CONTRACTURE NERVEUSE TRAUMATIQUE
colère violente qui a modifié cette modalité nerveuse si opiniâtre ? Est-ce la nécessité de marcher et de vagabonder à travers la ville qui a créé la diversion psychique curatrice contre laquelle la malade se raidissait inconsciemment depuis des années ?
Observation XI. — Contracture douloureuse du bras droit datant de huit mois {suite de fluxion buccale). — Guêrison en trois jours par suggestion.
Julie G., âgée de seize ans, a toujours été un peu souffreteuse depuis son enfance, au dire de sa mère. Celle-ci ainsi qu'une autre de ses filles, sont névropathes, sans être hystériques. La malade a eu à l'âge de deux ans une scarlatine suivie d'otite suppurée; les oreiUes coulent encore par moments, et l'ouïe serait parfois dure. — A l'âge de huit ans, elle eut une fièvre typhoïde, pour laquelle elle serait restée malade pendant cinq mois. Depuis, elle aurait une céphalalgie persistante; l'humeur assez sombre, l'appétit un peu capricieux, en général bon. Assez intelligente, laborieuse, d'un caractère doux, elle est impressionnable et peureuse ; elle dort bien en général la nuit. — Elle est bien constituée, lymphatique; — elle n'est pas anémique.
Le 3 janvier 1889, elle eut un gonflement de la bouche qui parut être un abcès et finit par guérir sans s'ouvrir, laissant une dépression cicatricielle linéaire visible derrière l'angle de la mâchoire droite, mesurant 3 centimètres de longueur. Le gonflement, a duré cinq ou six semaines, — ou du moins la malade serait restée alitée cinq ou six semaines avec des douleurs atroces, malgré le traitement : cataplasmes en permanence, sulfate de quinine, antipyrine, etc.. La mère dut la veiller pendant douze nuits consécutives, tant la malade gémissait.
Enlln, vers la fin de février, elle put reprendre son état de couturière; elle travailla pendant treize jours, se plaignant toujours de douleurs dans la tête et à la face, au siège de l'abcès.
Le 20 mars pendant qu'elle cousait, elle ressentit des douleurs dans la main droite; c'étaient des fourmillements, souvent avec élancements douloureux dans le membre. Au bout de huit jours la malade ne pouvait plus fermer la main ; — presque en même temps le bras se contractura et elle ne pouvait plus plier le coude; la douleur était vive dans tout le membre. Cette douleur et cette contracture persistèrent jusqu'à ce que la malade me fût amenée
â la consultation par le D'' X... On appliqua huit vésicatoires; on électrisa pendant quatre mois, tous les deux jours, le membre contracturé et douloureux;— on lui fit prendre des bains de Barèges, deux par semaines ; on administra le fer, le bromure, le quinquina, sans résultat. En août, à la suite de l'éleclrisation, on arrivait à fléchir et étendre la main; mais spontanément la malade ne pouvait le faire.
Le mal de tête disparut presque aussitôt que la contracture des membres se produisit, et ne revint plus. Dans les deux derniers mois, les douleurs augmentèrent d'intensité et s'accompagnèrent d'insomnie.
Le D"" X... pensant à une névrite montra la malade à mon collègue M, Gross., qui diagnostiqua une névrose et me l'adressa.
Je constatai une contracture douloureuse dans tout le membre en extension, la flexion spontanée des articulations était impossible; on arrivait lentement à fermer la main, mais elle se rouvrait spontanément, comme un ressort. L'élévation du bras déterminait des douleurs intenses.
Je constatai qu'il ne s'agissait pas d'une névrite, la douleur n'étant pas particulièrement localisée sur les nerfs du plexus brachial. Je pus même presser vivement ces nerfs en affirmant, au préalable, à la malade que la région que je touchais n'était pas douloureuse. Je pus d'autre part, en touchant le pectoral ou les muscles de la nuque, localiser la douleur à volonté, par affirmation. Je touchais tel point arbitraire, en dehors de la sphère du plexus brachial ou cervical et faisais pousser des cris à la malade en disant : «c Voici le nerf douloureux. » Si je pressais au contraire les nerfs brachiaux et disais : i Ici, il n'y a pas de douleur », la malade ne i^éagissait pas.
