‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 182 sur 271 · NÉVROPATHIE CÉRÉBRO-GASTRIQUE · texte numérisé non relu

NÉVROPATHIE CÉRÉBRO-GASTRIQUE

ne me conduisait qu’à un abattement plus profond. Et puis je m'impatientais et m'exaspérais de me voir dominé et chassé pour ainsi-dire de moi-même par quelque chose d’étranger. Cet état de tristesse et de rève était en contradiction trop violente avec mon caractère et ma tournure d'esprit: mes amis s’apercevaient bien de la morosité qui remplaçait mon enjouement optimiste d'autrefois. Je me mettais dans la tête que j'étais incapable de rien faire, que j'étais dépourvu de toute intelligence, que j'avais réussi dans les examens grâce à je ne sais quel hasard, et cette idée m'humiliait et me faisait beaucoup souffrir.

Quand le D' Bernheim m'a proposé de m'’endormir, j'ai refusé tout d’abord, parce que je n'avais aucune confiance dans ce remède

et je craignais de plus un ébranlement nerveux inutile. Il me per-

suada pourtant et me ferma les yeux. J'éprouvai alors une impression assez compliquée ; je l’entendais fort bien me parler; j'avais ma pleine conscience, je cherchais à m'expliquer l’état dans leque je me trouvais ; je me disais en moi-même que je pourrais fort bien rouvrir les yeux si je le voulais; mais quelque chose m'empêchait de le vouloir et de les rouvrir.

En me réveillant, je n’éprouvai à mon grand étonnement aucune lassitude, aucune fatigue, mais seulement un étrange besoin de rire : à tout-propos et sans propos J'avais des accès de gaieté !. Je me disais bien que cette gaieté devait être factice, mais je n'en restais pas moins gai et calme. La digestion se fit bien, c'est-à-dire qu’elle passa inapercue.

Après les expériences suivantes, je me sentis de mieux en mieux au moral et au physique. Je dormais parfaitement sans interruption. La digestion continuait à ne plus me tourmenter. Encore quelques maux de tête et quelques renvois, mais qui s’atténuent de plus en plus. Il me semble que je parcours en sens inverse les phases successives de la maladie et que je suis revenu en quelques jours à la période de début, où je ne ressentais que quelques souffrances exclusivement physiques.

Au moral, j'éprouvais un sentiment de bien- A et de calme. Je me sens dans un état de quiétude, de lucidité et d'activité auquel je n'étais plus habitué. Je sens que j'ai repris possession de moi, de mon vrai moi. Je commence à travailler, je lis sans fatigue et je rédige méme quelques pages d'un travail.

! Javais suggéré pendant le sommeil ce besoin de rire et cette gaieté Le malade ne se souvenait que de la première partie de son sommeil; la seconde pendant laquelle j'avais fait cette suggestion avait été profonde, avec amnésie au réveil.

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Et pourtant je n’ai guère aidé moi-même à cette guérison. Je me suis laissé faire sans foi aucune. Dans les premiers jours même j'étais presque aussi vexé et humilié que content du succès. Je trouvais désagréable de voir une volonté autre que la mienne agir ainsi sur moi et réussir là ou j'avais échoué.

Cette observation a été rédigée par le malade, après la quatrième suggestion faite le 11 juin 1890. Pendant son sommeil provoqué la veille je lui avais suggéré d’avoir le lendemain l'idée d'écrire brièvement pour me la remettre une note sur sa maladie, en insistant sur l’état psychique avant et après le traitement. Au réveil il ne se souvenait de rien. Le 13 il m'apporte cette note : il se rappela le 12 au matin que je la lui avais demandée, mais croyait que je lui en avais parlé à l’état de veille.

Il s’agit d’un homme de vingt-sept ans, remarquablement intelligent , ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé et professeur de l’Université. Voici maintenant comment j'ai procédé pour pénétrer dans son domaine psychique.

