DOULEUR DE L’ULCÈRE ROND
sujet impressionnable; tous les malades qui ont perdu du sang, qui sont anémiques, sont impressionnables ; le point douloureux thoracique (l'examen de la poitrine démontrait une respiration parfaite) accusait cette impressionnabilité nerveuse ; et l’on sait que les névralgies se greffent souvent sur l’anémie.
Avant d'explorer la région sous-xiphoïdienne avec méthode, j'avais rapidement palpé l’abdomen et constaté qu n’était pas sensible. J’eus l’idée alors de créer de toutes pièces cette douleur; je montrai devant vous la région précise où l’ulcère de l’estomac localise sa douleur, et je dis: nous allons voir si elle existe. Le malade en effet la sentit très nettement comme je l’avais décrite; son cerveau, influencé par l’idée émise, projeta sur la région indiquée la douleur que je suggérai. Je créai de même la douleur rachidienne. Ce que j'ai suggéré consciemment, J'aurais pu le sugoérer inconsciemment. Certainement je ne savais pas alors qu'il y avait une hémorrhoïde donnant la clef du diagnostic. Mais je ne croyais pas à un ulcère rond, en raison de la qualité de sang pur, qui n’existe pas d’ordinaire quand le sang a traversé tout le tube intestinal ; le sang est alors en partie digéré et ressemble à du goudron. Avant de vous désillusionner, j’ai voulu un instant confirmer votre diagnostic en créant un signe pathognomonique. Je ne savais pas qu'une hémorrhoïde saignante rendrait aussi nette la démonstration de votre erreur et confirmerait les doutes que je veux vous exposer sur la valeur de la douleur épigastrique et rachidienne au point de vue du diagnostic de l’ulcère rond.
La douleur de l’ulcère rond a été décrite surtout par Cruveilhier et après lui par Brinton.
Voici ce que dit Cruveilhier: « C’est d’abord un malaise, une douleur sourde à l’épigastre; puis arrive {un moment où au malaise épigastrique commun à toutes les dyspepsies se joignent des crises de douleurs qui présentent un carac-
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