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Ar ETAT
malade redevient calme. Je touche le front en disant : « Elle s’endort », elle ferme les yeux et tombe en hypnose. Je suggère la guérison.
23. — A été calme hier, mais n’a pu rester levée à cause de la : pâleur. La joue gauche est gonflée; la fluxion est due à l’évolution de la dent de sagesse et disparaît en deux jours. La fièvre se déclare ; la température monte à 40°; la langue est blanche. Il s’agit d’une fièvre continue qui évolue favorablement, sans aucun symptôme nerveux et se termine en dix jours. d’une facon abortive. Pendant le cours de cette fièvre, il n’y a ni stupeur, ni somnambulisme, ni douleur abdominale. L’affection hystérique semble guérie.
L’hystérie chez cette jeune fille, coexistait avec l’incubation d’une fièvre typhoïde; mais elle a précédé le début de cette fièvre de près d’un mois, de trop longtemps pour qu’on puisse établir entre les deux maladies autre chose qu’une coïncidence; le germe de la fièvre a sans doute été contracté à l’hôpital ; il y en avait dans la salle. L’hystérie revêtait la forme de sommeil. On à vu combien la malade était influencée, comme toutes les hystériques, par suggestion. On a pu la réveiller. On aurait aussi pu prolonger ce sommeil, faire de cette malade une de ces dormeuses prolongées dont les journaux nous entretiennent de temps en temps et qui prolongent leur sommeil d'autant plus longtemps que l’attention et la curiosité des assistants étudiant ce sommeil constituent pour elles une véritable suggestion à le continuer. Des crises convulsives ont succédé au sommeil. La suggestion avait mis fin à toutes ces manifestations quand la fièvre continue a débuté, et évolué sans aucun trouble nerveux
OBSERvATION XXIV.— Crises d'hystérie convulsive. — Tic convulsif douloureux de la face, côté gauche, du membre supérieur droit et du cou. — Impotence fonctionnelle du bras droit. — Restauration de la force musculaire par suggestion. — Persistance des crises après vingt jours.
D... (Eugénie), vingt-neuf ans, mariée sans enfants, entre à l’hôpital le 6 novembre 1889, pour des convulsions. — En hiver 1888,
névralgie faciale gauche qui a duré quatre mois et a guéri à la suite de l’extraction de trois dents. — En janvier 1889, elle a été prise sans cause connue de mouvements spasmodiques douloureux du côté gauche de la face, avec impossibilité de parler, durant trois minutes environ. — Au bout de huit jours, accès pareil qui fut suivi de raideur avec sensation de crampes dans les muscles du cou et du thorax, dit-elle, du côté gauche, durant cinq minutes. La raideur persiste, sans sensation de crampes, et fut guérie en quelques jours par le bromure. Mais depuis ce moment tous les huit jours environ, sensation de crampes dans le cou, le bras et la jambe droits, avec occlusion de la main, secousses convulsives et douleurs dans le membre supérieur, contracture sans douleur dans la jambe,
D’autres fois, c’est le tic convulsif de la face qui se produit, jamais les deux ensemble.
Depuis cinq semaines elle n’a plus eu de crampes dans les membres. Depuis six semaines elle n'en a plus eu à la face. Mais elle a conservé depuis janvier une grande faiblesse dans le bras, et aussitôt qu’elle s'applique à quelque chose, la tête devient douloureuse, surtout aux tempes. D'ailleurs jamais de crises d’hystérie proprement dite, pas de sensation de boule. Elle n'avait jamais eu d’antécédents nerveux. Elle mange et digère bien ; le sommeil est assez bon. Aménorrhée depuis neuf mois; n’était réglée depuis son mariage, que tous les deux mois.
Etat actuel. — Constitution moyenne, tempérament lymphaticonerveux. La malade exécute tous les mouvements avec les deux membres supérieurs; elle maintient bien ses deux bras en l'air, mais le droit se fatigue plus facilement et a de la tendance à fléchir. Au dynamomètre, la main gauche n'arrive qu'à 9; la main droite serre faiblement et ne dépasse pas 0. La malade a perdu depuis lors l'habitude de se servir de cette main, elle ne peut qu'avec difficulté porter un verre à la bouche avec cette main. Elle écrit son nom, mais très lentement et met au moins deux minutes à l'écrire. Les divers modes de sensibilité sont normaux: les membres inférieurs fonctionnent normalement. Il n’y a aucune douleur à la pression ni sur le tronc, ni dansles membres.
Suggestion : sommeil profond. Au réveil la main droite arrive au dynamomètre jusqu'à 24 : la main gauche à 44. Elle écrit son nom facilement, en quelques secondes ; elle peut coudre, tandis qu'auparavant elle ne pouvait tirer l'aiguille.
1 novembre. — La malade a assez bien dormi la nuit; elle n’a eu que quelques élancements passagers dans le bras et la main, tandis