout entier étaient profondément altérés. »
«De ces propositions qui résument les faits décrits dans nos observations, nous sommes en droit de conclure tout d’abord que, lorsqu’un hémisphère cérébral a été détruit pendant la première enfance, l’autre hémisphère peut le suppléer dans ses fonctions et qu77 suffît de l'un quelconque des deux hémisphères pour ï exercice sensiblement normal des facultés intellectuelles. »
« Il n'y a donc pas de différences fondamentales entre les propriétés des deux hémisphères. »
Ce fait avait déjà été établi par Gall et après lui par d’autres observateurs.
L’opinion de D. Ferrier (1), sur ce sujet, ne diffère en rien de celle de M. Cotard; comme lui, il admet que, non seulement de grandes lésions peuvent être latentes dans un seul hémisphère, mais qu’un hémisphère entier peut être aussi désorganisé, le résultat en étant également négatif.
(1) Ferrier. De la localisation des maladies cérébrales. Trad. Varigny, 1879.
« Si toutefois , ajoute-t-il, tes deux côtds du cerveau sont désorganisés, il y a suppression de Vdme. D’où il suit logiquement, non qu'il n’y a pas de localisations spéciales des fonctions, mais que, en ce qui concerne les fonctions fondamentales de l’àme, sensation, émotion, volonté, intelligence, un seul hémisphère suffit. »
Effets des traumatismes et des tumeurs du cerveau. —
L’étude des traumatismes cérébraux vient encore pleinement confirmer ce qui précède. En effet, si dans certains cas, la moindre blessure du cerveau, même limitée à un seul hémisphère, peut s’accompagner de troubles d’une extrême gravité, dans d’autres, au contraire, on a pu constater que d’énormes pertes de substance n’étaient suivies d’aucun trouble fonctionnel.
Les dictionnaires et les compendiums de chirurgie sont remplis de faits de ce genre (1).
Nous en citerons deux ou trois seulement à titre d’exemple :
Guesnay (2), en 1743, raconte qu’un garçon de 8 ans, ayant été frappé par un cheval au côté de la tête, il sortit de la blessure une partie de substance cérébrale grosse comme un œuf de poule. lien guérit, et, dans la suite, l’esprit ne se ressentit nullement de cet accident.
M. Léonard (3) a publié un cas semblable; il s’agissait d’un enfant de neuf ans qui reçut un coup au niveau de la bosse frontale droite. L’intégrité des facultés intellectuelles persista malgré l’ablation d’une quantité du cerveau égale à un gros œuf de poule. Trois hernies consécutives de substance cérébrale n’amenèrent chez le malade aucune altération soit de la mobilité, soit de la sensibilité, soit de l’intelligence; tout paraissait se passer, en un mot, comme si le cerveau n’eût réellement pas été endommagé.
(1) Laugier. Art. Encéphale. Plaies du cerveau. (Dict. Jaccoud.)
(2) Guesnay. Remarques sur les plaies du cerveau. (Mém. de l’ac. royale de chirurgie, 1743.)
(3) Léonard. Hernie du cerveau consécutive à un coup de pied de cheval. (Journ. des Connaiss. méd., sept. 1842.)
En 1874. M. Lamarche publia, dans Y Abeille médicale (1), une observation de plaie profonde d’un hémisphère : une cheville de bois de chêne (de 25 millimètres de diamètre) ayant été enfoncée dans le cerveau à une profondeur de plus de cinq centimètres, il n’en résulta aucune paralysie, ni altération de l’intelligence, ni aphasie.
Une autre observation curieuse est celle de M. Poncet (2) : à l’autopsie d’un jeune soldat, mort à l’hôpital d’une fièvre typhoïde, il avait constaté une perte de substance cérébrale, qu’on pouvait évaluer à neuf centimètres cubes, occupant la région moyenne de la première frontale à gauche, entamant le corps calleux jusqu’aux ventricules, atrophiant la deuxième circonvolution et toute la partie inférieure du lobe frontal.
Or, ce malade était tombé douze ans avant au fond d’un puits, se brisant le front et perdant une partie de son cerveau.