Le malade est venu me consulter en mai; il m’exposa le récit de

sa maladie, ses troubles psychiques et gastriques. Je l’examinaï : :

c’est un jeune homme bien constitué, d'un tempérament nerveux, mais sans nervosisme apparent, sans maladies antérieures. Je constatai tous les organes en bon état sauf une dilatation notable de l'estomac clapotant jusqu'à l'ombilic. Cependant malgré ses digestions laborieuses, il n’était pas habituellement constipé et ne vomissait pas : je conclus quela dilatation de l'estomac était dominée par un état nerveux et que la digestion en somme quoique lente, se faisait, puisque les selles étaient régulières. Les migraines du début, les vomissements survenant à jours fixes comme par une sorte d’auto-suggestion, les douleurs de tête, les sensations d’excitation et de faiblesse des membres, les névralgies intercostales accompagnant dès le début les troubles digestifs, tout cela me fit penser que la neurasthénie dominait la scène. La dilatation d'estomac entretenait la neurasthénie psychique dont elle était isssue.

Je ne parlai pas au malade de suggestion, ne voulant pas risquer une intervention à laquelle son esprit pouvait ne pas être préparé.

J'appelai son attention sur son estomac dilaté, je lui expliquai que la dyspepsie consécutive à cette dilatation pouvait être cause de toutes les manifestations nerveuses, je lui prescrivis un régime convenable ; il devait revenir me voir, après trois semaines de ce régime, . revint le 5 juin ; les digestions étaient meilleures ; il avait moins de renvois, moins de lourdeur d'estomac; mais l’état céré-

bral restait le même. Il me donna de nouveaux détails sur cet état et me dit entre autres qu'il lui arrivait d’avoir des absences, de perdre conscience. Ainsi un jour, dit-il, il était sorti par la porte du jardin et se trouva au bout d’un certain temps dans la forêt sans savoir comment il y était arrivé, ayant complètement perdu le souvenir de ce qui s'était passé depuis le moment où il quittait le jardin et celui-ci où il revint à lui dans la fôret,

Cette circonstance me donna l'éveil. Je sais par expérience qu'on peut toujours réveiller le souvenir des faits oubliés qui se sont passés dans un autre état de conscience, tel que celui de l'hystérie, celui du somnambulisme provoqué ou spontané.

Je dis alors au malade : « Vous croyez que vous avez eu une absence, que vous avez été inconscient. Je vais vous démontrer que cela n’était pas, que vous aviez votre conscience.

Et pour vous le démontrer, je vais réveiller dans votre esprit le souvenir de tout ce que vous avez fait pendant cette promenade en apparence inconsciente. Tenez ! vous allez vousrappeler. » Ainsi je procède toujours avec succès pour réveiller les souvenirs en apparence éteints de l’état somnambulique. Je mets la main sur son front, je concentre son attention, j'afflirme qu'il va se souvenir.

Et en effet, au bout de deux minutes, il dit : « Ah! oui! j'ai longé la rivière, j'ai rencontré un homme à qui j'ai parlé, je me suis assis sur un banc, etc. », évoquant ainsi tous les incidents de sa promenade et tous les phénomènes de conscience engourdis.

Il fut grandement surpris de ce fait. Je conclus du succès de cette expérience à sa grande suggestibilité, et à son aptitude à être mis dans un autre état de conscience, favorable à la suggestion.

Je profitais de l'impression produite pour lui dire : « Vous voyez que vous n'avez pas d'absence. Votre maladie est une névrose psychique. Je pense qu’elle est justiciable de la suggestion. » Il eut un moment d’hésitation. Je lui expliquai que la suggestion n’est qu’un traitement moral, que le sommeil provoqué n’a pour but que de rendre ce traitement plus efficace, en dégageant le cerveau de toute préoccupation, de toute obsession pour le rendre à lui-même et y faire pénétrer des impressions physiologiques. Il se laissa convaincre ; je le mis facilement en sommeil profond. Je lui fis la sugcestion de facon à être compris par lui, lui expliquant que le cerveau débarrassé de toutes ses sensations, et obsessions, il retrouverait toute son activité : la maladie de l’estomac était elle-même une névrose ; la suggestion modifiant l’état

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nerveux de l'estomac facilitera la digestion, etc. Au réveil, il fut tout étonné de se sentir bien à son aise.

