PREUVES TIRÉES DE L’ETUDE DE L’HYSTÈRO-ÉPILEPSIE
Appelé par M. Dumontpallier à l’honneur de collaborer aux recherches entreprises dans son service, à la Pitié, nous avons pu, pendant plusieurs années, nous initier à l’étude si intéressante et si difficile de l’hystéro-épilepsie.
Cette étude, nous l’avons poursuivie avec ardeur, persuadé que notre assiduité et nos efforts nous fourniraient le meilleur moyen de remercier notre excellent maître de la bonté dont il nous a donné tant de témoignagnes et des conseils éclairés qu’il nous a si libéralement prodigués.
La connaissance de l’hystérie devait nécessairement précéder les expériences sur l’hypnotisme expérimental, dont les résultats sont consignés dans le dernier chapitre de ce travail.
D’autre part, aucune maladie ne présente un ensemble de symptômes caractéristiques plus propres à fournir, à priori, des preuves sérieuses de l’indépendance fonctionnelle des hémisphères cérébraux.
Ce sont ces deux raisons qui nous ont déterminé à réunir ce qui a trait à l’hystérie dans un chapitre spécial.
Tendance des symptômes de l’hystérie à se localiser d’un seul côté du corps. — Dans l’examen symptomatologique de cette névrose, ce qui frappe tout d’abord, c’est la tendance bien marquée que présentent les symptômes à se localiser d’un côté ou de l’autre du corps.
Dans l’hystérie, on peut dire que l’unilatéralité des phénomènes est la règle.
Tous les auteurs ont été frappés de ce fait remarquable, que les troubles de la sensibilité, qui sont les premiers par ordre de fréquence, se manifestent souvent sur un côté seul du corps.
Pour Briquet, qui n’attachait pas à l’anesthésie hystérique toute l’importance qu’on lui a reconnue depuis, l’hémi-anesthésie complète se rencontre 96 fois sur cent. Relativement à la fréquence, on trouve, d’après le même, 70 cas pour le côté gauche et 20 pour le droit (1).
M. le professeur Charcot, dans ses remarquables leçons sur les maladies du système nerveux , a consacré plusieurs chapitres fort instructifs à l’étude de l’hémi-anesthésie hystérique, symptôme qu’il considère, dans la clinique de l’hystérie, comme d’autant plus important qu’il est à peu près permanent.
Il insiste, en ces termes, sur la netteté avec laquelle cette anesthésie se délimite :
« Les deux moitiés du corps étant séparées par un plan antéro-postérieur, tout un côté, — face, cou, tronc, etc., — a perdu la sensibilité, et si, très souvent, la perte de cette sensibilité porte seulement sur les parties superficielles, elle envahit quelquefois aussi les régions profondes (2). »
Cette hémi-anesthésie est assez exactement limitée par la ligne médiane, pour qu’une malade plongée dans un bain ne perçoive que d’un côté la sensation de l’eau. Une hystérique présentait une anesthésie si nette d’une moitié de la face que, lorsqu’elle buvait, il semblait que le verre était cassé, tant la terminaison était brusque (3).
Les auteurs de V Iconographie photographique de la Salpê-
(1) Briquet. Traité clinique et thérapeutique de l’hystérie. Paris,
(2) Charcot. Leçons sur les maladies du système nerveux, 1880 T. I, p. 302 et suiv.
(3) Lebreton. Des différentes variétés de la paralysie hystérique- Thèse de Paris, 1868, p. 38.
trière ont constaté l’hémi-anesthésie chez presque toutes les malades qu'ils ont observées. Dans une de leurs statistiques, portant sur 34 malades, le côté gauche avait été envahi primitivement 23 fois, et le côté droit 11 fois (1).
Cette anesthésie n’intéresse pas seulement la sensibilité de la peau dans tous les modes, mais encore la sensibilité spéciale. Elle affecte également les muqueuses de la moitié du corps (conduit auditif, paupière, œil, narine, bouche, langue, palais, vulve). Elle s’arrête très nettement : en arrière, à la ligne des apophyses épineuses, en avant, sur la ligne médiane.
Le sens musculaire disparaît aussi du côté anesthésié et le malade ne se rend plus compte, dans ce cas, de l’attitude imposée à ses membres.