A l’âge de vingt ans, reconnu bon pour le service et incorporé, il ne présentait pas d’autre phénomène particulier que d’être gaucher; premier soldat, il récitait parfaitement sa théorie. Les facultés intellectuelles ainsi que la mémoire étaient restées saines; il n’avait jamais eu d’attaques épileptiformes.
Ainsi, une lésion aussi considérable avait pu exister pendant douze ans sans amener d’autres désordres qu’une légère inégalité dans la force des membres.
Enfin, le dernier cas que nous donnerons est celui si connu sous le nom de American crow bar case et dont les détails sont soigneusement rapportes par le Dr Bigelow, dans le American Journal of tlie medical sciences. Par suite d’un accident arrivé en faisant sauter un rocher, un jeune homme fut frappé par une barre de fer qui, entrant à l’angle gauche de la mâchoire, passa net au travers de la tête, dans la région frontale, ayant
(ï) Lamarche. Observation d’une plaie avec perte de substance au cerveau et au crâne; guérison. (Abeille médicale, 1874.)
(2) Poncet. Lésion cérébrale ancienne et profonde consécutive à une fracture du crâne, aveeperte de substance. (Soc. de Biol., 1 0 avril 1880.)
traversé la partie antérieure de l’hémisphère gauche. Cet homme guérit rapidement et vécut 13 ans sans manifester aucun symptôme spécial que l’on put rapporter à une aussi grande lésion du cerveau (1). (Le crâne est conservé au Musée de Harward.)
Si les observations de traumatismes cérébraux qui n’ont donné lieu à aucune perversion mentale sont relativement nombreuses, celles de tumeurs énormes de l’encéphale n’ayant pas occasionné, durant la vie du sujet, de troubles de l’intelligence, de la sensibilité ou de la motilité, en un mot, ayant conservé, malgré leur étendue, un caractère latent , sont encore plus fréquentes.
Quand elles n’occupent qu’un seul hémisphère et quand leur développement est lent, ce qui est ordinairement la règle, la suppléance fonctionnelle d'un hémisphère par l’autre a le temps de s’établir.
C’est ainsi que sur trente observations de kystes cérébraux chez l’homme, tous assez volumineux, recueillis par M.Leven, dans 13 cas seulement, des troubles intellectuels avaient été constatés (1).
En 1868, M. Parrot relatait dans les Archives de Physiologie le cas d’un enfant de 7 ans 1/2, à l’autopsie duquel il avait trouvé un hémisphère remplacé par une énorme hydatide.
« Ce qui frappe dans ce fait, disait M. Parrot, c’est qu’une tumeur de 440 grammes ait existé en pleine substance cérébrale, sans qu’on ait pu en avoir le soupçon. »
« Il est possible de trouver dans l’évolution de la tumeur et dans sa constitution des arguments en faveur de son innocuité, mais comment se fait- il que, sans cause provocatrice, celle-ci cesse bruyamment, et que, d’un bond, le mal repre-
(1) Bigelow. Crow bar case. (American Journal of medical sciences, july. 1850.)
(2) Leven. Des kystes cérébraux chez l’homme. (Bull, de la Soc. de Biologie, 1864, p. 146.)
(3) Parrot. Sur un cas d’hydalide du cerveau. (Arch. de physiologie, p. 450,)
nant toute sa puissance, fasse périr le malade en quelques heures par la succession d’attaques épileptiques. »
Et il croyait devoir surtout insister sur l’absence, pendant la vie, de tout phénomène pouvant faire supposer l’existence d’une tumeur encéphalique et cela, malgré le volume de celle dont il était question dans cette observation.
M. Duplaix a rapporté une autre fait du même genre, mais il s’agissait cette fois d’uu vieillard de 75 ans. Cet homme était entré à l’hôpital à la suite d’une perte de connaissance passagère; il mourut subitement et à l’autopsie on fut tout étonné de trouver l’hémisphère droit tellement comprimé par un kyste hématique que sa face supérieure était réduite à un bord de deux centimètres environ. Cette tumeur datait de très longtemps et cependant le malade n’avait jamais présenté de troubles intellectuels appréciables (1).