Je répétai la suggestion le lendemain 7 juin, puis le 9, le 11 et le 13 juin. Dès la seconde séance, il s’endormit instantanément en sommeil profond avec amuésie complète au réveil.

Après la quatrième il m’apporta l'observation qui précède. Je ne le revis qu'au bout d’un mois le 12 juillet :

1 n’accusait plus que quelques troubles digestifs, des aigreurs, des renvois, une digestion lente, une difficulté de travailler après les repas, des névralgies intercostales une demi-heure après durant une demi-heure à trois quarts d'heure : quelques douleurs arthritiques dans les jointures, un peu de mal de tête tous les deux ou trois jours : la moral est resté excellent.

Après quatre nouvelles suggestions du 12 au 22 juillet tous ces symptômes ont disparu, les douleurs dès la première suggestion ; les troubles digestifs ne cessèrent complètement qu'après la quatrième. La guérison était achevée physique et morale. Le 6 août il m'écrit de Paris qu’il va très bien moralement el que la digestion

se fait bien. Cet état de bien-être absolu se maintenait encore fin.

août. La suggestion réprimera d’ailleurs toute velléité de retour offensif.

Cette observation écrite par un homme intelligent sachant s’observer et s’analyser apporte, il me semble, quelque lumière à l’histoire de certaines formes de neurasthénié et à la doctrine de la suggestion.

1° I s’agit d’une neurasthénie d’origine psychique qu’on pourrait appeler cérébro-gastrique. L'amélioration rapide obtenue pour les fonctions digestives ‘confirme l’idée que la dilatation était subordonnée à l'influence nerveuse. J'avais déjà émis cette idée dans la thèse de mon élève Thiébaut sur la dilatation d’estomac, l’un des premiers travaux publiés sous mon inspiration, en France, sur cette maladie ; jy établis une forme de neuropathie que j'appelle neuropathie cérébro-gastrique; elle peut être aussi cérébrocardio-gastrique ;

2° La guérison rapide de la neurasthénie montre qu’il ne s'agissait pas d’une hypocondrie, maladie mentale incurable, ni d’une de ces formes de neurasthénie héréditaire

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tenace et incurable. Car je ne voudrais pas conclure de cette observation que toutes les neurasthénies sont dociles à la suggestion. C’est dans cette maladie, au contraire, qu’on rencontre le plus d’insuccès, surtout lorsqu'elle est inhérente à une modalité héréditaire trop prononcée du système nerveux. Ici nous avions un jeune homme impressionnable, né d’une mère impressionnable; sa première jeunesse avait été exempte d’accidents nerveux. Le surmènement intellectuel du Lycée, la fatigue cérébrale dépensée dans la préparation de concours et d'examens laborieux avaient pu entraîner un état nerveux que l’impressionnabilité psychique avait retenu par une sorte d’auto-suggestion, et qu’une autre suggestion à pu déraciner; 3° J’insiste sur l'impossibilité pour le malade intelligent de se suggérer lui-même sa guérison, malgré tous ses efforts. C’est là un fait important dans l’histoire de la neurasthénie. Le malade essayait de faire appel à sa volonté et de se persuader que tout cela n’existait que dans son imagination. Ille savait et ne pouvait réagir : les efforts dépensés allaient contre le but proposé ; ils faisaient appel à l’auto-suggestion inconsciente. Ainsi en est-il de beaucoup de neurasthéniques. Ils ont de la volonté; ils ont de l’énergie. On les méconnaît trop souvent, quand on leur dit qu’ils s’écoutent, et qu'avec de la volonté, ils peuvent annihiler leurs sensations ; ils savent que leur vie entière est une lutte; tous les raisonnements qu’on leur tient, il se les tiennent à eux-mêmes; ils se consument en efforts stériles. Et cela se conçoit ; s’ils pouvaient se guérir spontanément, ils ‘seraient tous guéris. Tout effort cérébral, chez eux, réveille la fourmilière d'idées et de sensations qui les obsède; l’auto-suggestion inconsciente, plus forte, les domine; c’est l'essence même de la maladie. Une influence étrangère est nécessaire pour les tirer de l’ornière; 4° Les malades peuvent n’être suggestibles que dans un

