‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 37 sur 271 · EN 27 VAR · texte numérisé non relu

EN 27 VAR

marcher. » Et il marche sans pouvoir résister. « Tenez, voilà une pomme. » Et ïil mange la pomme fictive. Toutes ces suggestions sont réalisées à l’état de veille parfaite. Le sujet a toute sa conscience, a l'air absolument éveillé, conserve le souvenir de tout. Alors seulement j'ajoute : « Dormez. » Il ferme les yeux et dort, par-dessus le marché. Le sommeil ou l’apparence du sommeil est venu se surajouter comme effet d'une suggestion spéciale, qui n'était pas nécessaire pour la réussite des précédentes.

Dans la première expérience, j'avais commencé la série des suggestions par celle du sommeil, continuant par celles de la catalepsie, de l’analgésie, de l'hallucination.

Dans cette dernière expérience j'ai commencé la série des suggestions par la catalepsie, j'ai continué par l’analgésie, par les actes, par les hallucinations; j'ai terminé par celle du sommeil. N’ai-je pas démontré ainsi que le sommeil ou l’idée du sommeil n’est lui-même qu'un des phénomènes obtenus par l'influence hypnotique, au même titre que la catalepsie et l'hallucination, mais que, ce phénomène, sommeil, n’est pas le prélude obligé, ni le mécanisme générateur des autres? Ceux-ci peuvent être dissociés d'avec le sommeil, comme ils peuvent l’être les uns des autres; il y a hypnose sans sommeil. Tous les phénomènes de l’hypnose existent sans sommeil.

Qu'est-ce d’ailleurs que le sommeil? Quel est son criterium ? Nous ne connaissons pas son essence, mais seulementses symptômes apparents. Après une Journée de veille, nous sentons une lassitude du corps et de l’esprit. Nos idées deviennent obtuses, notre initiative intellectuelle faiblit : nous ne sommes plus maîtres de coordonner nos pensées; un vague s'empare de notre cerveau. En même temps, nos paupières deviennent pesantes, nos membres s’allourdissent ; un besoin de dormir nous envahit. Nous nous couchons, nous fermons les yeux, nous restons immobiles, en résolution, nous nous isolons du monde extérieur, nous fer-

Page 1