‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 30 sur 271 · SUGGESTION PAR PRATIQUES DIVERSES · texte numérisé non relu

SUGGESTION PAR PRATIQUES DIVERSES

longtemps considérée comme l’honnèête illusion d’un esprit naïf, finit par trouver un champ officiel d’expérimentation à la Salpôtrière; sa vertu esthésiogène fut reconnue et proclamée par la Société de biologie. Justice fut rendue à l'inventeur. Je n’ai pu constater dans la métallothérapie, comme dans la magnétothérapie, qu’une vertu purement suggestive. Je ne nie pas qu’il y ait autre chose, mais je ne l’ai pas constaté. J'ai maintes fois appliqué des métaux divers ou des aimants sur la peau anesthésiée d’hystériques, sans rien leur dire, sans qu’elles pussent deviner ce que je faisais; aucun effet ne se produisait. Puis remettant le même métal ou l’aimant sur la main, en disant aux assistants : « Voici ce métal ou cet aimant que j'applique sur la main. Au bout de trois minutes la sensibilité sera revenue dans la main et la moitié de l’avant-bras, par exemple. » Agissant ainsi, j'obtiens souvent l'effet désiré.

Il y a de la suggestion dans l’électrothérapie, dans la balnéothérapie, dans l’hydrothérapie, dans le massage, dans les granules Mattei, dans l’homéopathie. L’électrisation me réussit souvent contre les douleurs, névralgies, rhumatisme, lumbago, etc., quand j’affirme au sujet que la douleur doit disparaître et que, pendant l’opération, je fixe son attention sur ce point. La suggestion ainsi incarnée dans une pratique matérielle réussit souvent mieux que la suggestion vocale seule. Un de mes malades avait, depuis des mois, des douleurs lombaires et sciatiques atroces; je l’électrise avec suggestion (sans hypnotisme); la douleur disparaît à chaque séance, mais pour quelques heures seulement. Alors j'essaie la suggestion hypnotique; le sujet arrive au second degré. Mais l’effetobtenu est moindre: le malade à plus de confiance dans l’électrisation ; il se suggère que l'hypnose seule n’a pas d'action sur lui. Je reviens à la première médication et je le guéris définitivement en quinze jours à trois semaines.

Le professeur Forel, de Zurich, rapporta au congrès d'hyp-

notisme le fait suivant : « Une hystérique présentait à la fois des attaques convulsives et des accès de somnambulisme naturel. Je réussis à laguérir deses attaques par suggestion, mais j'échouai contre les accès de somnambulisme. J’eus recours alors à l’artifice suivant : ayant remarqué que cette malade avait une véritable aversion pour l’eau, je lui déclarai qu’un seul bain prolongé suffirait pour la guérir. On la laissa dans le bain toute la journée, et depuis ce moment les accès de somnambulisme n’ont plus reparu. »

De temps en temps, des médications ou des appareils thérapeutiques nouveaux font leur entrée dans le monde médical sous le patronage d’une haute autorité. Tous les praticiens, désireux d’être au niveau de la science courante, recommandent à l’envi le nouveau remède; des exemples nombreux de guérison encombrent les gazettes médicales. Cela réussit à souhait. Puis peu à peu le silence se fait; le médicament tant prôné ne fait plus parler. « Dépèchez-vous de vous en servir pendant qu’il guérit. »

En 1794, le D" Ranieri Gerbi, professeur de mathématiques à Pise, publia à Florence un mémoire assez pompeux sur un insecte du genre des charançons qui se trouve sur les chardons : il lui donna le nom de curculio anti-odontalgicus, parce qu’en écrasant entre les doigts, le pouce et l’index une douzaine de ces insectes, et les tenant jusqu’à ce que l'humidité en soit évaporée, les doigts s’imprégneront, selon cet auteur, pendant plus d’un an, de la vertu singulière d’apaiser sur le champ la douleur d’une dent cariée, en la touchant seulement plus ou moins de fois et pendant quelques minutes. Si la douleur revient, il faut faire de nouveaux attouchements. Sur 629 personnes l’auteur à obtenu 401 guérisons, nombre exact. Le D° Carradori prétendit confirmer la vertu de différents coléoptères pour produire le même effet. Il en est de même de la coccinella septem-punctata préconisée par Carradori et par Hirsch, dentiste de la cour de Weimar. Dans cet attouche-

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