Je vis la malade le 11 novembre; je l'hypnotisai facilement; elle arriva en sommeil profond, bien que se souvenant de tout au réveil. Je lui suggérai la disparition de la contracture et des douleurs; je lui fis pendant l'hypnose ouvrir et fermer la main ; je lui fis élever le bras presque verticalement, en neutralisant, par suggestion vigoureuse, la raideur que la malade tendait à opposer aux mouvements passifs provoqués ou actifs suggérés. Réveillée au bout de dix minutes environ, elle put d'abord sur mon injonction ouvrir et fermer la main, et lever le bras sans manifester de douleur. Mais bientôt, après peu de minutes, son auto-suggestion reprenant le dessus, elle raidit son membre, reconstitua la douleur et trouva que c'était toujours la même chose.
Elle revint le lendemain, obUgée pour ainsi dire par le D'' X...,
COiNïRACTUIlE NERVEUSE TRAUMATIQUE
car la malade ne voulait pas revenir, disant que je n'avais pu rien faire, que j'avais dit qu'elle n'avait plus mal et que cependant elle avait toujours mal. Je l'hypnotisai une seconde fois ; et cette fois le sommeil fut plus profond, la malade n'eut au réveil qu'un souvenir incomplet de ce qui s'était passé. Je neutralisai de nouveau la raideur et la douleur par suggetion. L'effet fut plus persistant au réveil et la malade eut quelque confiance. Cependant la raideur ne disparut pas complètement; la malade pouvait et put encore le lendemain spontanément fléchir et étendre ses doigts, fléchir et étendre lentement le coude.
Le surlendemain troisième séance. Je conduisis cette fois-ci la malade dans les salles de l'hôpital et la fis assister à l'hypnotisation de plusieurs autres personnes : je lui montrai en particulier une femme qui avait aussi une paralysie douloureuse d'un bras, guérie par suggestion. — Quand son esprit fut bien impressionné par ce qu'elle avait vu, je l'hypnotisai et pour celte fois elle tomba en sommeil profond avec annésie complète au réveil. La résolution fut complète : il n'y eut plus de tendance au retour de la contracture : la malade hésitant encore à fléchir et à étendre le poignet et faisant tous les mouvements de la main avec les doigts seuls, je lui affirmai à l'état de veille qu'elle pouvait remuer le poignet comme avant : ce qu'elle fit en effet sans difficulté. Le lendemain elle revint, radieuse, montrer que la guérison était totale et s'était maintenue. Il ne restait plus qu'un certain degré d'atrophie musculaire consécutive à l'inertie prolongée.
La guérison ne s'est pas démentie.
Voilà donc une contracture douloureuse d'un membre datant de plus de huit mois, ayant résisté à toutes les médications, guérie en trois jours par simple suggestion. Déjà l'iQtensité insolite de la douleur accompagnant une fluxion buccale, la durée de cette douleur pendant cinq ou six semaines, l'insomnie complète indiquaient un état névropathique, greflé sur une aflection légère. L'action de coudre appela la diathèse nerveuse éclose par l'afiection faciale, sur le bras droit sous forme de contracture douloureuse.
Bien qu'il s'agisse d'une affection chirurgicale qui a donné lieu à la contracture, nous avons cru cependant pouvoir ranger ce cas dans le cadre des névroses traumatiques.
270 HYPNOTISME, SUGGESTlOiN, PSYCHOTHÉRAPIE
Observation XII. — Hyperesthésie du membre infiirieiir droit avec contracture mmclaire, suite de chute. — Guérisonde Vhypéreslhésie ■par suggestion, de la déviation due à la contracture musculaire par chloroformisation et appan il plâtré. (Observation recueillie par par M. le professeur agrégé Vautrin.)
