NEURASTHÉNIE ABDOMINALE
après les repas, sans aigreur ni nausées; douleurs épigastriques pendant la digestion. N’a plus de coliques. |
L'examen du thorax ne révèle rien d’anormal. Le ventre est douloureux à la pression dans tout le côté droit ; la douleur commence à la hauteur du tiers inférieur du sternum et est exactement délimitée sur la ligne blanche, le côté gauche n’est pas sensible, On ne constate aucune rénitence ; l'estomac n’est pas dilaté. Le foie est de volume normal. On détermine facilement un point rachialgique correspondant au point ombilical. Accuse de plus souvent des crampes dans les jambes avec fourmillement dans les pieds. Leucorrhée : le toucher ne révèle rien d’anormal. L'année dernière, la malade a eu des douleurs pareilles qui ont duré trois semaines. Bourrelet hémorrhoïdal peu considérable.
Suggestion : sommeil profond avec amnésie au réveil. Pendant le sommeil, on suggère à la malade qu'elle n’a plus mal, et on arrive, en procédant graduellement, à palper profondément la région abdominale droite sans déterminer de douleur.
4 juillet. — La malade dit spontanément qu’elle va mieux; mais elle n’a pas dormi la nuit. Suggestion tous les jours.
5. — N'a presque plus de douleur dans le ventre. Elle dit seulement qu'il est un peu douillet. N'a plus de renvois ; peu d’appétit encore. Les hémorrhoïdes ne sont pas sensibles.
7. — Continue à bien aller. Digestion bonne. Dort bien Ja nuit.
8. — La malade n’a plus de douleur dans le ventre.‘ Elle va bien, physiquement, n'ayant plus que des préoccupations morales tristes, à cause de sa situation malheureuse avec ses enfants. Elle demande sa sortie pour les retrouver et reprendre son travail.
OBsERVATION LI. — Ectopie rénale. — Dyspepsie, vomissements,
céphalalgie consécutifs.— Disparition de ces troubles par suggestion hypnotique.
Marie V..., âgée de dix-huit ans et demi, ouvrière en chaussures, entre à l'hôpital le 12 avril 14889. L’affection a débuté au commencement de l’été dernier par des étourdissements : tout tournait autour d'elle, elle avait des sueurs froides et elle tombait en perdant connaissance, pendant cinq minutes environ, sans convulsions. Au commencement, ces crises venaient une fois par jour, après les repas et parfois dans l'intervalle des repas. En même temps, dyspepsie caractérisée par un gonflement, surtout à la région hypocondriaque gauche, avec renvois et régurgitations. Ces crises continuèrent tout l'été dernier, venant en moyenne tous
les deux ou trois jours, accompagnées de tiraillements d'estomac. Il y a trois ou quatre mois, ces crises cessèrent. Depuis quinze jours, elles reviennent, mais caractérisées par un simple vertige, sans perte de connaissance. Depuis le 10 avril, elle à vomi chaque jour son repas. Après ses repas, elle a encore des régurgitations chaudes, des renvois, de la céphalalgie.
Elle dort la nuit, mais se réveille souvent. Elle n’est plus réglée depuis quatre mois. Auparavant, règles normales durant deux
jours.
Etat actuel (43 avril). — Constitution assez bonne. Tempérament lymphatique. Apyrexie. — Langue un peu chargée; inappétence
depuis trois semaines : ne mange plus de viande. Renvois et regurgitations après les repas. La région épigastrique est un peu gonflée, mais dépressible sans douleur. On sent dans l'abdomen, dans la région hypocondriaque droite et vers l’ombilic, une tumeur à bord lisse, mobile, qui a le volume et la consistance du rein (rein flottant); la région lombaire droite est plus dépressible. La respiration est normale. Le cœur bat normalement. Sensibilité normale partout.
Suggestion dès le 13 avril, jour de son entrée. La malade arrive en sommeil profond. Dès ce jour, elle n’a plus ni étourdissements, ni vomissements, ni céphalalgie.
La suggestion est répétée sans autre traitement tous les jours.
Le 16, on note de la constipation datant de quatre jours ; la
bouche est toujours mauvaise, l'appétit encore faible; mais plus.
de nausées, ni de régurgitations. ni de vertige.
Le 17, la malade ne se plaint plus de rien; elle n’a pas eu de selle.
On lui donne un lavement laxatif qui procure une selle.
Le 18, elle va bien, commence à avoir de l'appétit et demande sa sortie.
OBsERvATION LILI. — Sensation de feu dans la région sternale et laryngée, avec insomnie. — Insuffisance aortique. — Disparition de la sensation de feu par suggestion en siæ jours.
Charles B..., âgé de quarante-un ans, entre à l'hôpital le 20 fé6vrier 1890. Il est peintre en bâtiments. Il y a vingt ans, il eut des coliques saturnines intenses, suivies de paralysie des jambes et des bras; dut marcher aux crosses pendant sept mois; il fit cinq ans de service militaire et reprit son métier sans accidents saturnins ultérieurs. L'année dernière, bronchite pendant un mois, et