L’amyosthénie, comme le dynamomètre permet de s’en assurer, est toujours beaucoup plus marquée du côté hémi-anesthésié. La jambe de ce même côté fléchit souvent sous le poids du corps.
Briquet avait aussi vu les troubles localisés et la sensibilité spéciale, et il mentionne l’existence de divers phénomènes morbides qui occupent l’œil, du côté où siège l’hémi-anesthésie. Ces troubles, quand l’anesthésie est complète, peuvent donner lieu à une véritable amaurose.
On doit à M. Galezowski (2) d’avoir montré que l’amblyopie des hystériques hémi-anesthésiques s’accompagne assez habituellement d’achromatopsie hystérique générale ou partielle.
M . Landolt (3) , par des recherches entreprises sous la direction de M. Charcot, a établi que cette perversion du sens de la vue
(1) Bourneville et Regnard. Iconographie photographique de la Salpêtrière. T. II, 1878. passim. T. III, 1879-80.
(2) Galezowski. Troubles visuels hystériques. (Recueil d’ophtalmol.,
(3) Landolt. Etude sur l’achromatopsie dans l’hémi-anesthésie des hystériques et dans l'hémi-anesthésie liée à la présence d’une lésion organique en foyer de l’un des hémisphères. (Progrès médical, janvier 1878, Gaz. des Hôp., mars 1878.)
s’opérait selon certaines lois déterminées dont il nous suffit d’indiquer l’existence.
Survient-il chez l’hystérique des troubles mentaux ? Ces troubles eux-mêmes affectent la forme unilatérale.
M. le professeur Charcot a beaucoup insisté sur la relation constante qui existe entre les sens atteints d’hallucination et le siège de l’hémianesthésie (1).
Il est très commun que les hystériques hémianesthésiques, même dans leurs périodes d’accalmie, soient tourmentées par la vision imaginaire d’animaux, de chats, de rats, de bêtes fantastiques, qui semblent courir sur le parquet et sur le mur voisin. Ces animaux, généralement de couleur noire ou grise, plus rarement d’un rouge vif, se présentent, pour chaque malade, du même côté, et ce côté, où l’hallucination se dessine, est toujours celui qui correspond à l’hémianesthésie et, par conséquent, à l’amblyopie.
Les hallucinations de l’ouïe ne sont pas moins fréquentes que celles de la vue, elles affectent l’oreille du côté hémianesthésique.
Baillarger (2) et Calmeil (3) avaient signalé, chez des hystériques, ces hallucinations de l’ouïe limitées à un seul côté.
Quelquefois les malades rapportent au toucher quelquesunes de leurs hallucinations. Ainsi, par exemple, l’une d’elles, pendant un rêve érotique, s’imagine qu’un homme s’approche d’elle et couvre de baisers le côté hémianesthésié (4).
Si l’anesthésie se complique de contractures, on voit ces contractures affecter fréquemment la forme hémiplégique et s’installer presque toujours d’un seul côté du corps.
Gomme pour l’anesthésie, le siège de prédilection de la paralysie est à gauche. Alors qu’il avait vu les muscles des
(1) Charcot. Sur un trouble particulier de la vision chez les hystériques. (Progrès médical, janvier 1878.)
(2) Baillarger. Des hallucinations. Paris, 1841, p. 300.
(3) Calmeil. Art. Hallucinations. (In dictionnaire de médecine en 25 volumes.)
(4) Axenfeldet Huchard. Traité des névroses, 1883, p. 933.
membres paralysés chez 43 malades, Briquet ne les avait vus paralysés du côté droit que chez 14.
Les faits de Landouzy concordent avec ceux de Briquet, seulement cet auteur néglige parfois de signaler le côté hémiplégie.
Pour Axenfeld(l), l’hémiplégie hystérique siège aussi le plus souvent du côté gauche. M. Macario (2), en 1857, dans un mémoire sur les 'paralysies dynamiques et nerveuses , termine son chapitre sur la paralysie hystérique en disant : « Il est plus fréquent de la voir envahir une moitié seulement du corps et de préférence le côté gauche. »
Depuis lors, de nombreux auteurs se sont occupés de ce phénomène. Tous ont été d’accord pour constater que les paralysies hystériques à forme hémiplégique sont les plus fréquentes (3).
