‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 251 sur 271 · CHA °,” Q . Q · texte numérisé non relu

CHA °,” Q . Q

Sens spéciaux : acuité visuelle diminuée —— pour l'œil gauche; À s . . . . © 4 = pour l'œil droit. Lechamp visuel de l'œil gauche, pour les diffé-

rents diamètres, mesure en haut (verticalement) 13° ; en dehors et en haut, il mesure 16° ; en dehors, 20°; en bas et en dehors, 16°; en bas, 17; en dedans et en bas, 26°; en dedans, 18°; en dedans et en haut, 16°. |

Le champ visuel droit, pour les mêmes diamètres, successivement en allant de haut en bas pour le côté externe et revenant de bas en haut pour le côté interne, mesure 45°, 480, 750, 750, 750, 500, 320, 36°.

L’œil droit reconnait toutes les couleurs; l'œil gauche reconnait le rouge ; le bleu et le vert paraissent noir.

L'oreille gauche ne perçoit pas le tic tac de la montre appliquée contre elle ; l'oreille droite la perçoit à 9,5 le 13 mai, à 139,5 le 15 mai.

L'odorat est aboli à gauche, conservé, mais diminué à droite.

Le goût est aboli sur la moitié gauche de la langue qui ne per-

coit pas l’amertume de la coloquinte ; la moitié droite la percoit.

La sensibilité (dans tous ses modes) est abolie à la face du côté gauche jusqu’à 5 centimètres de la ligne médiane. De même sur le cuir chevelu et la muqueuse bucco-pharyngée.

Membres supérieurs : sensibilité abolie à gauche jusqu’au tiers

supérieur où elle reparaît obtuse ainsi qu'à l'épaule. Pas de paralysie : le malade exécute tous les mouvements, mais lève son avantbras lentement, avec un léger tremblement, et en suivant le mouvement des yeux. Ceux-ci fermés, il soulève un peu son avantbras, puis le laisse tomber brusquement à un moment donné. Il n’a aucune notion de la position du membre qu'on déplace à son insu. Il ne peut ni ouvrir ni fermer les mains sans le concours des yeux. Le dynamomètre serré de la main gauche donne, avec la vue 12, sans la vue 4; avec la main droite 76°, . Membres inférieurs. — A la plante du pied gauche, sensibilité tactile très obtuse ; sensation vague de deux pointes de compas distantes de 12 centimètres. Analgésie complète. À la jambe et au tiers inférieur de la cuisse jusqu'à 9 centimètres du bord supérieur de la rotule, anesthésie complète ; au-dessus, sur la cuisse, sensibilité tactile et à la température très obtuse, analgésie incomplète, retard de perception. Deux sensations sont vaguement perçues sur la face antérieure de la cuisse gauche avec un écartement de 65 millimètres des deux branches du compas, à droite avec 30 millimètres.

Il ne peut que faiblement, lentement, avec un léger tremblement, fléchir la jambe sur la cuisse, et celle-ci sur le bassin, avec un déploiement de force considérable ; il n’exécute que des mouvements très limités des orteils. Les réflexes ne sont pas exagérés. Le malade étant assis sur son lit, la jambe gauche soulève 2 kilogrammes suspendus au pied à peine à 10 centimètres, 1 kilogramme est soulevé jusqu’à la moitié de l'horizontale ; 500 grammes le sont lentement jusqu’à l'horizontale ; il n’a aucune notion de la différence des poids.

Au tronc, anesthésie du côté gauche en avant et en arrière complète; sauf sensibilité obtuse dans la fosse sus-épineuse et la moitié supérieure de la fosse sous-épineuse.

Le malade marche en fauchant de la jambe gauche et laissant retomber la partie antérieure du pied. Le 14 mai il est levé de {theures à 2 heures et demie : un vertige l'oblige de se recoucher.

Troubles trophiques : taies de la cornée : phlyctène comme une pièce de 50 centimes au-dessus de la malléole externe gauche,

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un autre d’un diamètre double au-dessous et en avant de la malléole interne.

Le 15 mai, à 10 heures et demie du matin, première application d’un aimant en fer à cheval qui soulève 250 grammes de fer, à la joue gauche, entre l'œil et l'oreille. A une heure de l’après-midi, jusqu’au lendemain à la visite, le malade ressent des fourmillements au lieu de l'application et autour jusqu’à la partie latérale de la nuque: il a aussi des bourdonnements d'oreille et dela lourdeur de tête, le côté gauche de la face se couvre de sueur; il ne dort que 2 heures.