Dans son traité des Entozoaires (2), Davaine cite un grand nombre d’observations d’hydatides localisées dans un seul hémisphère et dans lesquels les symptômes étaient peu marqués.
Parmi les plus intéressantes de ces observations, nous citerons celle du Dr Bristowe dans laquelle le malade, bien qu’ayant dans l’hémisphère gauche une hydatide de la grosseur d’une orange, avait conservé toute sa raison et n’avait éprouvé que quelques maux de tête (3); et celle de Georges Yates dans laquelle un jeune homme de 19 ans, se plaignant de céphalalgies intenses, sans cesser de jouir de la plénitude de son intelligence, avait, à l’autopsie, présenté un hémisphère, le gauche, complètement atrophié et remplacé par un kyste hydatique (4).
(1) Duplaix. Kyste hématique développé dans le crâne entre la duremère et la pie-mère et comprimantl’hémisphère cérébral droit. (Encéphale, 1883, fasc. IV.)
(2) Davaine. Traité des entozoaires, 1877.
(3) Dr Bristowe. Hydatide dans l’hémisphère gauche. (The pathological Society, 1873.)
(4) Georges Yates. Case of cnormous hydatid cyst. in the left ventricule of brain. (Med. Times and Gazette, 1871, p. 237.)
Il ne servirait à rien de multiplier ces exemples. Ceux que nous avons donnés montrent amplement, qu’en réalité, un seul hémisphère peut, non seulement suffire à l’intégrité des facultés de l’esprit, mais encore à celle des fonctions sensitives et motrices.
Recherches cliniques sur les localisations cérébrales. —
Dans ces dernières années, des recherches cliniques importantes ont établi que , tandis que certaines lésions très limitées de la substance corticale s’accompagnent constamment de troubles déterminés de la motilité, d'autres, plus étendues, peuvent intéresser le cerveau dans plusieurs de ses circonvolutions, sans être accompagnées des mêmes troubles.
C’est ainsi que la clinique, apportant son concours à la physiologie expérimentale, est venue contribuer à l’étude des localisations cérébrales en permettant la détermination d’une aire cérébrale motrice.
Mais, nous ne pouvons refaire ici, après tant d’autres auteurs éminents, l’histoire complète des localisations dans les maladies du cerveau et nous renvoyons le lecteur aux travaux si complets de MM. Charcot (1), Pitres (2), H. de Boyer (3), Lepine (4), etc.
Nous voulons simplement faire ressortir les preuves que ces études de pathologie cérébrale apportent à la théorie de l’indépendance fonctionnelle des deux hémisphères; aussi nous occuperons nous surtout de la localisation de la parole. Il n’en est point qui mérite mieux de nous arrêter quelques instants, tant parce quelle est le siège d’un attribut caractéristique de l’espèce humaine et que la physiologie expérimentale n’a pu
(1) Charcot. Leçons sur la localisation dans les maladies du cerveau. Paris, 1876.
(2) Charcot et Pitres. Contribution à l’étude des localisations cérébrales. (Revue mensuelle, 1877-1884.)
(3) H.-C. De Boyer. Etudes cliniques sur les lésions corticales des hémisphères cérébraux, Paris, 1879.
(41 Lépine. Des localisations dans les maladies cérébrales. Thèse d’agrégatiou. Paris, 1875.
rien nous apprendre sur elle, que parce que sa découverte a élé le point de départ de toutes les autres.
Historique de la localisation de la parole. — L’histoire de cette localisation se rattache surtout aux noms de Gall, Bouillaud, Marc Dax et Broca.
Gall, nous dit Kussmaul (1), est le véritable père da cette idée. Il différencia le sens vocal et le sens de ta parole, et il plaça ces facultés dans les lobes frontaux, derrière et au dessus des orbites.
Son élève Bouillaud contribua surtout à faire avancer l’étude de la localisation de la parole par sa persistance à en placer le siège dans les lobes antérieurs du cerveau (2) et par les nombreuses discussions provoquées par lui à l’Académie de médecine.