L’hémianesthésie et l’hémiplégie hystériques sont de cause cérébrale. — Les premiers observateurs qui cherchèrent la cause de l’hémianesthésie hystérique crurent la trouver dans le côté atteint lui-même.
Weber(4) l’attribuait à la sensibilité exagérée du côtégauche. Tony Moilin (5) voulait qu’élle fût due à l’imperfection générale du côté gauche. Aucune de ces explications n’était rationnelle et ne méritait d’être prise en considération. Aujourd’hui, on sait que le point de départ de ces symptômes est d’origine cérébrale.
De Fleury, après de minutieuses et persévérantes recher-
(1) Axenfeld. Traité des névroses, 1863, p. 647.
(2) Macario. Des paralysies dynamiques et nerveuses, (Montpellier. Gaz. méd., 1853, p. 241.)
(3) Lasègue. Sur l’anesthésie et l’ataxie hystérique, 1864.
— Coronel. De l’hémiplégie hystérique. Thèse de Paris, 1875.
— Desbrosse. De l’hémiplégie hystérique. Thèse de Paris, 1876.
— Chevalier. De l’hémiplégie hystérique. Thèse de Paris, 1877,
(4) Weber. Tastsinn und Germeingefuhl,(in Wagner’s Handworterbuch der Physiologie, 1848.)
(5) Tony Moilin. L’homme droit et l’homme gauche.
ches, est arrivé aux conclusions suivantes, qui nous offrent trop d’intérêt pour n’ètre pas reproduites in-extenso :
« L’hémiplégie hystérique confirmée est toujours, alors même qu’une lésion de la moelle l’aurait déterminée, sous la dépendance suprême d’un trouble fonctionnel cérébral.
a Dans l’immense majorité des cas, c’est sur la moitié gauche du corps que siège cette hémiplégie, et par conséquent dans l’hémisphère droit (en raison des effets croisés) que se produit le trouble fonctionnel.
« Les excitations objectives ôtant identiques à la périphérie pour chaque côté du corps, l’inégalité d’effets accusés par chacun des foyers cérébraux ou agents de perception implique une inégalité correspondante dans leurdynanisme fonctionnel.
« L’anatomie physiologique contemporaine montre que les manifestations réactionnelles motrices sont constamment la traduction médiale et réfléchie d’une excitation incidente. Chaque hémisphère cérébral élabore donc en perception et élimine par la transformation en actes, les impressions incitées vers l’encéphale, et celui des deux appareils qui est le moins apte à s’en décharger est manifestement le plus faible en puissance dynamique.
« Ce rôle est celui de V hémisphère cérébral droit , qui n’est pas, en réalité, plus que son congénère, un organe d'affectivité , mais qui, moins puissant en réaction effective, est plus naturellement exposé que son homologue aux atteintes d’une névrose de la sensibilité.
« Ainsi s’explique comment le côté gauche du corps, dont le réophore cérébro-spinal est sous la dépendance de la pile cérébrale droite , est presque toujours le siège de T hémiplégie hystérique. Accablé par un excès d’impressions sensitives qu’il ne suffit pas à s’approprier, cet appareil cérébral voit les membres auxquels il commande frappés d’anesthésie et secondairement de paralysie (1). »
(J) De Fleury. De l’hémiplégie hystérique: comment et pourquoi elle siège habituellement à gauche. (Journal de médecine de Bordeaux. 4e série, lr« année, n° 1, 1871.)
Il n’est pas possible de plaider avec plus d’insistance et de fermeté la cause de l’indépendance fonctionnelle des hémisphères. Nous n’ajouterons rien de plus.
Bornons-nous, pour l’instafch, à retenir ce fait que, de l’étude des phénomènes qui se rencontrent dans l’hystérie, il ressorte nettement que le plus souvent tout au moins les diverses manifestations de cette névrose affectent un caractère d’hémilatéralité des’ plus remarquables. >
Or, comme l’a si complètement démontré Briquet, ces diverses manifestations symptomatiques sont évidemment sous la dépendance des modifications que peuvent présenter les centres nerveux de l’hystérique. C’est là un point sur lequel tous les auteurs sont actuellement d’accord. Dès lors, ne semble-t-il pas légitime d’induire que ce caractère d’unilatéralité indique un état différent des deux moitiés symétriques qui constituent ces centres?