E... François, dix-huit ans. — Père très nerveux, non alcoolique ; ses grands parents paternels également nerveux. — Mère bien portante. Antécédents personnels : pas de maladies antérieures. Le malade est d'un tempérament lymphatique, a toujours été très impressionnable, et pouvait à peine modérer son émotion. Cependant il n'aurait jamais eu d'accidents nerveux. Il se souvient qu'un jour, dans son enfance, s'étant frappé le dos de la main droite contre les barreaux d'un escalier, sa main resta raide pendant un mois.
Quinze jours avant son entrée à l'hôpital, étant dans la cour du petit séminaire de Pont-à-Mousson, où il était élève, en train de jouer avec ses camarades, il trébucha contre une pierre et tomba sur le genou droit. Il ressentit une vive douleur sur-le-champ. Mais ce ne fut que deux jours après que, pendant la promenade, il remarqua qu'il traînait la jambe, que cette jambe était plus faible, et qu'en même temps il avait des douleurs dansle genou et la hanche; il se mit alors à s'appuyer sur l'épaule d'un de ses camarades. La faiblesse du membre augmenta et cinq jours après l'accident, K... entra à l'hôpital de l'établissement, où on lui mit un vésicaloire sur le genou. Le mal ne fait qu'empirer, et la cuisse et la jambe se contraclurèrent. C'est en cet état que, ne pouvant marcher, on l'apporta dans le service de chirurgie de M. le professeur Gross.
Etat au 28 mai 1888. — Ce jeune homme accuse surtout de vives douleurs dans le genou droit avec lancées dans la cuisse et la jambe.
Au lit, le membre repose sur sa face externe, dans la flexion de la cuisse sur le bassin et de la jambe sur la cuisse. Le plus léger attouchement détermine de la douleur et des soubresauts impossibles à localiser. E... crie dès qu'on l'approche. L'hyperesthésie est très prononcée, au point que la couverture du lit même cause des douleurs. On ne constate cependant aucun gonflement de l'articulation, ni des os, pas de fièvre, l'appétit est conservé. Il n'y a donc pas d'ostéomyélite. D'ailleurs, la jambe et la cuisse participent à l'affection.
Si on fait lever le malade, on constate qu'il quitte le lit avec les
CONTllACTURE DOULOUREUSE T1UU.MATIQUE
plus grandes précautions et qu'une fois ù terre, il porte le poids du corps sur le membre inférieur gauclae. Faisons-le marcher: il pose le pied en valgus, tandis que le genou est en valgus aussi, c'est-àdire forme un angle ouvert en dehors et en avant. Douleurs vives pendant la marche.
Pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'afTeclion de la hanche, dont la douleur du genou serait sj'mptomatique, M. le professeur Gross fit endormir le malade au chloroforme. La résolution fut complète et l'on ne constata rien d'anormal dans le fonctionnement de la cuisse.
On essaya pendant quelques jours des applications de pointes de feu sur les trajets nerveux et aussi sur le genou, — sans résultat.
C'est alors que M. le professeur Bernheim endort le malade assez facilement; et dès la première séance enlève l'hypereslhésie.
La conlraclure et les déviations résistèrent aux suggestions. On endormit alors E... au chloroforme et on lui mit un appareil plâtré pour redresser son membre et le mantenir dans une bonne position. Le malade supporta l'appareil sans douleurs, et il sortit ainsi quelques jours après (le 11 juillet 1888) pouvant marcher et regrettant même une guérison trop complète qui l'exposait à devenir soldat plus tard. Au bout d'un mois et demi, il enlève l'appareil qui lui emboîtait le pied, la jambe et la cuisse, et comme son membre avait encore une tendance à la raideur, il va, sur le conseil de M. le professeur agrégé Vautrin , trouver M. le professeur Bernheim. En deux séances de suggestion cette opportunité de contracture disparaît et depuis le malade n'a pas eu de rechute. Nous l'avons vu ces jours derniers; il ne se plaint plus que de quelques douleurs vagues, en rapport, dit-il, avec la température.