autre état de conscience. Alors la suggestion étrangère,

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soit rapidement, soit à la longue, fait table rase des phénomènes anormaux ; elle modifie le dynamisme psychique, elle fait acte d’inhibition et de dynamogénie; elle agit souvent, à l’insu du sujet et sans qu'il s’en rende compte. Notre malade est humilié du succès; il est tout étonné qu’une volonté autre que la sienne puisse agir sur lui et réussir là où il avait échoué. C’est que l’état de conscience normal était peut-être rebelle à la suggestion et que l’état de conscience nouveau créé par l’hypnose constituait un terrain plus favorable à la suggestion, grâce à l’exaltation de la crédivité et de l’automatisme cérébral.

OBsERvATION XL. — Ennui el obsessions avec inaptitude au travail depuis deux ans. — Amélioration par suggestion en vingt-neuf Jours.

M. X.…, âgé de vingt-cinq ans, a fait d'excellentes études et conquis 1l y a plus de deux ans avec honneurson doctorat en droit. Depuis cette époque a débuté la névrose psychique dont il souffre aujourd’hui. A l’activité laborieuse dont il a fait preuve pendant sa carrière d'étudiant, a succédé une impuissance complète de travail.

Ses études terminées, il resta embarrassé par la recherche d'une position sociale. Bien que sa position de fortune lui permit de vivre à sa guise, cependant il désirait vivement une carrière utile, dans l’enseignement par exemple,

Malheureusement sa mère infirme réclamait ses soins, et luimême, fils affectueux et dévoué, n’osait songer à la quitter, et ne pouvait trouver dans la ville qu'il habitait une situation conforme à ses goûts, et en rapport avec ses aptitudes. Après une série de tergiversations, il tombe dans le découragement, se crut déclassé, perdit tout goût pour le travail, même pour les études qui lattiraient le plus, se concentra dans des idées tristes ; il essaya en vain de lutter contre cet état moral sans pouvoir y arriver. Tout resta vague et irrésolu dans son cerveau, la moindre application d'esprit lui était impossible ; le désæœuvrement auquel il était condamné lui était odieux et il ne pouvait en sortir. Il n'avait plus ni goût,ni passion, pour rien. La vie lui pesait, dit-il: pendant près de deux ans, il promenait partout cet ennui profond qui le rongeait.

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Sur les instances d’un ami, ilse décida à me consulter le 30 juin

Bien constitué, sans antécédents morbides, fils d’une mère neurasthénique, ilse croit lui-même entaché d’un vice héréditaire incurable qui détraque son cerveau. Toutes les fonctions sont normales, l'intelligence est très nette. sans aucune altération. Seulement son activité cérébrale est annihilée par les obsessions qui occupent son cerveau, « il est irrésolu, il ne peut plus rien faire, il est déséquilibré, il est condamné à l’ennui et au désœuvrement perpétuel ».