Marc Dax (de Sommières) reconnut le premier la coïncidence très fréquente des troubles de la parole avec des lésions de l’hémisphère cérébral gauche. Sa première communication devant la réunion des médecins de Montpellier, en 1836(3), malgré sa grande valeur, resta lontemps ignorée. Son mémoire n’acquit de l’intérêt que lorsque G. Dax, son fils, en envoya un nouveau à l’Académie de médecine, mémoire dans lequel, s’appuyant sur le travail de son père et sur 140 observations diverses, il établit la coïncidence constante des troubles de la parole avec des lésions de l’hémisphère gauche (4).
(1) Kussmaul. Les troubles de la parole. Trad. Rueff, 1884.
(2) Bouillaud. Traité de l’encéphalite, 1825, p. 157 et suiv.
— Recherches cliniques propres à démontrer que la perte de la parole correspond à la lésion des lobules antérieurs du cerveau et à confirmerl’opinion de M. Gall sur le siège du langage articulé. (Arch, gén. de méd., Paris, 1825. T. VIII, p. 25 et suiv.)
— Exposé de nouveaux faits à l’appui de l'opinion qui localise dans les lobules antérieurs du cerveau le principe régulateur de la parole. (Bull, de l'acad. de méd., T. IV, p. 282.)
(3) M. Dax. Lésions de la moitié gauche de l’encéphale coïncidant avec l’oubli des signes de la pensée, 1836. (Gaz. hebd., 1865, n° 17.)
(4) G. Dax. Observations tendant à prouver la coïncidence constante des dérangements de la parole avec une lésion de l’hémisphère gauche du cerveau. (Bull, de l'académie de méd., 1864-65. T. XXX, p. 193.)
Il appartenait, à Broca de préciser le siège de cette localisation en faisant dépendre Y exercice de la faculté du langage de l'intégrité de la troisième circonvolution frontale gauche (1).
C’est alors, que pour expliquer cette prééminence de l’hémisphère gauche, il émit la fameuse hypothèse fondée sur ce que la plupart des hommes sont droitiers, et expliqua par le fait qu’il se rencontre des gauchers , les cas où malgré une absence congénitale de la troisième circonvolution frontale gauche, la faculté de parole avait été acquise par la circonvolution frontale correspondante à droite (2).
Les faits sont venus donner raison à Broca ; et aujourd’hui tous les cliniciens sont d’accord pour admettre que T apparition des troubles aphasiques est plus fréquente et plus persistante dans les lésions de l'hémisphère gauche.
On a cherché à établir par la statistique, la proportion de l’aphasie dans les lésions démontrées par l’autopsie, du lobe antérieur gauche et dans celles des autres lobes cérébraux.
Seguin (de New-York) établit la proportion de 514 à 31 (3).
Aug. Voisin, lui. trouva dans l’aphasie les lobes gauches antérieurs atteints 140 fois, les lobes droits 6 fois (4).
Un autre parallèle fort instructif est celui de Callender. Dans ses autopsies faites à l’hôpital Saint-Bartholomé de Londres, pendant de longues années, sur 13 cas d’hémiplégie droite, il constata 12 fois de l’aphasie. Dans 13 cas d’hémiplégie gauche, au contraire, il ne survint pas d’aphasie propre, quatre fois seulement une légère obscurité de la parole par paralysie musculaire fut remarquée (5).
(1) Broca. Sur le siège de la faculté du langage articulé avec deux observations d’aphémie. (Bull, de la Soc. anatom.T. VI, août, 186t.)
(2) Broca. Du siège de la faculté du langage articulé dans l’hémisphère gauche. (Bull, de la Soc. d’anthrop. T. VI, 1865, 15 juin.)
(3) Seguin. (Quarterlv Journal of Psycholog. janv.1868.)
(4) A. Voisin. Art. Aphasie. (Dict. de méd. et de chir. prat. T. III, p. 1.)
(5) Callender et Kirkes. (Saint-Bartholomew’s Hospital Records. London, T, III, p. 415, 1867 et p. 3, 1869.)