La névrose traumatique peut être convulsive et affecter une allure plus nettement hystérique. Dans les deux obsertions suivantes, il s'agit de secousses hystériques partielles et intermittentes; ce n'est pas encore la grande hystérie convulsive.
Observation XIII. — Secousses hystériques consécutives à un choc sur la tête. — Guérison par la suggestion.
M"" X... ' (de Ghâlons), âgée de vingt ans, m'est adressée par son médecin et vient me voir le 12 septembre 1889, pour des symptômes hystériques d'origine traumatique.
272 HYPNOTISME, SUGGESTION, PSYCIIOTIIÉPAPIE
Sa mère, morte depuis plusieurs années, était névropathe, sans particularité spéciale. A part une implantation vicieuse et des malformations de certaines dents, X.., est bien constituée et assez intelligente. Vers l'âge de dix ans elle fut atteinte d'un rhumatisme articulaire grave. Mais depuis elle s'est bien portée jusqu'au mois de novembre 1888 (vers le 10), où en ouvrant une huche à pain, elle laissa retomber le couvercle sur sa tête. Depuis ce temps elle se plaint d'une douleur de tête continue, contusive, sur le crâne, avec exacerbations. Le 4 décembre, dit-elle, elle commença à avoir des secousses convulsives des plus variées. Presque lous ses muscler entrent alternativement en jeu, agités comme par un tic convulsif. « C'était d'abord la bouche qui était tirée d'un côté : après, les yeux ont commencé à chgnoter. Au bout de quelques jours le front se plissait, puis le nez : les oreilles étaient tiraillées en divers sens; des grincements de dents; le cou était convulsivement porté en arrière, ou des deux côtés; les mains, les jambes, la langue, l'estomac, le ventre aussi prenaient part à ces mouvements convulsifs. » Ces contractures duraient deux minutes ; elles n'étaient jamais généralisées. Tantôt c'étaient les muscles de la bouche, tantôt ceux des yeux, jamais les deux groupes ensemble. De même les membres supérieurs et mférieurs ne se contractaient jamais simultanément ; tantôt les uns, tantôt les deux autres, soit les deux mains, ou l'une seulement, soit les deux pieds ou l'un isolément. , ■ ,
Les contractures duraient environ deux minutes et se répétaient dix à quinze fois par jour. Jamais de perte de connaissance, pas de sensation de boule, ni de strangulation.
Au moment où ces contractures commençaient, ou un peu auparavant, la malade devenait triste, anxieuse : « J'avais peur, ditelle, d'avoir fait du mal à tout le monde, je me trouvais tout a fait drôle, jusqu'à ce que c'était en train, j- . ,
Tous les traitements antispasmodiques, bromure, etc., echouei-ent successivement. L'hypnotisation fut essayée à Châlons, et malgré plusieurs séances, l'hypnose étant profonde, il n y eut pas de modification persistante. Nous ne savons si la suggestion a ete faite convenablement. ■ , ,
Le 12 septembre, j'endors M- X... Elle s'endort -stantanement au simple mot : Dormez. Elle est en sommeil profond catalepti- Lble hallucinable, amnésique au réveil. Je suggère la dispanUon des contractures, le retour du sommeil etc.
Le 13 elle me dit avoir bien dormi la nuit; elle n a plus eu de douleurs de tête. Le matin seulement, elle a eu quelques mouve-
OBSERVATION DE NÉVROSE TRAUMATIQUE
ments des yeux et de la bouche; toute la journée d'hier elle n'a rien ressenti.
Ajoutons que depuis le début de l'afTection, la malade avait de l'iasoranie fréquente; elle ne dormait que deux nuits par semaine, en moyenne.
