‹ Hypnotisme suggestion psychothérapieChapitre 105 sur 235 · ORIGINE DE L'ANESTHÉSIE HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

ORIGINE DE L'ANESTHÉSIE HYSTÉRIQUE

détermine pas par elle-même, au moins je ne les ai jamais constatés, ces phénomènes vasomoteurs, qui, au contraire, existent souvent avec l'anesthésie hystérique. Je pense donc que ces troubles sont primitifs, que l'hystérie peut créer de la vaso-dilatation ou constriction dans une région du corps ; notre seconde malade avait en même temps de la polyurie, de l'hématémèse, de la sialorrhée, phénomènes vasculaires de même nature, comme aussi l'ischurie, la ménorrhagie nerveuse, l'œsophagisme, subordonnés à l'innervation capricieuse et désordonnée des hystériques.

Or, un trouble subit de la circulation locale périphérique, ischémie ou stase paralytique, agissant sur les nerfs sensitifs, peut déterminer une sensation d'anesthésie ou au moins d'hypoesthésie. Chez les hystériques souvent les impressions perçues sont exagérées; une petite douleur devient chez elles une douleur excessive, même hystérogène ; une diminution de la sensibilité peut, amplifiée par le cerveau, devenir une abolition de la sensibilité. On conçoit aussi que pareille constriction ou dilatation vasomotrice puisse chez les hystériques se produire dans l'encéphale, dans une hémisphère ou dans un territoire vasculaire limité, et réaliser de l'anesthésie totale, de Thémianesthésie ou des anesthésies partielles d'origine centrale. Enfin, chez le sujet de la première observation, le traumatisme a pu déterminer un engourdissement de la main par choc nerveux. Quoi qu'il en soit, voici donc une anesthésie primitive due à une cause organique.

Chez un individu normal, cette anesthésie est passagère ; elle disparaît avec le phénomène vasomoteur ou le choc nerveux qui Ta provoqué. Chez l'hystérique, au contraire, il se peut que l'anesthésie survive à sa cause organique génératrice; elle persiste par auto-suggestion. Ceci est un phénomène habituel chez les nerveux. Les douleurs, les spasmes, les vomissements, les crises convulsives, les paralysies fonctionnelles, etc., une fois assimilés par les

centres nerveux ont de la tendance à être conservés par lui, alors que la cause initiale n'existe plus. De même, l'anesthésie des hystériques, après avoir eu un point de départ vasculaire ou nerveux devient une anesthésie autosuggestive ; l'image cérébrale du phénomène toujours présente continue à actionner le cerveau qui en est dupe et fait inhibition à la sention perçue.

Mais cette théorie est-elle applicable à tous les cas? Il y a des hystériques qui n'ont jamais présenté de troubles vaso-moteurs dans les régions anesthésiques; il en est qui ont de l'anesthésie unilatérale ou partielle, sans le savoir ; ils sont tout étonnés quand le médecin la leur démontre. Où est dans ce cas l'auto-suggestion?

Je n'affirme pas que mon explication s'adapte à tous les cas. Rappelons cependant pour diminuer la portée de ce dernier argument que l'anesthésie est souvent créée à l'insu du médecin par imitation ou par l'exploration médicale, que rhémianesthésie est très rare dans mon service et, dans ma pratique chez les sujets vierges de toute exploration antérieure, que le médecin est exposé à la créer quand il croit la découvrir. Je crois que l'anesthésie sans le savoir est plus rare qu'on ne l'a dit.

J'admets, cependant, qu'une hystérique ait une hémianesthésie qu'elle ignore et que le médecin découvre en prenant toute précaution pour ne pas la suggérer, le sujet lui-même ne connaissait pas de visu et auditu chez les autres l'existence de ce phénomène. Ici toute idée de suggestion, soit spontanée, soit venant d'un autre, semble devoir être éliminée.

Par quel étrange mécanisme cette anesthésie, qui paraît créée de toute pièce par l'hystérie, ofïre-t-elle tous les caractères de l'anesthésie suggérée, que nous avons définie par l'apparence dune anesthésie simulée, sans qu'elle soit simulée ? Ce qui complète la similitude, c'est que l'anesthésie suggérée dans le sommeil profond peut, comme celle de

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