L’expérimentation, d'ailleurs, vient ici encore confirmer les données fournies par l’opération.
Expériences métalloscopiques. Phénomène du transfert. — Les résultats des expériences métalloscopiques sont, entre autres, tout particulièrement intéressants.
Au mois d’août 1876. M. le Dr Burq demandait à la Société de biologie de vouloir bien nommer une commission chargée d’étudier quels étaient les résultats de l’application des métaux à la surface cutanée.
MM. Charcot, Luys, Dumontpallier furent désignés pour faire partie de cette commission. En même temps qu’ils vérifiaient la parfaite exactitude des faits énoncés par M. Burq, ces observateurs constataient, dans le cours de leurs expériences, des phénomènes nouveaux.
De tous, le plus intéressant au point de vue qui nous occupe est sans contredit celui du transfert. Sur les sujets soumis aux applications métalloscopiques, M. Gellé remarqua que du côté où l’acuité auditive était normale au début de l'expérience, cette acuité auditive, à la fin, avait diminué dans une mesure sensiblement proportionnelle à celle dont elle avait augmenté dans le côté malade sur lequel on avait opéré avec le métal.
En présence de ce résultat, M. Duraontpallier (1) voulut voir ce qui avait lieu du côté de la sensibilité générale. L’application métallique sur le côté anesthésique lui permit de constater que la sensibilité, en même «temps qu’elle revenait sur ce côté, disparaissait du côté opposé dans les points homologues. Il proposa à la commission le mot de transfert pour désigner ces phénomènes, terme qui fut adopté et qui a reçu depuis la consécration de l’usage. Les recherches de M. Landolt sur la sensibilité oculaire vinrent confirmer de tous points ce que M. Gellé avait constaté pour l’ouïe, et ce que M. Dumontpallier avait vu pour la sensibilité générale. Quand on rendait la vue à gauche, on la faisait perdre à droite, et cela suivant des degrés déterminés.
Il y avait évidemment là une action cérébrale. Les expériences faites par la commission sur les phénomènes d’arrêt viennent encore à l’appui de cette façon de voir.
L’observation suivante, due à M. Dumontpallier, possède, à cet égard, comme le fait justement remarquer M. Ri cher, une importance décisive :
Un métal neutre n’entrave l'effet d’un métal actif que s’il est appliqué entre ce métal actif et le centre cérébro-spinal.
Cette action d’arrêt n’a pas lieu si l’obstacle apporté par le métal neutre est placé au delà, c’est-à-dire entre le métal actif et l’extrémité du membre.
Dans le même ordre d’idées, il faut rapprocher des phénomènes de transfert celui des oscillations consécutives. On voit dans ce cas la sensibilité et l’anesthésie se succéder alternativement sur chaque moitié du corps; le côté droit, par exemple, devient sensible, alors que le côté gauche devient anesthésique et réciproquement. Il y a là, pour ainsi dire, continuation, répétition du transfert pendant un temps plus ou moins long.
(t) Dumontpallier. Rapport fait à la Soc. de biologie sur la métalloscopie, etc., 1877.
La métalloscopie, la métallothérapie. Conférences faites à la Pitié, 1880, p. 15 et suiv.
Ces oscillations, constatées par M. Charcot sur des hystériques (1), peuvent se montrer d’ailleurs en dehors de tout état pathologique. Rumpf (de Dusseldorf) (2) a publié le résultat d’expériences dans lesquelles les oscillations de la sensibilité d’un côté à l’autre ont été observées sur des personnes saines. Ici il s’agit de phénomènes physiologiques. Mais, dans ce cas, ces oscillations ne se montrent pas de tous points semblables à leurs analogues chez les hystéro-épileptiques. Il n’y a pas anesthésie complète d’un côté, sensibilité complète de l’autre. Le phénomène est plus délicat et demande une observation plus minutieuse. Il ne s’agit, en effet, que de différences de degré dans l’état de la sensibilité. Si la sensibilité augmente d’un côté, elle diminue au même moment de l’autre et réciproquement.
