ANESTHÉSIE HYSTÉRIQUE
Pour ces auteurs, ce symptôme serait constant et nécessaire. Briquet la rencontre dans 85 p. 100 des cas. Sur 235 observations d'anesthésie hystérique, il trouva 4 cas d'anesthésie générale, 93 cas d'anesthésie hémilatérale et 198 cas d'anesthésie en îlots.
Pitres, qui relate ces chiffres, analysant 30 observations personnelles, trouve l'anesthésie dans la plupart des cas (95 p. 100) ; elle est très limitée dans 5 p. 100 des cas, mais dans 90 p. 100 des cas elle est étendue et profonde. L'anesthésie était générale dans 20 p. 100 de la totalité des cas d'hystérie, hémilatérale dans 45 p. 100, disposée en lots dans 25 p. 100.
Si je ne considère que l'hémianesthésie, elle existerait donc, d'après Briquet, chez un peu moins du quart des hystériques, d'après Pitres, dans un peu moins de la moitié. Or, d'après mon observation, l'anesthésie en général est beaucoup moins fréquente dans l'hystérie qu'on ne le dit, elle n'existe certainement que dans une petite minorité des cas ; l'hémianesthésie bien que la plus fréquente des variétés est encore exceptionnelle. Je ne la rencontre que rarement et, en comparant ce que je constate avec ce que constatent les autres observateurs, je ne puis m'empêcher de penser que cette anesthésie est souvent créée de toutes pièces par suggestion médicale.
Dans les services d'hôpitaux où sont réunies plusieurs hystériques, il arrive que si on cherche et trouve l'hémianesthésie chez une, les autres, qui assistent à l'exploration de ce symptôme, le copient et se l'assimilent par suggestion inconsciente. Il faut éviter, quand on examine un de ces sujets éminemment suggestibles, d'appeler son attention sur Tanesthésie ; car, la signaler ou la rechercher d'une certaine façon, c'est parfois la provoquer. J'en ai fait souvent l'expérience devant les élèves. Voici une hyst érique je m'assure rapidement avec l'épingle qu'elle n'a pas d'analgésie dans les mains. Alors, sans rien suggérer direc-
tement au sujet, je dis devant les élèves : « Nous allons explorer la sensibilité dans la moitié droite et la moitié gauche du corps. » Je pique la main droite. Elle sent. Je dis : « A droite elle sent ; c'est la moitié gauche qui est souvent insensible chez les hystériques. » Cette assertion peut suffire au sujet pour qu'il se suggère l'hémianesthésie gauche. J'aurais pu faire cette suggestion involontairement à mon insu.
D'autres fois avant de piquer la main gauche, je dis * (( Cette main, avec tout le côté, est insensible ; vous allez voir que je vais toucher le sujet sans qu'il le sente. » Certains, dociles à mon affirmation, ne sentent pas. Ici j'ai fait la suggestion volontairement; l'auditoire ne s'en est pas aperçu ; il croit à la spontanéité du phénomène. Mais, je le répète, c'est surtout dans les services où on a l'habitude de faire cette recherche, et où les hystériques connaissent, de visu et auclitu, l'existence de ce symptôme, qu'on peut le réaliser facilement, volontairement ou involontairement.
Les auteurs décrivent et représentent sur des figures la configuration des diverses formes d'anesthésie : l'hémianesthésie exactement limitée à la ligne médiane ; Tanesthésie partielle d'un membre ou d'un segment de membre exactement circonscrite en haut par une ligne circulaire, en manche de veste, en gigot ; enfin l'anesthésie disséminée en îlots irréguliers. Or, contrairement à l'assertion des auteurs, l'anesthésie hystérique n'a jamais de frontière précise; l'hémianesthésie n'est jamais délimitée par une ligne droite ; les anesthésies des membres n'ont pas une frontière circulaire nette en manche de veste ou en gigot, les îlots disséminés irréguliers varient à chaque exploration. Les frontières, le sujet les crée. Sachant que son corps est insensible dans sa moitié gauche, il cesse de faire l'inhibition aussitôt qu'il voit l'épingle dépasser la ligne médiane à droite. Sachant que la main seule, le bras ou le
membre inférieur sont insensibles, il se suggère le retour de la sensibilité au poignet, ou à la racine des membres, sur une section bien nette. Le médecin lui-même, par la façon dont il interroge la sensibilité, contribue à son insu à tracer cette frontière précise qu'il conçoit et extériorise sur le sujet.