J'essaie de l'hypnotiser, sans arriver au sommeil. Il croit n’être pas influencé : d’ailleurs il est très tenace dans ses impressions, ne se livre pas volontiers, ne selaisse pas aller volontairement, il semble être plutôt venu par acquit deconscience, parce qu'un ami guéri par moi d’une névrose psychique analogue l'y a poussé. Nature froide et concentrée, il n’a qu'une confiance limitée. Je lui tiens les yeux clos, je lui explique que le sommeil n’est pas nécessaire à la suggestion, que celle-ci peut réussir à l’état de veille et doit réussir fatalement si le sujet s’y prête, je lui explique que son intelligence est nette, mais qu'il s’est laissé envahir par des doutes, des impressions auto-suggestives dont il ne peut pas se débarrasser spontanément, etc. Bref, je cherche à captiver son attention et sa raison en lui expliquant bien l’origine de la névrose et le mécanisme psychique de la guérison; je fais de la suggestion à sa raison, et j'arrive à l'impressionner.

Après la première séance, cependant, il n'y a pas de changement ; mais après la cinquième, il y a un mieux sensible ; il sent le cerveau dégagé et peut de nouveau s'occuper. Cette amélioration ne dura que quatre jours. Puis il retombe dans son atonie. Après quatre jours de suspension des séances, il revint me voir le 10 juillet, démoralisé et convaincu qu’il ne sortirait pas de cet état.

Je le suggestionne de nouveau et je lui explique que ces résultats sont fréquents, que l'amélioration temporaire obtenue est de bon augure, qu’elle indique que son état cérébral peut se modifier. J'affirme qu'ilse modifiera certainement, qu’il n’y a aucun doute, qu’il est impossible que la guérison ne se fasse pas, que s’il a confiance dans ce que je dis, s’il accepte ma suggestion, les idées nouvelles, les impressions nouvelles que je dépose dans son cerveau finiront, après un temps variable, par y prendre racine. C'est une loi de psychologie qui doit se réaliser chez lui comme chez tous, sur laquelle est basée toute la psychothérapie suggesgestive, etcs

Je fais cette suggestion presque tous les jours, affirmant que la guérison ne sera pas rapide, mais graduelle et progressive.

Après cinq ou six séances, le malade ne témoigne pas encore un grand changement. C’est toujours la même chose. J'évite de l’interroger sur son état; je continue avec patience, affirmant que la guérison se fera graduellement, infailliblement. Cependant, les jours suivants, M. X... commence à se trouver mieux; ses amis s’apercoivent du changement. Je constate aussi que bien qu'iln ait aucune sensation de sommeil, il est influencé ; en soulevant les mains doucement, elles conservent l'attitude imprimée. Après huit séances, vers le 48 juillet, il dit spontanément qu'il est bien, qu’il se sent comme il était autrefois, qu'il a repris le goût pour les études et a pu recommencer à lire avec plaisir ; il est tout étonné de ce changement qu’il ne croyait pas possible, alors que malgré toute sa volonté, il n’arrivait pas spontanément à se débarrasser de ses obsessions. Je continue les suggestions jusqu au 26 juillet, il se sent en bonne voie et espère que la guérison se complétera.

Dans ce cas, la suggestibilité était moindre que dans le précédent. L’hypnose était peu profonde, le malade froid et concentré ne se laissait pas aller ; il opposait une résistance inconsciente. C’est avec ma ténacité, avec ma conviction que Jj'arrivai graduellement à impressionner cette intelligence et à lui permettre de se débarrasser des obsessions qui la paralysaient. Je lui conseille d’ailleurs de changer de milieu pour se soustraire aux conditions qui ont déterminé cette névrose psychique et maintenir sa guérison.

J'ai revu M. X..., le 20 août. Il a essayé un grand voyage: mais aussitôt qu'il s’est trouvé seul, loin de chez lui, il s'est trouvé envahi par une anxiété avec tristesse et ennui insurmontables qui l’ont obligé à revenir dans sa famille. Malgré toute son énergie, il n’a pas encore assez d’assurance pour voler de ses propres ailes, sans appui moral. Aussi je l’engage à rester ici pour continuer le traitement suggestif jusqu’à guérison parfaite. Il a d’ailleurs pu continuer à se livrer à ses études ; la possibilité de travailler recouvrée par la suggestion s’est maintenue.

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