Après trois séances, les mouvements anormaux ont totalement disparu, si bien que je n'ai pas eu occasion de les constater moimême. Le sommeil est parfait toutes les nuits. La douleur de tête a aussi disparu. M"" X... se sent mieux moralement, plus forte de caractère. Elle a hâte de rentrer chez elle. J'ai grand'peine à la retenir jusqu'au 19, jour où je l'hypnotise pour la huitième et dernière fois.
A la date du 2o octobre, une lettre de son médecin m'apprend que la guérison ne s'est pas démentie.
A la suite d'uii coup sur la tête, douleur contusive sur le crâne. Quatre semaines plus tard survinrent les mouvements convulsifs localisés, soit sous forme de secousses choréiques, soit sous forme de contracture spasmodique passagère.
Au bout de dix mois, la suggestion hypnotique réussit en trois séances à supprimer la douleur de tête et les secousses hystériques.
Observation XIV. — Secousses de tremblement convulsif du membre supérieur droit par accès, consécutives à une écorchure de l'index. — Amélioration par suggestion.
E. T..., clerc de notaire, âgé de trente-deux ans, entre dans mon service le 26 avril 1890, pour une névrose du membre supérieur droit.
11 y a quatorze mois, il se fit une écorchure à la face palmaire de la dernière phalange de l'index droit, en lavant son vélocipède. Cette écorchure insignifiante guérit en trois jours. Le même jour, en se lavant les mains au savon, il ressentit un léger picotement et immédiatement des secousses dans tout le côté droit, secousses convulsives continues de flexion et d'extension du bras et de la jambe droits. Ces mouvements plus marqués dans le membre supérieur ne purent être arrêtés, en contenant le membre et durèrent une demi^heure. 11 ne se rappelle que le début de l'accès et resta inconscient pendant assez longtemps. Revenu à lui, une idée
HYPNOTISME, SUGGKSTION, PSYCHOTHÉRAPIE
impulsive le prit d'aller à l'école où il fit des problèmes avec les élèves. Pendant plusieurs jours après cette crise, il allait bien, mais avait peur d'en avoir de nouvelles et n'osait pas marcher seul. Un mois s'écoula sans nouvelle crise; le sommeil était bon. Au bout de ce temps, seconde crise moins forte, localisée dans le bras qu'il se faisait tenir. La crise flnie, il sentit comme un choc et resta comme paralysé pendant deux minutes. Il ne perdit pas connaissance cette fois.
Des crises pareilles se succédèrent à des intervalles irréguliers, sans qu'il puisse rien préciser. Il restait quelquefois un mois sans en avoir, tandis que dans d'autres moments, il en avait deux ou trois par jour.
Ainsi, il y a trois mois, les crises revenaient pendant huit jours de suite, une ou deux par jour. En outre, il avait toujours eu, dans l'intervalle de ces grandes crises, de petites caractérisées par un simple tremblement assez marqué qu'il arrêtait en tenant le bras avec la main.
Il aurait eu aussi, il y a trois mois environ, un rhumatisme caractérisé par une douleur à la région scapulaire droite et précordiale, avec fièvre et battements de cœur; on songea à une endocardite. Pendant ces quinze jours, il eut sept ou huit crises fortes; rarement le membre inférieur y participait. La dernière forte crise date de trois semaines; elle dura dix minutes, s'accompagna de perte de connaissance pendant une minute et se termina comme les autres par une sensation de choc dans les deux bras. Depuis ces trois semaines, le malade ne peut plus écrire convenablement. Il entre au service de mon collègue Gross le 6 avril. 11 a eu depuis ce moment trois crises, peu intenses. Quand la crise doit venir, il a une sensation vertigineuse qu'il définit mal et une sorte d'engourdissement du bras.