Que Ton procède de la façon suivante, et on s'assurera que la topographie n'a rien de fixe. Empêchez le sujet de voir en lui fermant les yeux ou en faisant l'expérience sur le dos. S'il y a hémianesthésie gauche, par exemple, touchez avec l'épingle le côté gauche du dos, en allant progressivement de gauche à droite et priez le sujet d'indiquer le moment où il commence à sentir l'épingle. Marquez alors le point touché par l'épingle avec un crayon coloré ; continuez ainsi de haut en bas de la région dorsale et tracez la frontière. Celle-ci tracée, répétez la même exploration pour voir si elle est constante, répétez à plusieurs reprises, sans fournir aucune indication au sujet ; et pour cela le mieux est de ne pas regarder soi-même la ligne colorée, pour ne pas la trahir par une pression plus forte ou un arrêt involontaire de l'épingle. Vous constaterez que la frontière est variable, irrégulière, subordonnée aux caprices d'imagination du sujet. Vous verrez qu'il en est de même pour les anesthésies des membres, elles aussi à frontières mobiles et capricieuses.
Voici une autre expérience qui démontre nettement combien le facteur psychique domine ce phénomène. L'hémianesthésique peut avoir la perte de la notion de la position du membre. Je tiens ses yeux clos et déplace son bras anesthésique ; elle ne sait pas où il est, au lit ou en l'air. Invitée à chercher la main gauche insensible avec sa main droite, elle ne la trouve pas ou la trouve difficilement en suivant la poitrine et la racine du membre jusqu'à la main. Quelquefois, si je mets sur son chemin ma main, elle la prend, croyant toucher la sienne. Ainsi cela se passe égale-
ment dans l'anesthésie organique. Mais chez l'hystérique, on voit quelquefois plus. Non seulement la main droite sensible ne trouve pas la main gauche anesthésique ; mais elle évite de la trouver; elle tourne autour d'elle; elle la fuit. C'est ce que j'appelle plaisamment dans mon service l'expérience d'Arton (que la police fila en Italie de façon à ne pas le rencontrer). Je place la main gauche en face de la main droite, de façon que celle-ci ne puisse pas ne pas la toucher ; le sujet ne la touche pas ; actionné par l'idée qu'il ne doit pas savoir où elle est, il se comporte avec une ingénuité naïve.
Si alors je dis devant les élèves, le sujet ayant toujours les yeux clos : « maintenant je magnétise la main gauche et alors vous verrez la main droite attirée par la gauche qui est insensible », je fais un simulacre d'aimantation. Le sujet manque rarement de tomber dans le piège. Soit d'emblée, soit avec un peu d'insistance, si le sujet hésite, la main droite va toucher la main gauche, montrant ainsi que le sujet sait et sent où elle est, que la notion de la position du membre est conservée, que le phénomène est purement psychique.
Ceci étant bien établi, que l'anesthésie hystérique sensitive ou sensorielle est une illusion de l'esprit, créée par le cerveau comme beaucoup des manifestations de l'hystérie, on conçoit que c'est la psychothérapie seule qui peut la guérir. Quelquefois l'esprit obéit à la première réquisition. Une simple suggestion verbale ou plusieurs répétées suffisent. D'autrefois la parole est insuffisant; elle a besoin d'être renforcée par une pratique matérielle impressionnante, friction, électrisation, aimant, etc. Mais il est des hystériques, tous ceux qui les ont maniées le savent, qui ne capitulent pas aussi aisément. Elles maintiennent leur manifestation, leur anesthésie par exemple, avec une ténacité incroyable. La suggestion même en somnambu-
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lisme provoqué, même matérialisée, peut échouer contre l'auto-suggestiou morbide. Le symptôme est retenu avec une force et une volonté inconsciente irréductible, pendant des mois et des années; puis un beau jour, le cerveau capitule devant un nouveau procédé qui impressionne sa raison et son émotivité.
Les deux observations suivantes sont instructives à cet égard.
Observation I. — L. G..., âgée de dix-huitans, entre à la clinique le 7 mai 1897, venant de Tliann (Alsace) où elle est ouvrière de fabrique. Le 25 février 1896, elle eut la main prise dans une courroie de transmission; contusion simple avec gonflement notable. Application de compresses froides pendant huit jours ; puis frictions et massage pendant quatre semaines. Le gonflement persiste, avec impossibilité de se servir de la main : douleurs légères.
On constate de l'anesthésie avec paralysie, et on l'envoie le 5 juin, dans un établissement électrothérapique à Mannheim, où la main fut électrisée pendant deux mois sans aucun résultat. Elle prit ensuite des bains de camomille pendant quatre semaines, avec le môme insuccès.
