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jectives ; on constate une dilatation d’estomac avec clapotement. Cette dilatation a-t-elle un rapport avecle traumatisme ? Il n’y a pas de déplacement de viscère. Il n’y a pas d’ulcère rond de l’estomac. Il est possible que l'attention concentrée sur la région épigastrique, devenue sensible, ait troublé la digestion stomacale, et produit une dilatation par atonie et séjour prolongé des aliments. Ou bien cette dilatation qui n’est peut-être qu’un gros estomac at-elle existé antérieurement et le traumatisme n’a-t-il fait qu’appeler l'attention du malade sur les symptômes gastriques, notamment sur le clapotement qu’il n’écoutait pas avant? Le malade dit avoir perçu ce clapotement aussitôt après l’accident, et jamais avant. Il ne me paraît guère admissible que celui-ci ait pu créer d’emblée cette dilatation; bien que cependant j'ai vu celle-ci se produire rapidement, dans la grossesse, dans un cas de hernie épiploïque engouée, par exemple. Quoi qu'il en soit, c’est cette sensation de clapotement qui, obsédant le sensorium du malade, devenant douloureuse par suite de son impressionnabilité nerveuse, le condamnant à l’inaction, a créé indirectement la tuberculose.
Un traitement suggestif institué dès le début eût sans doute prévenu ce résultat. Actuellement, en une dizaine de jours, l’état du malade s’est amélioré notablement au point qu’il a conçu spontanément l’idée de reprendre son travail. Un traitement psychique plus long serait nécessaire pour obtenir une guérison complète, le faire vivre en paix avec son clapotement, déraciner totalement la douleur qui l’'empêchait de travailler, restaurer le physique et le moral et enrayer l’évolution tuberculeuse.
OBSERVATION VI — Douleur dorsale rachidienne sans lésion d’origine traumatique datant de vingt ans.—Pseudo-ovarialgie suggestive.
Mme L. P..., âgée de quarante-huit ans, célibataire, entre le 15 mai 1890 à l'hôpital, venant de la Haute-Saône, pour une dou-
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leur rachidienne consécutive à une chute datant de vingt ans. Elle est malade depuis vingt-cinq ans. A cette époque, elle fut prise de vomissements abondants, survenant immédiatement après les repas; aliments solides et liquides étaient rejetés. Cela dura cinq années; tous les remèdes restaient impuissants. Au bout de ce temps, elle fut guérie graduellement par le café noir. Elle avait beaucoup maigri.
Elle avait repris ses travaux, dans les champs, lorsqu'un jour, en descendant de son lit, le plancher s’effondra, et elle tomba sur le dos dans lachambre au-dessous. Elle ne perdit pas connaissance et n'eut aucune douleur sur le moment même. Pendant les trois semaines qui suivirent, elle eut la sensation d’un bouleversement général, sans douleur; peu d’appétit, digestion difficile; pas de sommeil. Survint alors une douleur à la partie iuférieure de la région dorsale, douleur contusive intense. Cette douleur à persisté depuis : elle est plus intense au moment des époques; elle existe surtout quand la malade veut faire un effort, se coucher sur un côté: elle est continue, n'empêche pas la marche. La malade dort peu, quelquefois seulement deux heures, en moyenne cinq heures par nuit. Elle à été traitée par les pointes de feu, l'application de deux cautères, les emplâtres; il y a deux ans on à fait pendant huit jours des injections de morphine; elle a eu des ventouses, des douches; elle a fait une saison à Luxeuil. La douleur est restée localisée à la partie inférieure de la région dorsale ; elle est plus vive depuis deux ans,
Depuis l’année dernière, elle accuse de plus une douleur audessus de l’aine gauche; elle dit que l'ovaire est gonflé. En l'interrogeant nous apprenons que cette douleur existe surtout depuis que son médecin l'a recherchée par la pression et a constaté le gonflement de l'ovaire. Toutefois elle prétend qu’elle souffrait déjà un peu antérieurement de ce côté en marchant. |
Depuis cinq ans aussi elle ressentait vers le rebord costal gauche une constriction douloureuse; cette douleur est intermittente, survient environ tous les trois à cinq jours, quand elle fait un effort, et dure une heure. La malade ne peut se coucher sur le côté gauche. + LR |
En 186%, la malade a eu, dit-elle, un spasme occasionné par un incendie dans la même soirée : ce spasme consistait en un hoquet qui dura douze heures, avec renvois, sans vomissements, avec anurie. Le lendemain, nouveau hoquet avec anurie pendant huit heures. Le surlendemain, nouvel accès pendant six heures. Les accès se répétèrent ainsi pendant huit jours, en diminuant chaque
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fois de longueur, le dernier dura. une heure. Puis pendant deux ans les accès de hoquet revinrent tous les trois, puis tous les six mois. Depuis elle n’en a plus eu; elle n’a jamais eu d’autres crises nerveuses.
