PSEUDO-ANGINE DE POITRINE
fiante, ne se laissa pas aller à la suggestion, qui échoua. Son mari n'ayant jamais constaté de symptômes hystériques ne pouvait croire à une simple névrose et inclinait vers l’idée d’une angine de poitrine organique. Je prescrivis l'iodure de potassium, les inhalations de nitrite d'amyle, les pulvérisations d’éther sur la région douloureuse : ce traitement resta inefficace.
Au mois de mars de la seconde année, c’est-à-dire dix mois environ après le début de la maladie, cette jeune femme devint de nouveau enceinte. Pendant les quatre premiers mois, les vomis- 24 sements étaient extrêmements fréquents; la douleur précordiale * était plus vive ; il ne se passait guère de jour sans crise ; mais à LA mesure que leur fréquence augmentait, leur intensité dimi- | nuait. La malade ne quittait plus le lit. Au mois de juillet, versle cinquième mois de sa grossesse, une amélioration notable se produisit qui dura près de deux mois. En septembre, les crises ; reparurent toujours plus fréquentes jusqu’au moment de l’accou- à P chement qui‘eut lieu au commencement de décembre, sans acci- 108 dent. Pendant les deux premiers jours qui suivirent l’accouche- 6 ment, la malade n’eut ni douleur, ni crise ; la faiblesse était trop grande pour songer à l'allaitement. Après cette courte éclaircie, les crises et les douleurs reparurent comme avant. ‘ 2
Au mois de mai 1888, la malade consulta à Paris, plusieurs professeurs qui furent unanimes à défendre l'hydrothérapie dont il était question alors : l’un croyait à une affection rhumatismale du cœur, l’autre à une myocardite, à cause de la douleur très vive siégeant au niveau du cinquième espace intercostal. Le traitement par la valériane, qui fut conseillé, n’amena aucun résultat; la situation resta même la jusqu’au 15 août. Il fallut recourir aux injections de morphine.
Le 15 août, se déclara un violent frisson extrêmement douloureux qui dura une heure, suivi de chaleur et de sueurs abondantes ; la température monta jusqu’à 41°. Trois semaines plus tard, second frisson. Dans l'intervalle, la température revint à la norme. Un troisième frisson suivit bientôt, puis un quatrième. g A partir du mois d'octobre, la température ne descend plus audessous de 38° ; l’appétit disparaît ; l’amaigrissement fait des progrès; les frissons se renouvellent chaque deux ou trois jours sans régularité. Cet état se continue ,en novembre. Les crises prennent un nouveau caractère. À la douleur d'une acuité excessive, à la u respiration spasmodiqué et accélérée, à la fréquence et à la faiblesse extrême du pouls, s'ajoutent des troubles cérébraux : la malade enlève ses oreillers, exécute des mouvements avec ses mains
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