La main reste invariablement dans l'état où elle est aujourd'hui : de temps en temps légères douleurs au poignet.
D'ailleurs aucune maladie antérieure; aucun symptôme nerveux. Pas d'antécédents héréditaires. Mère bien portante, père mort tuberculeux, cinq frères et sœurs bien portants. Ellemême est peu impressionnable.
État actuel. — 8 mai 1897. Constitution bonne; tempérament lymphatique. A la main droite, on constate : gonflement assez notable occupant le poignet, le dos de la main et un peu les doigts. Ceux-ci sont infléchis dans toutes leurs "phalanges, à angle obtus, de façon que la main est fermée au quart. La malade .Ae peut l'ouvrir, ni la fermer complètement; pendant les efforts pour le faire, la main est agitée de tremblement. L'abduction et l'adduction du pouce sont impossibles. Quand on cherche à étendre les doigts et à ouvrir complètement ou fermer la main, on sent une certaine résistance, qui disparaît pendant quelques instants si on détourne l'attention du
Bernheim. — Hypnotisme, 2e édit. 17
sujet : on arrive cependant assez aisément à étendre et à fléchir les doigts; mais aussitôt que la main est abandonnée à elle-même et cesse d'être maintenue, elle reprend sa position infléchie. Elle peut n'être mise qu'en demi-supination, en pronation à peu près complète ; les mouvements d'extension et de flexion du poignet sont exécutés avec un peu d'hésitation ; tous les mouvements volontaires s'accompagnent de tremblement. Le pouce et l'index ne peuvent saisir aucun objet. — Il n'y a pas d'épanchement dans les gaines séreuses ; mais un certain degré d'œdème de la main.
En outre, anesthésie complète, dans tous ses modes, avec analgésie, de toute la main jusqu'au poignet. Perte du sens musculaire. La malade ne sait où est sa main et ne peut la trouver sans s'aider de la vue. Invitée à la chercher les yeux fermés, elle touche avec la main gauche l'épaule, le bras et l'avant-bras, mais elle n'ose pas aller jusqu'à la main. Quand on place la main gauche un peu au-dessous de la main droite, toujours les yeux clos, et qu'on dit à la malade de prendre celle-ci, elle arrive à son contact, mais n'ose pas la saisir.
D'ailleurs, ni engourdissement ni fourmillement. La malade ne présente aucun autre stigmate de neurasthénie ni d'hystérie.
En résumé, hystéro-traumatisme localisé à la main, paralysie avec contracture et anesthésie.
Du 8 au 11 mai j'essaie la suggestion; la malade est mise facilement en apparence de sommeil, mais, en dépit d-e mes affirmations énergiques réitérées, l'état persiste le même.
Après ce premier insuccès, j'essaie de renforcer la suggestion par la comédie du transfert suggestif. Je place un aimant ou pseudo-aimant entre sa main et celle d'une somnambule que j'endors et qui est habituée à ces expériences. Au bout de quelques minutes je réveille les deux sujets : le transfert s'est opéré; la somnambule a la main droite paralysée, fermée au quart et anesthésique. Notre malade voit cela. Je lui dis : « Votre paralysie est guérie ; je l'ai transférée à cette personne ». Mais elle conserve son flegme et sa paralysie. Je renouvelle l'expérience le 12 et le 13 mai avec le même insuccès.
Je songeais à renvoyer ma malade, abandonnant la solution à la nature, quand une idée me vint. Je lui dis : « Certainement vous n'êtes pas guérie; votre main est insensible. Mais je crois qu'il y a cependant une certaine amélioration. Nous
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allons voir. Je vais piquer la main depuis l'extrémité du doigt jusqu'à l'avant-bras et vous me direz quand vous commencerez à sentir ». Fermant alors les yeux de la malade, je piquai avec l'épingle depuis les doigts jusqu'au poignet; elle commence à sentir au niveau de la ligne radio-carpienne ; je marquai la frontière avec un crayon rouge, mais en l'avançant frauduleusement de 1 centimètre et demi ; puis la malade ouvrant les yeux, je lui dis : « J'avais raison de dire qu'il y avait un peu de mieux. Vous sentez jusqu'à cette ligne ». La malade, les yeux ouverts, sentit en effet l'épingle avec précision juste à partir de cette ligne. Je fis un second simulacre d'aimantation simple, en disant que cela suffirait; puis usant du même artifice, j'étendis encore la frontière de 1 centimètre et demi ; ce que la malade confirme avec ses yeux. Elle était tombée ingénument dans le piège. J'avais ainsi rétabli sur les faces palmaire et dorsale de la main une zone de sensibilité de 3 centimètres. J'eus soin de dire que la vie revenait dans la main et qu'avec elle la motilité reviendrait de concert avec la sensibilité.