Lohmeyer (1) réunit 53 cas d’aphasie avec autopsie. Dans 50 cas, elle coïncidait avec une lésion de l’hémisphère gauche ; 24 fois celte lésion siégeait dans la troisième circonvolu- ■ tion frontale; 34 fois dans cette partie et les parties voisines y compris 7 fois l’insula : 13 fois dans l’insula gauche; dans deux cas seulement l’aphasie parut causée par les lésions de la partie antérieure du lobe frontal.
H. O. de Boyer arrive à conclure d’un nombre de faits considérable que le centre du langage peut ne pas être limité au pied de la troisième frontale gauche et s’étendre un peu sur l’insula, qu’il peut même siéger à la fois sur les deux régions.
C’est ainsi que les auteurs en examinant de plus près la question, arrivaient à acquérir la certitude que non seulement les lésions de l'hémisphère gauche se lient lien plus souvent à des troubles aphasiques et mi-an arthro- aphasiques que celles de l'hémisphère droit, mais que les parties anterieures de V hémisphère gauche et surtout celles qui avoisinent la région insulaire sont avec les précédentes celles qui les déterminent (2).
Nous avons vu dans un précédent chapitre que Broca faisait découler la prédominance de la main droite du développement plus hâtif de l’hémisphère gauche. Il donnait la même explication à la localisation du centre du langage dans le même côté du cerveau.
En somme pour la plupart des œuvres délicates, nous préférons l’hémisphère gauche, alors que pour les œuvres grossières nous employons les deux hémisphères. Nous nous servons des deux pour certains jeux tels que le piano et le violon et pour ce dernier d’une façon fort distincte (3).
Pour le dessin et l’écriture nous perfectionnons la moitié cérébrale gauche ; même les gauchers le font ; seules les per-
(t) Lohmeyer. (Arc h . fur. Klin, chir., 1872, T. XIU, p. 309.)
(2) Kussmaul. Loco citato, p. 181 et 188.
(3) Wilks. (Guy’s hospital Reports. Vol. XVII.)
sonnes qui présentent des défectuosités dans le bras droit emploient le cerveau droit.
Nous ne pouvons par conséquent pas hésiter à dire, avec Kussmaul : Les centres d' innervation du cerveau sont doubles pour toutes les œuvres manuelles , mais la majorité des hommes sont cependant droitiers et ne font usage pour la plupart de leurs travaux que du cerveau gauche.
Ils ne se servent en particulier pour parler que du cerveau gauche.
Mais les cliniciens français sont trop portés à regarder l’aphasie comme une sorte d’entité morbide, sans tenir un compte suffisant des actes élémentaires qui constituent la parole et dont l’analyse est indispensable pour arriver à une synthèse rationnelle.
Kussmaul a eu raison de diviser l’aphasie en un certain nombre de troubles secondaires, tels que l’aphasie ataxique ou défaut de coordination motrice des mots, aphasie amnésique ou perte de la mémoire des mots, surdité verbale ou impossibilité de comprendre les mots, cécité verbale, impossibilité de les lire, etc..., et d’attribuer aux couches corticales la responsabilité de tous ces désordres dont chacun doit avoir une localisation distincte.
Aux nombreux arguments fournis par la physiologie expérimentale en faveur de cette théorie, la clinique vient tous les jours ajouter de nouvelles preuves. Jusqu’ici, en effet, nous dit M. Magnan, toutes les fois que dans les cas de cécité ou de surdité psychiques , le résultat anatomo-pathologique a pu être fourni, les régions que la physiologie expérimentale avait désignées comme centres sensoriels corticaux ont été trouvées altérées; dans quelques cas il est vrai, la lésion était plus étendue et dépassait les limites assignées à ces centres ; mais néanmoins en comparant ces faits, en superposant les divers schémas fournis par les auteurs, on trouve toujours une région commune qui correspond justement au centre sensoriel cortical.
