DÉFINITION DE L'HYPNOTISME
prend chez lui toute la force de l'actualité, de la réalité. » >raid semble, cependant, par l'expérience être arrivé à attribueruneimportance plus grande à l'élément psychique.
.« Les sujets exercés deviennent susceptibles d’être affec-
tés entièrement par l’imagination. Chez des individus très sensibles, la simple supposition qu'il se passe quelque chose capable de les endormir, suffit pour produire le sommeil. » [’hypnose serait donc un sommeil nerveux produit par la concentration de l’esprit sur une idée.
Cette définition est pourtant loin d’être satisfaisante. L'état obtenu par les divers procédés d’hypnotisation n’est pas toujours un sommeil : « C’est un engourdissement plus ou moins profond, de l’assoupissement, de la somnolence et, dans un petit nombre de cas, ce que les magnétiseurs appellent somnambulisme. » (Husson.)
Braid lui-même constate que l’hypnotisme ne comprend pas qu’un état: « C’est plutôt une série d'états différents susceptibles de varier indéfiniment, depuis la rêverie la plus légère avec excitation ou dépression des fonctions jusqu’au coma profond avec absence complète de connaissance et de volonté. »
« À parler rigoureusement, ajoute l’auteur, le mot hypnotique devrait être réservé aux sujets seuls qui tombent en effet dans le sommeil et qui oublient au réveil tout ce qui s’est passé pendant cet état. Quand celui-ci fait défaut, il n’est question que d’assoupissement ou de rêverie. Il serait donc à propos d'établir une terminologie répondant à ces modifications. En effet, parmi les sujets susceptibles de guérison par l’hypnotisme, à peine un sur dix arrive-t-il jusqu’à la phase du sommeil inconscient. Le mot hypnotisme peut alors les induire en erreur et leur faire croire qu'ils ne tirent aucun profit d’un procédé dont les effets caractéristiques et évidents ne paraissent pas être ceux qu'indique leur qualification. Après mûre réflexion, j’es-
time que l’on peut combler cette lacune de Ia façon suivante :
« On donnera le nom d’hypnotisme à la production du sommeil artificiel, quand il y a perte de la mémoire, de façon qu’au réveil, le patient n’ait aucun souvenir de ce qui s’est passé pendant le sommeil. »
A l’exemple de Braid, tous les auteurs définissent l'hypnotisme : sommeil artificiel, nerveux ou provoqué. Cette définition ne me paraît pas assez compréhensive; elle n’embrasse pas la généralité des faits que produit l’hypnotisation.
Parmi les sujets soumis à cette influence, il en est un certain nombre seulement qui ont l’air de dormir profondément et ne conservent aucun souvenir au réveil. Il en est d’autres qui ont conscience de dormir et d’avoir dormi, bien qu'ayant conservé le souvenir de tout au réveil. Une troisième catégorie ne ressentent qu’un engourdissement, une somnolence plus ou moins douteuse. Une quatrième enfin ne dorment pas ou du moins n’ont pas la conscience de dormir ni d’avoir dormi.
Dira-t-on que les premiers seuls sont en état d’hypnotisme ? Voici par exemple un sujet : Je lui dis : « Dormez. » Ses yeux se ferment, ses membres restent flasques et immobiles : il est en résolution et a toutes les apparences extérieures d’un homme qui dort. Si je le laisse tranquille, il reste dans cet état jusqu’à ce que je le réveille ou jusqu'à ce qu'il se réveilte spontanément. Alors il aura l’idée d’avoir dormi et rien n'aura différencié cette apparence de sommeil d’avec celle du sommeil spontané. |
Il dort : Je lève son bras en l’air : il y reste, figé dans l'attitude imprimée: c’est la catalepsie. Je lève l’autre bras: je les fais tourner l’un autour de l’autre : le mouvement continue : c’est l’automatisme rotatoire. Je le pique avec une épingle :1l ne réagit pas : cest l’analgésié. Je lui dis : « Levez-vous. » Il se lève. Je lui dis : « Marchez. » Il
DÉFINITION DE L'HYPNOTISME oh
marche. « — Vous ne pouvez plus avancer. » Ses pieds restent cloués sur le sol : c’est l’obéissance passive. Je lui dis : « Voici un verre de vin, buvez. » Il prend le verre fictif et avale avec mouvement de déglutition : c’est une hallucination du goût. Je lui dis : « Voici un chien qui veut vous mordre. » Il recule épouvanté: c’est une hallucination de la vue. Je lui dis : « A votre réveil vous entendrez et verrez la musique militaire dans la salle. » Je le réveille. Il voit et entend la musique : c’est une hallucination visuelle et auditive post-hypnotique. Il ne se souvient de rien de ce qui s’est passé pendant son sommeil hypnotique.
C’est là un type d’hypnose profonde : catalepsie, analgésie, hallucinabilité hypnotique et post-hypnotique ; amnésie au réveil.
Je reprends le même sujet; je l’hypnotise de nouveau, par un geste, sans lui dire : « Dormez »; ou je lui dis seulement : « Vous êtes magnétisé; vous vous rapellerez tout au réveil, vous ne dormez pas. » Cela posé, je reproduis chez lui les mêmes phénomènes de catalepsie, d’analgésie, d’obéissance automatique, d’hallucination hypnotique, posthypnotique. Quand tout est fini, le sujet se rappelle tout ce qui s’est passé, même pendant qu’il avait l’apparence du sommeil inerte : il a l’idée de ne pas avoir dormi. Les phénomènes présentés étaient exactement les mêmes que tout à l'heure, saui l’amnésie au réveil. Dira-t-on qu’il n’était pas hypnotisé? Non! Le sommeil ou l’idée du sommeil n’est pas nécessaire pour qu’il y ait influence hypnotique : il y a hypnose sans sommeil.
Pour le démontrer je reprends le même sujet : je commence l'hypnose, c'est-à-dire la suggestion par le mouvement ou la sensibilité. Je mets les bras du sujet en l'air : ils y restent et il ne peut les changer de place, c’est la catalepsie, J'y ajoute l’analgésie en disant : « Votre corps est insensible. » Et je le pique sans qu’il manifeste aucune douleur. Je dis: « Vous êtes obligé de vous lever et de