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fer malgré les mouffles et les mouvements. Depuis le mois de mars, il est arrêté définitivement.
Elat actuel. — Constitution primitivement bonne, tempérament nerveux. N’a pas eu de maladies antérieures, si ce n’est une bronchite, en 1879, pendant un mois. Au repos complet, il ne sent pas de douleur. S'il respire fort, il sent « quelque chose », sur le dos de la main au petit doigt, au niveau du radius, sensation douloureuse comme rhumatismale, dit-il. À la pression on détermine une sensibilité au-dessus du poignet; vers la partie supérieure du radius cette sensibilité est plus vive; le malade pousse des cris, si on insiste. Sensibilité le long du bord externe du biceps, vers la tête de l'humérus, très vive dans la fosse sus-épineuse surtout vers sa partie interne jusqu'à la colonne vertébrale. Il peut d’ailleurs exécuter tous les mouvements.
Il accuse en outre la sensation d’un morceau qui monte de l’épigastre au larynx; cette sensation se répète souvent. Depuis plus de sept ans, la digestion se fait mal; aigreurs, souvent bouche mauvaise. Diarrhée habituelle, dit-il, quatre à six selles par jour, avec coliques ; depuis son entrée à l’hôpital, il n’a pas eu de selles.
Il a souvent des douleurs dans la tête, le front et les tempes avec irradiation à l’occiput, douleur pulsatile l’empêchant de marcher. Il avait cette sensation hier, il ne l’a pas aujourd'hui. Il l’a quelquefois pendant huit jours de suite; d’autres fois, il reste
quinze jours sans la sentir. C’est surtout quand il se baisse qu’elle .
se manifeste.
Souvent aussi, il a une sensation de fatigue à la face interne
des jambes ; il respire bien, n’a pas de battements de cœur.
Dit avoir des fourmillements, surtout quand il fait froid, dans les deux tiers inférieurs de l’avant-bras droit.
On détermine très facilement par affirmation chez lui un point xiphoïdien et un point rachidien. On détermine aussi une pseudoovarialgie par pression sur l’abdomen; le malade pousse un cri et se tord.
Il n’y a pas d’anesthésie. Au dynamomètre la main gauche presse 37, la main droite 7.
La nuit pendant son sommeil, il dit avoir des cauchemars, des visions de bêtes dans des pays inconnus.
Marié en 1874, il à cinq enfants, il ne fait pas d’excès alcooliques. L'examen des organes ne dénote rien d’anormal.
J'endors le malade facilement en sommeil profond et je lui . fais la suggestion pendant cinq minutes. Au réveil, amnésie ; il est
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tout étonné au premier moment de n'avoir plus de douleur et cherche dans la fosse sous-épineuse, comme si quelque chose lui manquait. Il pense tout même que cela ne peut pas partir comme cela, que cela reviendra. Au dynamomètre la main gauche donne 37, la droite 23,
20 juin. — Le mal est en effet revenu, surtout vers l’échine du dos, dit-il, en dedans de la fosse sus-épineuse. Cependant la douleur est moins forte. Le dynamomètre donne encore 30 à gauche, 27 à droite.
Il dit avoir mal en faisant l'effort pour pousser l'aiguille. — Suggestion hypnotique : Au réveil, il n’a plus de douleur. Je prescris l’électrisation du bras et de l'épaule, affirmant que cela le guérira.
21. — N'a plus eu mal dans la journée; le soir, la douleur est revenue moins intense. Se dit beaucoup mieux ce matin. Au dynamomètre 32 à droite. Le malade demande sa sortie.
Voici donc une simple plaie du bras, n’ayant traversé que les parties molles, parfaitement cicatrisée, qui laisse à sa suite, depuis vingt ans, une douleur avec faiblesse dans le bras, dans l’épaule, dans l’avant-bras, puis des douleurs dans la tête, une sensation de fatigue dans les jambes, des troubles digestifs, c’est-à-dire une névrose traumatique locale sur laquelle se greffent des symptômes de neurasthénie diffuse. La facilité avec laquelle on détermine chez lui artificiellement une douleur xiphoïdienne, une rachialgie, une pseudo-ovarialgie, montre l’impressionnabilité nerveuse du sujet, la nature auto-suggestive de la douleur et de l’impotence fonctionnelle du bras. La suggestion à momentanément enlevé les douleurs et accru considérablement la force musculaire. Mais l'imagination régénère ces sensations, et, pour amener une guérison persistante, il faudrait sans doute, si elle est possible, un traitement suggestif très prolongé.