Le 15 mai, à la visite, on constate:

La sensibilité générale est revenue : 1° au-dessus et en dehors de la bosse frontale gauche sur l'étendue d'une pièce de 5 francs; 20 à l'angle externe de l'œil, sur l'étendue d’une pièce de 50 centimes ; 30 par places à la nuque et sur la partie antérieure de l'épaule. Vision : il distingue les objets et les montre du doigt à cinq mètres, peutlire à plus de 30 centimètres, couramment, reconnait le bleu et le vert.

L’audition existe jusqu’à 6 mètres, mais le tic tac de la montre n’est pas perçu à cause des bruissements d'oreille. Les muqueuses restent anesthésiées,

Deuxième application de l’aimant à cinq heures du soir, ibidem. De plus, application d’un autre aimant à la face palmaire du poignet et de la main.

Le 17 mai. — N’accuse plus d'autres sensations subjectives que le bruissement d'oreille. La sensibilité est revenue, outre lesrégions de hier, sur la région frontale externe et la paupière supérieure vers la commissure externe; légère sensibilité de la conjonctive, du lobule de l'oreille. Larmoiement moindre; le réflexe du clignement se produit. Tic tac de la montre perçu à deux centimètres.

A la main, la sensibilité n’est revenue qu'à la paume sur une hauteur de deux centimètres au niveau de la racine des troisième et quatrième doigts, et au-dessus du poignet à la partie antérieure de l'avant-bras sur une hauteur de quatre centimètres. L'anesthé- | sie persiste ailleurs. Le dynamomètre donne 76 à droite, 16 à gauche.

Troisième application de l’aimant à 10 heures du matin sur la main, à d heures du soir sur la face. Dans la matinée, sensation de pulsations dans la main et de secousses dans le coude se répétant toutes les trois minutes. A la face, fourmillements jusqu’à ‘ 5 heures du matin; le malade craint une congestion cérébrale et <nlève l’aimant pendant une heure.

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Le 18 mai, on constate, à la face, sensibilité ne dépassant pas en dehors une ligne verticale passant par la commissure externe de l'œil, sensibilité de la région temporo-pariétale, et dans une petite zone en avant de l'oreille; par places seulement, sur la joue au-dessous de la paupière inférieure; celle-ci et la conjonctive sont sensibles.

Lit à quarante-cinq centimètres de distance. Même état des autres sens.

À la main, sensibilité des deux dernières phalanges. À lavantbras, la sensibilité remonte à la face antérieure à douze centimètres au-dessus du poignet. Gette sensibilité restaurée est partout faible et avec analgésie.

Je ne poursuivrai pas cette observation jour par jour; elle est relatée dans la Revue médicule de l'Est (1882). L'application des aimants est continuée ainsi jusque vers la fin de mai. Le 21, on commence à l’appliquer à la jambe. La sensibilité se restaure progressivement.

Le 27 mai, après la dixième application de l’aimant, on note :

sensibilité partout. Le malade a marché hier toute l'après-midi sans

vertige. La déviation des traits à la face est moindre; mais le front ne se plisse pas à gauche; il y a toujours un certain degré de larmoiement. Le malade. se sent plus fort du bras et de la jambe. Il repousse du pied avec force ce qu’il ne pouvait pas faire au début. Il arrive à soulever la jambe lentement sans effort et. à la fléchir. Les jours suivants, il reste levé, marche toujours en fauchant, n’a presque plus de vertige; l'hémiplégie faciale persiste à un certain degré. Il porte bien, mais avec une certaine lenteur, la main gauche sur la tête. Le 31, le dynamomètre donne 46 à 48 pour la main gauche. Le pied soulève 7 kilogrammes jusqu'à l’horizontale,maiïs ne les soutient que pendant une seconde, ce poids lui semble cinq fois plus lourd à ce cou-de-pied qu'au droit. Il soulève 5 kilogrammes et les maintient pendant sept secondes.

L'œil coule moins; le front ne se plisse pas encore à gauche; cependant les muscles sourciliers, masséter, élévateur de l'aile du nez se contractent. La sensibilité générale et les sensibilités spéciales sont parfaites.

L'examen du champ visuel fait le 8 juin montre que, à gauché, ce champ visuel a considérablement augmenté, plus que triplé; le champ visuel droit s’est aussi élargi dans sa demi-circonférence supérieure.

