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CHAPITRE V

Le juif -err autisme. — La léthargie.

En général, les détraqués hystériques n'aiment point rester en place. Leur humeur ne s'accommode pas à voir toujours les mêmes scènes. Ils cherchent le mieux infatigablement et ne le trouvent jamais.

Pour Bénédict, tout

VAGAGOND SERAIT NEURAS- THÉNIQUE ; il ne peut s'astreindre à une occupation stable, et change toujours sans aucun motif.

Tels ces Derviches qui parcourent l'Asie musulmane et, de temps en

temps, s'offrent en spectacle, tournant et hurlant. Tels ces moines bouddhistes, décrits par le père

Hue (10) et qui parcourent sans cesse le Tibet.

Fig. 14. —Le Juif-Errant, d'après une image populaire tirée du cabinet des Estampes à la Bibliothèque Nationale.

HYPNOTISME, RELTGION 49

Parfois, une secte entière inscrit le vagabondage comme précepte religieux.

En Russie, les Biegouny (19) ou fuyards ne font que courir d'un endroit à l'autre. Ils n'admettent ni les mariages, ni l'impôt, ni la loi. De temps en temps, un fuyard s'exaspère, attaque un pope, fait du bruit dans l'église. On les retrouve en Sibérie, jusque dans l'Altaï.

Les Molokanes préfèrent le Caucase où ils errent à la recherche de la terre promise.

Les Stranniki ou Errants parcourent sans cesse les forêts et les montagnes, à la recherche de « l'eau blanche » qui les purifiera de leurs péchés et leur procurera des trésors sans fin.

Au xvl0 siècle, sévit en Europe occidentale une épidémie analogue. Des masses d'anabaptistes parcouraient la Suisse, l'Alsace, la Pologne, l'Allemagne, rebaptisant les chrétiens et entraînant à leur suite des flots de paysans enrégimentés.

Mais l'histoire la plus curieuse est celle du Juif errant que nous décrivent Charcot et Meige ("20). Ce malheureux, aux traits fatigués, à l'aspect triste et minable, aux vêtements en haillons, à la barbe longue et broussailleuse, qui parcourait l'Europe sans pouvoir jamais s'arrêter, était légendaire au moyen âge (iig. 14).

Il en existe encore. Il y a peu d'années, il en arrivait à la Salpêtrière, attirés par la renommée du maître, demandant la guérison de mille maux imaginaires, céphalée, lumbago, douleurs névralgiques, tels qu'en accusent les hystéro- neurasthéniques.

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