Aurait-on pu, dès le début, prévenir ce résultat ? Je le crois. Le fait d’avoir laissé le bras en écharpe pendant deux ans constituait déjà pour le malade une auto-suggestion. A cette époque, il fallait faire de la psychothérapeu-
tique, déraciner de l’esprit du malade l’idée de douleur et la sensation engendrée par l’idée.
La douleur de la névrose traumatique peut s’accompagner de parésie ou d’impotence fonctionnelle du membre, sans contracture, comme dans les faits suivants :
OBsErvarTiON IX — Douleurs et impotence fonctionnelle du membre inférieur droit, suite de chute. — Guérison par suggestion en quelques jours.
Ch... (Augustine), trente-trois ans, lingère, célibataire, entre à l'hôpital, le 9 mars 1889, pour une douleur avec paralysie du membre supérieur droit. A l’âge de seize ans, elle a eu un rhumatisme articulaire aigu qui l’a tenue alitée pendant quatre mois, avec battements de cœur. Depuis ce moment elle serait sujette à de l’essoufflement et à des palpitations. En 188%, elle a eu une jJaunisse avec fièvre typhoïde qui aurait duré quatre mois. En décembre, à la suite d’une frayeur, elle eut une crise de nerfs qui dura un quart d'heure avec strangulation, sans perte de connaissance.
Il y à onze jours, elle tomba de l'escalier, d’une hauteur de dixsept marches, sans se faire de mal, car elle put seule remonter et redescendre l'escalier. La chute eut lieu vers six heures du soir. À onze heures, les douleurs commencèrent dans le genou et le mollet; puis se propagèrent à la cuisse et aux reins, sans gagner le pied. Le lendemain, elle ne pouvait remuer cette jambe droite sur laquelle elle était tombée; elle ne put se lever; les voisins durent s’occuper d'elle et lui donner à manger. Cet état persistant, on se décida à la transporter à l'hôpital.
Etat actuel (12 mars). — Constitution assez bonne ; tempérament nervo-arthritique. Pouls 80 régulier, égal. Langue un peu chargée. Peu d’appétit. Elle est habituellement constipée et a après ses repas, quelques renvois et aigreurs sans régurgitalions. La pointe du cœur bat au cinquième espace sur le bord axillaire antérieur (hypertrophie); on perçoit un souffle présystolique et systolique mitral. À l'examen de la poitrine on constate une sonorité normale, à l’auscultation, de l'inspiration rude avec expiration soufflée dans la fosse sus-épineuse droite, — La malade est d’ordinaire bien réglée, pas très abondamment; elle a eu cependant parfois de l’aménorrhée pendant deux ou trois mois.
Les douleurs dans la jambe et la cuisse n’effectent pas un trajet,
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ni une localisation précise, mais sont généralisées ; elles ne s'accompagnent pas d’engourdissement et de fourmillements; elles n'existent pas au repos, mais se produisent au moindre mouve- A ment et à la pression dans tout le membre.
Le 10 et le 11 mars, avant que la malade n'eut été complète- à ment examinée, j'essaie de l’hypnotiser. Elle est très impressionnable, mais très méfiante ; le sommeil est douteux dans les deux premières séances. Cependant les douleurs diminuèrent beaucoup: à la suite de la suggestion.
Le 42. — La malade soulève spontanément le pied à environ 5 centimètres du lit, ce qu’elle ne pouvait faire à son entrée. Elle plie bien les orteils, fléchit et étend bien le pied; mais ne peut plier À que très peu le genou, et en se tenant le jarret. En le faisant elle ressent une douleur très vive et la respiration devient haletante. Elle ne peut fléchir la cuisse. Depuis la suggestion d’avant-hier, la jambe n'est plus douloureuse. Mais quand on touche n'importe quel point du jarret, la malade ressent une douleur qui remonte le long de la cuisse, sans propagation vers la jambe ou le pied. | De plus, hyperesthésie à la pression sur toute la face postérieure: :4 de la cuisse, dans la région lombaire, dans l’aine droite, sur la | partie gauche du thorax, dans tout le ventre. On remarque deux 6 petites ecchymoses sur le tiers inférieur de la jambe droite. Pen- | : dant l'examen, la respiration de la malade est haletante : sa face est anxieuse; sa jambe tremble. Je l'hypnotise en sommeil profond avec amnésie au réveil.