‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 153 sur 271 · CRISES ET PARAPLÉGIE HYSTÉRIQUES · texte numérisé non relu

CRISES ET PARAPLÉGIE HYSTÉRIQUES

Les membres inférieurs sont complètement paralysés ; la malade fléchit les divers articulations, mais ne peut tenir la jambe en l'air. Si on la met debout, ce qu'elle ne peut faire seule, elle ne peut se soutenir seule, ni faire un pas sans être tenue par deux personnes. Alors même qu'elle s'appuie, elle ne peut pas marcher et fléchit sur ses membres. Il n’y a pas de contracture. Le réflexe tendineux des pieds est normal; ceux des genoux sont singulièrement exagérés; un coup sur le tendon rotulien provoque une trajectoire excessive de un demi-mètre environ décrite par le pied; cette trajectoire débute même rien que par l’attente du coup, par l'idée du choc qu’on veut produire.

La sensibilité est partout normale. Il n’ÿ a ni anesthésie, ni ovarialgie, pas de sensation de boule, ni de strangulation. D’ailleurs, pas de fourmillements, ni d'engourdissement, ni de rachialgie, ni de douleur en ceinture. La paraplégie paraît être simplement hystérique. Cependant l’exagération du réflexe rotulien peut donner l’idée d'une lésion organique, ou au moins d’une irritation dynamique des faisceaux pyramidaux de la moelle.

Je propose à M'e X... de l’endormir pour la guérir par suggestion. Elle accepte volontiers. J'arrive facilement à la mettre au premier degré : occlusion des paupières, résolution des membres, immobilité. Je ne parviens pas à maintenir l'attitude cataleptiforme. Je mets ses bras en l'air. Aussitôt que je dis qu’ils doivent y rester, la malade les baisse. Au réveil cependant, elle avoue avoir eu la sensation très nette d’assoupissement et avoir senti l'influence, par exemple la chaleur suggérée.

Je continue les jours suivants. Après trois ou quatre séances, aucun résultat n'est obtenu. Les crises restent les mêmes : la paraplégie aussi. Je viens la voir pendant une crise : les yeux sont clos, les membres contracturés, la peau insensible; la malade ne répond à aucune question. J'essaie de la réveiller par suggestion; je dis qu’elle va ouvrir ses yeux et remuer ses membres : elle ferme ses yeux davantage et les serre convulsivement avec plus de force, témoignant ainsi qu'elle m'entend, mais qu'elle ne veut ou qu’elle ne peut pas vouloir obéir à la suggestion directe. Après plusieurs essais de ce genre, j'arrive à me convaincre qu'il existe chez cette jeune fille un esprit de contradiction, de contre-suggestion instinctive contre lequel sa volonté est impuissante à lutter. Son oncle confirme cette idée : très docile, elle a cependant une tendance première constante à prendre le contre-pied de ce qu'on lui dit. La suggestion appelle chez elle la contre-suggestion.

Le second mouvement est bon. Ainsi la jeune fille étant en-

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