La malade est habituellement constipée et ne va à la selle que tous les trois ou quatre jours. Ses époques sont irrégulières; depuis novembre dernier, elle ne les a que tous les deux mois; elles sont très peu abondantes.
Etat actuel. Constitution moyenne, tempérament mixte ; la malade est impressionnable. Son intelligence est nette; elle sait lire et écrire. Sa mère est morte à quatre-vingt-sept ans; elle a un frère et des sœurs bien portants.
Apyrexie. Les fonctions respiratoire et cardiaque sont normales. L’appétit est assez bon; la digestion est un peu laborieuse; les liquides passent bien, mais les potages, les aliments solides passent moins bien et déterminent des renvois et des aigreurs; il n’y a pas de dilatation d'estomac; le foie a son volume normal.
On constate une sensibilité dans toute la région abdominale. gauche, sans rénitence ni gonflement. J’explique à haute voix devant les élèves que la douleur existe dans tout le côté, mais qu'elle n’est aiguë que dans la région de l'ovaire; je montre la région que je localise faussement à deux travers de doigts audessous et à gauche de l’ombilic. Cela fait, je palpe successivement tous les points de l'abdomen. Partout elle accuse une douleur sourde; mais aussitôt que j'arrive sur le point que jai qualifié arbitrairement de point ovarique (j'aurais pu le localiser n'importe où) la malade pousse un cri et contracte douloureusement ses trails; la douleur est aiguë. Mon collègue Gross, à qui la malade avait été adressée, l’avait touchée et n'avait rien constaté d’anormal. La douleur dorsale datant de quinze ans est localisée au niveau de la onzième et de la douzième vertèbre dans l'étendue d’une pièce de deux francs. La pression détermine là de la sensibilité; mais ce n’est pas une douleur aiguë. Celle-ci ne se manifeste qu’à l’occasion des mouvements du tronc. Je suggère facilement une douleur xiphoïdienne, très nette, analogue à celle de l’ulcère rond.
Il n’y a pas de troubles de sensibilité, ni sensoriels.
Le 15 mai, après l’avoir examinée, j'essaie un traitement suggestif. La malade n'ayant jamais été électrisée, j'affirme que l’électrisation seule peut la guérir. Avec un appareil à induction, j'électrise le point douloureux, en concentrant son attention sur
l'effet produit, expliquant que la douleur nerveuse disparait par l’action de l'électricité.
Le 16, même état. La douleur ovarique persiste à la pression au point où je l’ai localisée la veille. Partout ailleurs, c’est une douleur obtuse. Continuation de lélectrisation suggestive tous les jours.
Le 17, même état. Le 18, la malade annonce qu’elle va mieux; elle a bien dormi la nuit.
Le 19, elle se trouve beaucoup mieux. Je fais la suggestion hypnotique (2° degré) à la suite de l’électrisation.
Le 20; hier la malade a eu quelques douleurs légères: l’électrisation de ce matin les a enlevées complètement.
Le 21, la malade se plaint de douleurs plus vives intercostales; elle a eu hier la digestion plus laborieuse et passablement de renvois. Les douleurs intercostales sont enlevées par suggestion. — Electrisation. |
Le 23. La digestion se fait mieux; les douleurs intercostales ont disparu.
Le 24. La malade se plaint toujours; cependant elle affirme qu'il y a du mieux. Je constate que le point douloureux pseudoovarique existe toujours.
La malade désire retourner chez elle; je l’engage à continuer l’électrisation pendant quelque temps jusqu’à guérison complète.
Voici donc une personne qui fait une chute inoffensive sans lésion. Cette chute occasionne une douleur dorsale qui devient persistante, depuis vingt ans résiste à toutes les médications, empêche la malade de se livrer au moindre effort, et reste pour elle un tourment, une obsession continue jusqu’à la fin de ses jours. C’est là une névrose douloureuse d’origine traumatique. Aucune lésion ne la justifie. Seule l’impressionnabilité nerveuse du sujet explique pourquoi le système nerveux a retenu cette douleur. Elle avait eu antérieurement, pendant cinq ans, des vomissements nerveux rebelles à toutes les médications sérieuses et que seul le café noir, recommandé sans doute avec force suggestion à l’appui, est arrivé à guérir. Plus tard, elle à eu, à la suite d’une frayeur causée par un incendie, des crises de hoquet spasmodique qui se sont répétées pendant deux ans. Ces phénomènes prouvent que le systèm”
nerveux de notre malade à de la tendance à conserver les modalités imprimées. Est-ce le traumatisme en tant que traumatisme qui a provoqué la douleur dorsale ? N'est-ce pas plutôt l’émotion consécutive à la chute ? Pendant trois semaines, en effet, la malade n’a ressenti qu’un malaise nerveux général; et c’est au bout de ce temps seulement que la douleur dorsale s’est manifestée et qu’elle s’est fixée, entretenue par une auto-suggestion inconsciente.