Comme antécédents, il relate une fièvre muqueuse à Tâge de huit ans, une bronchite et une variole pendant son service militaire de dix-huit à vingt et un ans, une gastrite avec dyspepsie qui dura sept ans, après sa sortie du service militaire. Il a toujours été nerveux et impressionnable depuis son enfance. Sa dyspepsie l'a rendu plus nerveux et anxieux. — Il n'aurait pas eu de syphilis, mais deux urélhrites. Sa mère est un peu nerveuse, dit-il. Il n'aurait pas fait d'onanisme; il nie tout excès vénérien et alcoolique. Mais nous apprenons qu'il fait des excès alcooHques habituels et que sa conduite morale laisse à désirer. ^ ^
Etat actuel. - Constitution assez débilitée ; il a toujours ete faible. Tempérament nervo-arthritique. Appétit faible; les di-
OBSEKVAÏION DE NÉVROSE TRAUMATIQUE
gestions sont bonnes. L'examen des organes ne dénote rien d'anormal; les bruits du cœur sont nets, sans souffle. La sensibilité est partout normale. Tous les mouvements s'exécutent bien . Illève bien ses deux bras verticalement; mais le bras droit, commence au bout de trois secondes par tomber graduellement. Il n accuse ni fourmillement ni engourdissement, mais une sensation de froid dans tout le membre supérieur droit. Au dynamomètre, la force musculaire est conservée; la main gauche donne 28; la main droite 40. Il écrit difficilement son nom; les lettres sont mal assurées et offrent parfois des jambages involontaires.
Première suggestion le 17 avril. — Le malade arrive au second degré (catalepsie suggestive; souvenir conservé au réveil).
18. — La sensation de froid a diminué dans l'épaule et le bras, elle existe encore dans la main. Le malade écrit plus vite ; les lettres sont plus assurées. Il tient le bras en l'air pendant vingt secondes sans trop de fatigue. — Continuation de la suggestion tous les jours.
19. — Se trouve mieux; a bien dormi la nuit, n'a pas eu de secousses; la main seule est toujours fraîche. Tient le bras assez longtemps en l'air, encore avec une certaine tendance à tomber, même pendant l'hypnose. La' contracture suggestive s'obtient dans le bras gauche, non dans le bras droit. Le malade peut soulever avec la main droite un pot de tisane, ce qu'il ne pouvait faire avant; mais il ne le tient que pendant trois secondes.
21. — Continue à se trouver mieux; la main est plus chaude. Avant-hier, il craignit une crise parce qu'il avait de petits tremblements ; mais la crise n'est pas venue. Le sommeil est bon. Il a moins d'anxiété. Le bras se tient bien en l'air.
22. — Va bien ; n'accuse que de la pesanteur dans le bras droit. A de nouveau quelques aigreurs après les repas. Ecrit bien ; mais quand il veut écrire vite, il tend à perdre la ligne droite et les lettres sont mal assurées. 11 peut tenir un pot de tisane pendant quelques secondes sans trembler. Le bra? peut rester en l'air indéfiniment. Au dynamomètre, la main droite donne 48, la main gauche 43.
24. — Le malade a eu hier une petite crise caractérisée par des mouvements dans le bras. Il a mis la main dans sa poche et a serré le coude pour l'arrêter. Il a bien dormi. La digestion est meilleure. Au dynamomètre, la main droite donne 39, la main gauche 36.
23. — Le malade a eu de nouveau une crise à six heures du matin, durant une demi-heure, caractérisée par une sensation de
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fourmillements dans le côté droit de la face et des soubresauts dans la partie droite du thorax ; en même temps sensation d'étouffement, mais pas de mouvements dans le bras. Actuellement il va bien. J'apprend que le malade continue à faire des excès de boisson. Je lui fais une admonestation vigoureuse pendant l'hypnose.
26. — Le malade n'a plus eu de secousses ; il sent la chaleur revenue dans le bras. Au dynamomètre 51 à droite, 56 à gauche ; il tient le bras en l'air sans fatigue et écrit bien.
29. — Le malade s'est absenté pendant deux jours; il n'a plus eu de crise depuis le 2b et va bien. Au dynamomètre 42 à droite et à gauche. Il a pu écrire hier une lettre, mettant encore, il est vrai, une demi-heure à la faire, plus que d'habitude, mais ne pouvait faire cela depuis deux mois.