On peut s’en assurer en comparant pour la cécité psyclii-
que les cas de Déjérine (1), de Broadbent (2). de Magnan (3), d’après lesquels la région du pli courbé se trouve plus particulièrement intéressée ; pour la surdité psychique les faits de Wernicke (4), de Giraudeau (5), de Fritsch (6), (service de Meyner) et de Magnan, qui désignent la partie moyenne de la première temporale ; enfin deux cas mixtes de cécité et de surdité psychique, de Chauffard (8), et de D’Heilly et de Cliantemesse (9), dans laquels les deux régions sont atteintes.
Kussmaul, que nous citons le plus souvent, car c'est à lui que nous devons le travail le plus important sur les troubles de la parole, a déduit de tous ces faits plusieurs considérations générales, entre autres celles-ci.
« La troisième circonvolution frontale des hémisphères céré braux est d’une importance réelle pour la parole.
« On doit probablement attribuer la même importance à Vinsula.
« Il faut aussi faire remarquer que la troisième circonvolution frontale et l’insula de l’hémisphère gauche jouent ouvertement dans la parole un rôle plus important que l'hémisphère droit.
(1) Déjerine. In Skwortzorff. Cécité et surdité des mots dans l’aphasie. Thèse de Paris, 1883.
(2) Broadbent. Cérébral méchanism of though and speech. (Med. chir. trans. T. IV, 1872.)
(3) Magnan. Cécité des mois ou cécité psychique. (Compt. rend, de la Soc. de biol . , 5 mai 1883.)
(4) Wernicke. Des aphasische symptomus complex, p. 39, Breslau, 1874.,
(5) Giraudeau. Note sur un cas de surdité cérébrale. (Revue de médecine, 1882.)
(6) Fritsch. (Wiener medicinische Presse, 1880.)
(7) Magnan. Aphasie, surdité des mots ou surdité psychique. (Compt. rend, de la Soc. de biol., 12 mai 1883.)
(8) Chauffard. Sur un cas de surdité et de cécité cérébrales. (Revue de méd., 10 nov. 1881.)
(9) D Heiliy et Chantemesse. Note sur un cas de surdité et de cécité verbales. (Bull, de la Soc. anat., p. 324, 1883.)
Ce qui laisserait entendre que l’hémisphère droit peut posséder, jusqu’à un certain degré, le pouvoir de jouer un rôle dans l’exercice de la faculté du langage.
Détermination expérimentale de l’aphasie chez les hystériques dans l’état d’hypnotisme. — Si nous en croyons quelques expériences récentes, l’hypnotisme expérimental confirme cette manière de voir.
Ayant reconnu qu’il pouvait produire l’aphasie sur deux hystériques de son service, en état de somnambulisme, en exerçant une simple pression au niveau de la région temporale gauche, M. Dumontpallier eut l’idée de rechercher ce qu’il obtiendrait en pressant sur la région temporale droite, chez l’une, la nommée G..., en agissant sur le côté droit; il détermina ainsi l’aphasie et la perte du langage écrit. Il obtint aussi les mêmes résultats, chez l’autre, la nommée G...
Poussant plus loin ses recherches et ses expériences relatives à l’effet produit sur les centres cérébraux (psycho-moteurs) par les diverses excitations périphériques, M. Dumontpallier obtint les résultats suivants :
Si on faisait dire à la malade, en état de somnambulisme, le nom de plusieurs objets qu’on lui présentait et si on exerçait subitement au niveau du crâne qui correspond à la troisième circonvolution frontale gauche, la moindre action (pression, vent d’un soufflet capillaire), la malade perdait immédiatement la mémoire des mots qu’elle venait de prononcer.
Au contraire, si on exerçait la même pression au niveau du point crânien correspondant à la première circonvolution frontale gauche, on constatait que la malade conservait la mémoire des mots, mais qu’elle était frappée de l’oubli de l'usage des objets.
Ainsi, elle pouvait dénommer une clef qu’on lui présentait, mais était devenue incapable de dire à quoi servait cette clef.
Chez les deux sujets en expérience, on obtenait le môme résultat en agissant indifféremment sur la région frontale à droite et à gauche.
Pour rendre aux sujets la mémoire perdue, il suffisait dans tous les cas, d’exercer à nouveau la même pression sur le même point, en un mot, de répéter l’excitation.