Voilà, de plus, depuis un an, une douleur abdominale du côté gauche qui peut avoir été créée, ou du moins fixée, à son insu, par le médecin cherchant l’ovarialgie. Nous avons créé de toutes pièces un point douloureux pseudo-ovarique que nous avons localisé à volonté; si bien que plusieurs jours après, la compression de ce point réveillait toujours une douleur aiguë. Cette douleur, née par la suggestion dans le sensorium, était projetée par lui sur la région prétendue ovarique. N'est-ce pas la démonstration palpable de la nature auto-suggestive de la douleur rachidienne ? Et ce fait n'est-il pas, au point de vue thérapeutique, gros d'enseignement? La maladie a été rigoureusement combattue dès le début : pointes de feu, cautère, emplâtres, douches, morphine, tout a été mis en œuvre; tout, sauf le traitement psychique. On ne connaissait pas à cette époque le rôle de l’auto-suggestion dans les maladies, le rôle de la suggestion en thérapeutique. Plus on s’acharnait par des médicaments énergiques contre Le mal, plus on enracinait dans l’esprit de la malade l’idée que ce mal était opiniâtre. La psycho-thérapeutique eût sans doute déraciné la douleur à l’origine. Peut-elle réussir encore aujourd’hui que que cette douleur à vingt ans d'âge et est devenue une habitude organique ? Peut-être, avec du temps et de la persévérance.
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OBsERvATION VII. — Hyperesthésie dans la jambe gauche datant de e : vingt-Sit ans, consécutive à une chute. Nouveau traumatisme en 0 août 1889 : hygroma gauche consécutif. Impotence fonctionnelle, ne. depuis. —Restauration de lu marche pur suggestion, en janvier 1890. “0 3 Persistance de la douleur. PA !
S... (Eugénie), âgée de cinquante ans, cuisinière, entre à l’hô- 4 à
pital le 20 janvier 1890, pour une névrose traumatique des mem- 4
bres inferieurs. A l’âge de vingt-quatre ans, elle tomba d’une te
échelle, perdit connaissance, resta trois quarts d'heure sur place; 3 ré elle conserva la jambe gauche ecchymosée pendant plusieurs st
jours. À la suite de cette chute elle ressentit pendant deux ans des À
douleurs spontanées dans le membre inférieur gauche, plus par- +4
ticulièrement dans le talon, de sorte que pendant la nuit, elle ét était obligée pour dormir de placer sa jambe en dehors du lit sur ia
une chaise, afin que le talon n’appuyât pas sur le lit. Elle continua 5 1
néanmoins à faire son service, mais elle ne marchaït que sur la où.
pointe du pied, et souvent elle descendait les escaliers en s’as- | 4
seyant sur les marches. La douleur du talon disparut, mais de depuis ce moment la marche est restée difficile; elle boite légèrement, et a conservé à la jambe une hyperestésie surtout vers la
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moitié inférieure du tibia, qu’on ne peut toucher sans déterminer |
une vive douleur. La jambe est restée faible et se fatigue rapide- ES
ment. Depuis ce temps aussi le bras gauche est resté beaucoup #: “4
plus faible que l’autre.
En outre, à la suite de cette chute, elle eut une suppression presque complète des règles qui persista pendant deux ans; tous les mois cependant elle perdait un peu; mais le linge était à peine marqué. Au bout de deux ans environ, une religieuse lui fit prendre du vin de gentiane et après trois mois de ce traitement, les règles reparurent assez abondantes. A cette époque, les douleurs dans la jambe étaient moins intenses et moins continues; mais elle avait toujours l'hyperesthésie à la ‘pression; et de plus,
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quand elle avait trop marché le jour, les pieds étaient enflés. Au 2: mois d'août dernier, la malade étant domestique chez le D' An- ; 3 dreux, à Pont-Saint-Vincent, appelée par un coup de sonnette, se | # pressant pour aller ouvrir la porte, trébucha sur son genou gau- 2 che et tomba, la tête portant sur une caisse à charbon. Elle se fit | É
deux blessures au côté gauche de la tête et perdit beaucoup de sang. Deux jours après, dit-elle, elle s’apercut d’un gonflement sous la clavicule gauche qui n’eut pas de suite. Dix jours après, ce gonflement se porta au genou gauche ; il se produisit là probable-
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