Action æsthésiogène des divers agents physiques. — Les
plaques métalliques peuvent, dans toutes ces expéi'iences, être remplacés par différents agents physiques. Les mêmes résultats sont obtenus au moyen de l’aimant, des courants électriques faibles, des vibrations sonores et, en un mot, de tous les agents décrits sous le nom d’æsthésiogènes. Les excitations mécaniques faibles et répétées ont une action analogue (3). Mais il est juste de dire que ce sont précisément les recherches métalloscopiques de M. Burq qui ont attiré l’attention sur les modifications de la sensibilité déterminées par les diverses excitations périphériques.
Les applications métalloscopiques présentent toutefois cet avantage qu’elles sont faciles à réaliser, et dans la pratique d’un emploi très commode. Elles nous fourniront de plus, comme nous le verrons plus loin, un procédé facile d’expérimentation, en nous permettant de répartir la sensibilité des malades à notre gré sur telle ou telle région, et partant de modifier à notre gré aussi les phénomènes hypnotiques.
(1) P. Richer. Etudes cliniques surla grande hystérie, 1881, p. 537. — Conférences clin, de la Salpêtrière. (In Progrès médical, 1878.)
(2) Berliner Klinische Wochenschrift, 1879, n° 36.
(3) P. Magnin. ^Gompt. rend, de la Soc. de biologie, décembre 1883 )
Quoi qu’il en soit, les conclusions du rapport sur la métalloscopie ont eu à l’étranger un retentissement considérable.
Depuis sa publication, un grand nombre de recherches ont été entreprises dans le même ordre d’idées ; toutes sont venues confirmer les deux points principaux de ce travail, à savoir : 1° la possibilité du transfert ; 2° la relation de toutes ces manifestations périphériques de l’hystérie avec les organes centraux.
Un des travaux des plus intéressants faits à ce point de vue est celui de Rosenthal. Cet auteur a observé souvent une torpeur de l’un des hémisphères dans les cas d’hystérie grave.
Par torpeur générale, il entend le défaut de réaction contre le courant électrique appliqué sur l’une des deux moitiés du crâne, tandis que l’ouverture et la fermeture d’un courant appliqué sur l’autre moitié détermine des secousses douloureuses, du vertige, des tintements d’oreilles, la vue d’éclairs, un goût métallique dans la bouche (1).
Le même auteur pense que l’explication du transfert doit être recherchée dans une excitation des centres vaso-moteurs par les agents périphériques, dont l’application sur la peau développe le phénomène en question; il en résulte une contraction des vaisseaux de l’hémisphère du côté opposé, qui s’accompagne d’un relâchement compensateur des vaisseaux de l’hémisphère du côté opposé où siège l’anesthésie. De là, déplacement des troubles de la sensibilité générale et sensorielle, et de la torpeur cérébrale. La facilité avec laquelle se produisent ces contractions vasculaires, déterminées à distance par des irritations minimes, tientfà un défaut de résistance, à une vulnérabilité congénitale acquise de l’appareil vaso-moteur qui, pour Rosenthal, constitue l’essence même de l’hystérie.
Il ne nous appartient pas de discuter la valeur de cette interprétation du transfert. Nous avons voulu simplement le faire connaître.
(1) Rosenthal. Untersuchungen und Beobachutngen iiber Hystérie und Transfert. (Arcli. fur Psychiatrie und Nervenkrankh. Band XII, Heft. l.)
Conclusions. — Dans le cours de cette étude, nous avons pu constater que tous les phénomènes hémi-latéraux qui s’observent spontanément chez l’hystérique à l’état de veille, que tous ceux que l’emploi des æsthésiogènes met en évidence en dehors de la somniation provoquée, sont déjà très intéressants au point de vue qui nous occupe. Mais bien plus démonstratifs encore sont ceux que l’on peut obtenir pendant l’hypnotisme. Leur précision est d’autant plus grande qu’ici la volonté’du sujet en expérience ne peut intervenir en quoi que ce soit. L'observateur véritablement compétent et instruit se trouve, comme l’a fait remarquer M. le professeur Charcot, à l’abri de toute erreur de ce côté.
Ce sont ces résultats expérimentaux que nous allons étudier dans la fin de ce travail, dont ils constituent d’ailleurs la partie essentielle, originale.