Le lendemain 14 mai, la frontière s'était maintenue. La malade pouvait ouvrir sa main aux quatre cinquièmes et la fermer complètement. Par un simulacre d'aimantation et une nouvelle notation frauduleuse, j'avançai la sensibilité jusqu'à 5 centimètres et demi en avant de la ligne radio-carpienne. Je fis ensuite un simulacre de transfert, après lequel la malade, les yeux ouverts, accusa elle-même la sensibilité jusqu'au niveau de la racine des doigts. Elle put écrire son nom ; l'écriture était tremblée, irrréguliere, mais très lisible. Le 15 mai, la sensibilité se maintient jusqu'à la racine clés doigts. La malade peut fermer la main presque complètement, et l'ouvrir avec un peu d'incurvation des dernières phalanges. L'œdème diminue. Hier la malade a pu faire quelques points de couture. Le dynamomètre donne 25 de la main gauche et encore 0 à droite. Le sens musculaire revient aussi. Les yeux clos, la main gauche trouve d'emblée toute la région redevenue sensible de la main droite, mais ne touche pas encore les doigts restés anesthésiques. Continuant le même modus faciendi, aimant et crayon rouge, je restaure la sensibilité des premières phalanges.
Le 16 mai, je la rétablis dans les deux dernières phalanges par la pseudo-aimantation; mais, après l'opération, elle n'existe plus que dans les deux premières.
Le 17 mai, elle existe un peu en avant de La seconde phalange. Je La restaure jusqu au milieu de La dernière. La malade a pu coudre hier pendant une demi-heure.
Le 18, elle n'a pu coudre à cause du tremblement : les deux dernières phalanges sont encore Légèrement incurvées. La sensibilité existe jusqu'à La racine des ongles; La malade peut, «ans voir, mettre L'index gauche sur un point déterminé des phalanges droites. Je restaure la sensibilité jusqu'à L'extrémité <lrs doigts. Le dynamomètre donne encore o de La main droite. Je contftiue à affirmer que la vie revient et avec Hic la force musculaire.
Le li) mai, la sensibilité reste complète dans La main ; la force dynamomét rique est :? .
Le 20 mai, le tremblement tend à disparaître; la guérison se maintient et se confirme. La force dynamométriquè de la main csl 5; en stimulant, elle esl de 10. Après un simulacre de transfert, elle est de L2, puis 15.
Le 21 mai, au dynamomètre, la main arrive à 20, puis les jours suivants à "iï el 28, la main gauche arrivant à 30.
La malade rentre chez elle Le 29 mai, totalement guérie. La main, encore pins faible que L'autre, continue graduellement à recouvrer toute sa force musculaire, el la guérison reste définitive.
En résumé, une jeune fille atteinte de paralysie avec ânes* thésie de La main droite, d'origine hystéro-traumatique, résiste pendant pins de quatorze mois à toutes les médications. La suggestion hypnotique avec le transfert suggestif échouent.
Elle guérit en quelques jours par un simple artifice grossier qui trouble son cerveau et L'oblige à l'aire le mécanisme dynamogénique curateur.
Obs. Il résumée brièvement.
Une hystérique, âgée de vingt-trois ans, entre dans mon service, en novembre 1899. C'est une impulsive qui a successivement toutes les manifestations somatiques et psychiques de l'hystérie, crises convulsives, accès de somnambulisme, hématémèse, pseudo-tympanite nerveuse, polyurie. L'observation est relatée en détails dans la thèse de M. Kaplan (De la pseudotympanite nerveuse du rentre en accordéon, thèse de Nancy 1900.) Je ne veux parler ici que du symptôme hémianesthésie avec démiplégie. La malade avait quitté le service Le Ier avril, hébarrassée de ses crises, ayant comme symptôme dominant
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une pseudo-tympanite réductible par la *tion, ma
reproduisant sans ce*
Elle se présente à ma consultation le 5 mai, avec de l'an< thésie et de la parésie localisée dans la main gauche. Le 9 mai, elle revient; l'anesthésie s'est étendue à tout le membre supérieur gauche et au thorax du même côté; tous les mo< de sensibilité sont abolis, y compris Je sens musculaire. La malade, le fermés, ne trouve pas sa main gauche et
évite même ostensiblement de la rencontrer.
