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bien portants ; elle-même est d’une bonne constitution, d’un tempérament lymphatico-nerveux, sans maladies antérieures. Réglée à douze ans, régulièrement, mariée à dix-sept ans, mère à dix-huit ans, elle nourrit elle-même son enfant. À vingt et un ans, elle eut un second enfant qu’elle nourrit pendant dix mois. Cet allaitement amena un certain degré d’épuisement. Peu de temps après surviennent des troubles menstruels pendant plusieurs mois. Vers cette époque (janvier 18£6), cette jeune femme eut plusieurs émotions extrêmement vives, à la suite d'accidents survenus aux enfants. Au mois d’avril 1886, alors âgée de vingt-trois ans, elle fut prise subitement,sans cause appréciable, pendant une promenade, d’une grande faiblesse, avec un sentiment de douleur, d’étouffement et d’anxiété à la région précordiale, qui ne lui permit plus de marcher. Après quelques heures de repos, la malade reprit son état habituel; mais, à partir de ce moment, elle accuse constamment une gêne, parfois une douleur vive limitée au même point vers le quatrième espace intercostal de la région précordiale, douleur l’empêchant de se redresser.
Au mois de mai de la même année, elle fut prise d’une seconde crise, beaucoup plus intense que la première, caractérisée par un sentiment extrêmement péniblè d’étouffement, d'angoisse, semblable, écrit son mari, à une crise d'angine de poitrine qui dura plus d’une heure ; le pouls était petit et fréquent : à peine pouvaiton le compter ; la respiration était accélérée et spasmodique ; le
visage pâle exprimait une angoisse mortelle; la malade croyait
étouffer à chaque instant.
A la suite de cette crise, engourdissement considérable dans le bras gauche, au point qu’elle ne pouvait plus le remuer, accompagnc d’une douleur s’irradiant tout le long du nerf cubital, principalement dans le petit doigt et l’annulaire. Au cinquième espace intercostal, sur la ligne mamillaire, existait d’une façon constante un point douloureux, de l'étendue d’une pièce de deux francs, qui ne pouvait supporter, sans faire pousser des cris, le moindre attouchement.
Pendant cette période, survenaient souvent, sans cause apparente, des vomissements. Des crises semblables se renouvelaient chaque vingt ou trente jours environ, sans régularité.
La malade vint me consulter à cette époque. Après un examen détaillé, je conclus qu'il n’y avait aucune lésion organique et qu'il s'agissait d'une simple névrose hystérique, ‘d'une pseudo-angine de poitrine hystérique. Je fis une tentative d’hypnotisation, mais la malade, dominée par des sensations douloureuses, et peu con-
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