Dans les expériences précédentes, si on attendait pendantun temps assez prolongé avant de rendre au sujet la faculté perdue, on constatait que cette faculté se rétablissait d’elle-même.
Si, au contraire, on maintenait le doigt au niveau du point touché, si, en un mot, on exerçait l’action d’une façon continue, on observait des oscillations de perte et de retour delà mémoire.
Bien que ces expériences n’aient été répétés que sur un petit nombre de sujets, elles n’en sont pas m($fns extrêmement importantes, car elles concordent dans une certaine mesure avec les données cliniques actuelles.
Elles méritent donc qu’on les reprenne et constituent telles qu’elles sont, ainsi que la constatation clinique de la localisation de la faculté du langage dans un hémisphère plutôt que dans l’autre, autant de preuves de l’indépendance fonctionnelle des deux hémisphères cérébraux.
Parallèle des phénomènes différents observés dans les lésions des deux hémisphères. — Il ne nous reste plus, avant de terminer ce chapitre, qu’à examiner, avec les différents auteurs qui se sont livrés à cette étude, si les lésions du cerveau présentent la même gravite, et les mêmes symptômes, selon qu’elles siègent dans l'hémisphère droit ou dans le gauche.
Depuis 1802, Brown-Séquard (1) a fait le relevé des principaux symptômes indiqués dans la plupart des observations de maladies de l’encéphale. 11 est arrivé ainsi à établir qu'il existe des différences très tranchées entre les symptômes des lésions traumatiques et organiques de la moitié droite et ceux des mêmes altérations de la moitié gauche du cerveau.
C'est ainsi, par exemple, que les lésions du côté droit produisent plus fréquemment des troubles variés de la nutrition (eschare, œdème, etc...,) et des évacuations involontaires.
ÀinsijSuràpeuprôs le même nombre de faits relatifs au côté droit et au côté gauche de l’encéphale, on trouve, pour les lésion de l’hémisphère droit, 49 fois des évacuations involontaires doubles, 19 fois des évacuations involontaires simples
(1) Brown-Séquard. Symptômes variés suivant le côté de l’encéphale qui a été lésé. (Bull, de la Soc. de biol . , 1S70, p. 27, 96, 116.)
(urine ou matières fécales) ; et pour l’hémisphère gauche, 24 fois des évacuations involontaires doubles et 11 fois des évacuations involontaires simples.
M. Brown-Séquard a démontré aussi que les lésions à droite sont plus souvent mortelles chez le cochon d’Inde, et les faits prouvent quelles le sont aussi plus rapidement. Il en est de même chez l’homme ; dans les cas de paralysie à gauche, dépendant cle lésions cérébrales droites, ces paralysies sont en général beaucoup plus considérables. Le même auteur a remarqué qu’il y avait une élévation de température plus grande après les lésions à droite qu’après les lésions à gauche.
Revenant sur cette question (1), M. Brown-Séquard a répété encore depuis que les régions de l’hémisphère droit donnent lieu à d’autres phénomènes que ceux de l’hémisphère gauche ; ainsi la déviation conjuguée des yeux, les convulsions, l’amaurose , la congestion pulmonaire, la production de l’œdème et des eschares se rencontrent de préférence quand c’est l’hémisphère droit qui est lésé.
A lésion égale, la paralysie est plus intense, la mortalité plus grande si la lésion siège dans l’hémisphère droit.
Les paralysies hystériques siègent beaucoup plus souvent dans les membres du côté gauche, l’hématome de l’oreille de même; cela indique une altération fonctionnelle de l'hémisphère droit.
M. Brown-Séquard ne croit point que ces faits soient le résultat d’une différence originelle entre les deux hémisphères. Il croit simplement que l’exercice et le fonctionnement ont seuls créé une différence plus sensible aux lésions. M. le professeur Charcot a aussi appelé l’attention sur la production de l’eschare delà fesse dans la lésion de l’hémisphère droit.