Le 16 mai, elle se décide à rentrer ;« l'hôpital. L'hémiam thésie occupe toute la moitié gauche du corps avec hémipa*résie el anesthée isorielles; cécité et surdité presque
totales du même côté. On constate aussi que le pied et la main m\ notablemenl plus froids que les doigts. Le dynamomètre donne 37 pour la main droite et 2 peur la gauche.
L( - mouvement a sont I rès limités.
A partir du 'i-i mai la malade ne peut plus se tenir debout, et état persiste les jour- suivants, a à de la polyui
et des hématémèses. Les mouvements commandés aux membres gauches n'existent presque pas, mais la malade exécute parfois des mouvements automatiques. Le 23, pendant que je tiens sa main paralysée, elle la retire.
L'abaissement thermique persiste â la main et au pied. Le je constate 32°,2, à la main droite, 23 â gauche.
L< 28, â trois heures, quelques rfioûvements convulsifs de la main gauche, à la suite desquels la main s^est chauffée el pré-
ite J;« même température que la droite, tandis que le pied e froid.
Le 29, à midi, on constate 33 .-' à la main droite, et 3! >,9 à la gauche.
Le 30, cette dernière est redevenue froMe; mais n'est plus comme auparavant.
La situation reste la même; l'hémianesthésie avec hémipléte; on constate que- la malade remue souvent comme automatiquement Je- bras gauche, quand on ne fait pas attention â elle. I essaie en vain de restaurer la sensibilité et Je mouvement p; (ion, friction, électrisation, etc. Rien
n'y fait.
Le 1 3 juin, j'essaie une nouvelle tactique. Je dis â la malade :
maintenant que votre système nerveux est plus calme, que
vou je puis guérir votre- par; Je m'y
- mal pris jusqu'à présent. Je \ ec l'épingle chercher
la sensibilité sur le côté droit et la ramener à gauche. » « Fermez les yeux ». Touchant alors avec l'épingle le côté droit du thorax, je dis : « Ici vous sentez; je cherche la sensibilité et vais la ramener à gauche ; vous me direz quand vous cesserez de sentir l'épingle. » Je promène l'épingle de droite à gauche. Quand elle arrive au niveau du sternum, la malade dit ne plus sentir.
Avec le crayon rouge, je marque frauduleusement la limite à deux travers de doigt à gauche de la ligne médiane.
Puis, ouvrant les yeux à la malade, je lui dis : « A la bonne heure, c'est comme cela qu'il fallait opérer. Votre sensibilité est reconnue jusqu'à cette ligne ». Et en effet la malade sent l'épingle en avant et en arrière jusqu'à deux travers de doigt de la ligne médiane.
Le lendemain 14, le résultat s'est maintenu. De plus, la malade remue mieux les doigts, fait les mouvements de pronation et de supination, lève bien l'avant-bras.
Je continue la même tactique au crayon rouge. Dans une première opération, je gagne encore deux travers de doigt. Dans une seconde je rétablis la sensibilité jusqu'au'borcl antérieur de l'aisselle, et sur l'abdomen jusqu'à une ligne passantpar l'épine iliaque antérieure; à la face jusqu'au niveau de la tempe.
Dans une troisième, procédant toujours de la même façon, ayant l'air de chercher la sensibilité dans la région sensible et la ramenant du haut en bas, je la restaure jusqu'au pli du coude ; et puis dans le membre inférieur jusqu'au genou. Le sens musculaire est revenu, ainsi que la sensibilité sensorielle, sans suggestion spéciale.
Le 15 juin, la sensibilité restaurée s'est maintenue ; l'anesthésie n'existe plus qu'au-dessous du coude et du genou, la malade remue bien le bras, mais accuse de la lourdeur de l'avant-bras. Par le même procédé, je ramène la sensibilité jusqu'au poignet.
Dans l'après-midi, pendant le sommeil, l'anesthésie se reproduit spontanément et persiste dans toute la moitié gauche le lendemain et le surlendemain. Je ne m'en occupe pas, laissant la malade sans traitement.
Le 17, dans l'après-midi, la malade ayant l'idée d'aller au jardin, la sensibilité perdue se restaure spontanément ainsi que la mobilité sauf dans la main.
Le 18, même état. Avec le crayon, je restaure la sensibilité dans la main jusqu'à la racine des doigts.