Voici les chiffres pour l'œil gauche : en dehors 77 au lieu de 20,

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En dehors et en bas, 80 au lieu de 16. En bas, 65 au lieu de 17. En bas et en dedans, 53 au lieu de 26. En dedans, 53 au lieu de 18. En dedans et en haut 60 au lieu de 16. En haut 48 au lieu de 15. En haut et en dehors, 60 au lieu de 16.

Voici les réflexions dont nous faisions suivre cette observation en 1882 :

En résumé, attaque d’apoplexie précédée de prodromes et laissant après elle une hémiplégie incomplète avec hémianesthésie sensitivo-sensorielle gauche complète persistant encore après quatre mois. Il a fallu appliquer les aimants pendant dix jours sur les diverses régions du corps pour restaurer la sensibilité partout. Il s’agit évidemment dans ce cas, d’une lésion organique del’hémisphère gauche ; les prodromes qui ont précédé l’attaque semblent indiquer un ramollissement par oblitération vasculaire. Ce ramollissement intéresserait, outre le tiers postérieur de la capsule blanche interne, la partie inféro-interne du noyau lenticulaire ou les tractus blancs de ce segment décrit sous le nom de globus pallidus, si les données indiquées par M. Hallopeau relatives au trajet intra-cérébral du faisceau supérieur du nerf facial viennent à se confirmer.

Insistons sur quelques détails de cette observation.

L’aimantation a ramené la sensibilité lentement et progressivement au fur età mesure du contact de l’aimant avec les diverses parties du corps. La sensibilité, d’abord obtuse, a continué à se perfectionner avec l’aimantation. De plus ce n’est pas parcontinuité de tissu que le tronc arecouvré sa sensibilité. Le 21 mai, par exemple, la cuisse ne présentait que des traces de sensibilité vers sa partie inférieure et externe, et le bras seulement à sa face antérieure et interne alors que tout le tronc était redevenu sensible, sans application directe de l’aimant. A mesure que la

sensibilité reparaissait du côté paralysé, elle a paru se

perfectionner aussi sur le côté sain. L'examen au périmètre

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a montré aussi que avec l’augmentation considérable du champ visuel gauche a coincidé une certaine augmentation du champ visuel droit.

Avec la restauration de la sensibilité a marché de pair une augmentation de la force musculaire constatée par le dynamomètre au membre supérieur et le poids soulevé au membre inférieur. L’aimant (je dirai aujourd’hui la suggestion) a-t-1il une efficacité directe contre la paralysie mo- -trice? Est-il susceptible de restaurer la force musculaire comme il restaure la sensibilité ?

L'action incontestable que l’aimant a provoquée dans ce Cas, comme dans les autres, augmentant la force et la précision des mouvements, peut être subordonnée à la vertu esthésiogène.

« L’abolition complète de la sensibilité dans un membre, dit Vulpian, trouble à un haut degré les mouvements de ce membre. Les mouvements deviennent incertains, irréguliers et paraissent perdre une partie de leur énergie. Des expériences instituées d’abord par Van Deen, répétées depuis par Longet, par CI. Bernard, par Brown-Sequard, que J'ai faites aussi, montrent bien toute l'influence qu’exerce la sensibilité des membres sur leurs mouvements.»

Le contraire a été soutenu, il est vrai, par M. Tripier, qui conclut de ses expériences que la diminution du sens du tact, ne détermine, chez le chien, aucun trouble dans les mouvements. Mais les expériences de M. Tripier ne sont rien moins que démonstratives. Dans les deux qu’il - rapporte, il ne détermine, par des sections de nerfs sensitifs, qu’une diminution et non une abolition de la sensibilité ; de plus, il ne peut mesurer d’une façon rigoureuse la

force musculaire des membres anesthésiés chez les ani-

maux. Chez notre malade, d’ailleurs, augmentation de la force musculaire a marché de pair avec le retour de la sensibilité tactile et musculaire. L’aimant n’a rendu aux

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muscles que ce que l’anesthésie leur avait enlevé. La paralysie, liée directement à la lésion des fibres motrices intracérébrales, est restée réfractaire au traitement. L’hémiplégie faciale a persisté à un certain degré; le front, du côté gauche, ne s’est pas plissé; la jambe gauche a toujours fauché en marchant. L’aimant a restauré dynamiquement, non organiquement.

On voit, par ces anciennes observations, que comme

tous les médecins, nous faisions, avant de la connaître, de

la suggestion thérapeutique, sous le nom de magnétothérapie.

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