M. Prévost (2) a constaté aussi dans les lésions de l’hémisphère
(t) Brown-Séquard. Parallèle des phénomènes différents observés dans les lésionsde l’hémisphère droit etgauche du cerveau. (Bull, de la Soc. de biol. , 1871, p. 96.)
(2) Prévost. Déviation conjuguée des yeux dans le cas de destruction d’un seul hémisphère. Thèse de Paris, 1878, p. 140.
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droit une fréquence plus grande des convulsions de la tête et des yeux.
Le Dr Fleury est arrivé à des conclusions différentes.
« Au point de vue du pronostic, nous dit-il, toutes choses égales d’ailleurs, il est toujours plus grave à la suite d’un ictus apoplectique de rester paralysé de la moitié droite que de la moitié gauche du corps (1) ».
11 ressort aussi des faits, exposés parM. Luysdansun récent travail, que les hémiplégies droites , avec lésion du lobe gauche, sont accompagnées presque toujours de symptômes spéciaux, c’est-à-dire d’excitation des facultés émotives (2).
M. le professeur Jaccoud, s’appuyant sur le fait que les ramollissements emboliques sont plus fréquents à gauche qu’à droite et que ceux-ci proviennent surtout de l’artère de sylvius, s’était montré disposé à expliquer l’apparition plus fréquente des troubles de la parole dans les lésions de l’hémisphère gauche, simplement par la plus grande fréquence de ï embolie de V artère sylvienne gauche (3).
La statistique n’est pas venue confirmer une telle affirmation.
Il est juste de dire que, dans les deux études comparatives de Meissner (4), sur 38 cas d’embolie unilatérale de l’artère sylvienne ou de la carotide, ces artères furent oblitérées 26 fois à gauche et 12 fois seulement à droite. Bertin (5) note même des embolies de la carotide et de la sylvienne, 31 fois à gauche et 7 fois seulement à droite. Mais, pour Kussmaul, si on compare la proportion des noyaux de ramollissement dans V hémisphère droite ou gauche , de quelque nature qu'ils soient , on constate qu'ils se produisent à droite encore plus fréquemment qu'à gauche (6).
(1) De Fleury. Du dynamisme comparé de deux hémisphères cérébraux, 1873, p. 136.
(2) Luys. Hémiplégies émotives. (Encéphale, 1881. T. I, p. 398.)
(3) Jaccoud. Leçons sur l’aphasie. (Clinique médicale. T. II.)
(4) Meissner. (Schmidt’s Jahrb. Band CXVII, p. 248. Band CXXVI, p. 340.)
(5) Berlin. (Sclnnidt’s Jahrb. Band CXLVII, p. 288.)
(6) Kussmaul. Les troubles de la parole, 1884, p. 181.
Cette dernière opinion se rapprocherait de celle d’Andral(l), qui dans 169 cas de ramollissements cérébraux, les rencontra 73 fois à droite, 63 fois à gauche et 33 fois dans les deux hémisphères.
Mais l’auteur qui a poussé le plus loin les études comparatives sur la gravité et la fréquence des deux côtés du corps est M. le Dr Gaétan Delaunay.
Pour cet auteur, il est avéré que certaines maladies ont une tendance marquée à se localiser du côté droit tandis que d’autres s’installent toujours du côté gauche.
Nous retiendrons de toutes les opinions que nous venons de passer en revue un seul fait que ne détruit pas le désaccord qui semble régner souvent entre les auteurs : c’est que les lésions de chacun des deux hémisphères ne se présentent pas avec le même cortège de symptômes et la même gravité.
Au point de vue du pronostic et de la symptomatologie, il régnerait donc entre eux une certaine indépendance qui ne doit point nous étonner, puisque nous savons déjà que cette indépendance existe au point de vue du fonctionnement physiologique.
Conclusions. — En résumé, chacun des quatre groupes de faits consignés dans ce chapitre nous a fourni des preuves importantes en faveur de la théorie de l’indépendance fonctionnelle de chaque hémisphère. Les données physiologiques sont pleinement confirmées par la clinique et l’anatomo-pathologie.
(1) Andral. Clinique médicale. T. III, p. 377-378.