‹ Hypnotisme suggestion psychothérapieChapitre 124 sur 235 · RÉSISTANCE DE8 HYPOCONDRIAQUES · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE DE8 HYPOCONDRIAQUES

gestion hypnotique depuis quatre semaines, nous sommes arrivés à modifier très favorablement son état : il reste levé plusieurs heures, cinq à six par jour; il peut manger, il n'accuse plus qu'une certaine gêne vers le stemo-mastoïdien gauche ; il n'a plus d'anxiété précordiale, mais il ne pourrait pas encore travailler ; la strangulation le guette toujours ; il est obligé, après avoir marché quelque temps, de s'asseoir ; mais il reconnaît lui-même qu'il if y a plus aucune comparaison entre l'état actuel et celui qu'il présentait à son entrée à l'hôpital. 11 est en voie de guérison. Mais vous voyez avec quelle ténacité ces impressions nerveuses, purement nerveuses, s'imposent ausensorium. Plusieurs semaines sans doute ou plusieurs mois seront nécessaires pour les déraciner complètement. Les faits de ce genre sont excessivement nombreux dans la clientèle. Quand ce sont des ouvriers ou des soldats qui les accusent, on est enclin volontiers à les traiter de paresseux, de carottiers; on les malmène du on les abandonne. Avec beaucoup de patience et de suggestion on les guérit souvent.

Autre chose est l'hypocondrie Invétérée, incontestable, qui rentre dans Le domaine de l'aliénation mentale, domaine le plus rebelle à la suggestion. J'ai VU par exemple, un jeune homme âgé de quinze ans. fort Intelligent, qui sentait depuis plus d'un an des douleurs stomacales et des battements de cœur; ces sensations étaient purement suggestives; il portait constamment la main sur son épigastre et sur son cœur, c'était une gène continuelle et qui ne le quittait pas. Je l'hypnotisai facilement ; je le mis en soin nambulisme, je l'enlevai à Lui-même, le changeai de personnalité; je pus ainsi momentanément le soustraire à la conscience de ses sensations imaginaires, le rendre gai et heureux pendant tout le temps que durait cette diversion psychique suggestive. Mais même en cet état, on voyait que cela le recherchait; sa vraie conscience tendait aie

ramener vers son cœur et son estomac. Après quelques minutes d'oubli, il y revenait sans cesse. Au réveil il était parfois bien pendant un certain temps, heureux et confiant, se disant à lui-même et cherchant à se le suggérer : Je suis guéri, je n'ai plus mal. Mais au bout d'un quart d'heure environ, le mal reparaissait : l'obsession était plus forte que l'impression provoquée.

Il semble, de prime d'abord, que la suggestion qui s'adresse à l'esprit doive guérir facilement les maladies de l'esprit. C'est une erreur! Une idée fixe est souvent plus difficile à déraciner qu'une sensation douloureuse. J'ai essayé bien des fois de guérir la mélancolie, l'hypocondrie, la maladie des obsessions, la manie, le délire de persécution, j'ai toujours échoué. Pendant leurs crises les aliénés sont en général difficiles, sinon impossibles à hypnotiser. Certains maniaques ont pu, il est vrai, être calmés par suggestion vigoureuse pendant leurs accès. Mais la maladie elle-même et son évolution ne sont pas influencées. Alors même qu'on arrive à hypnotiser les aliénés, dans l'intervalle des crises, je ne crois pas qu'on puisse en prévenir le retour. J'ai traité par exemple, une jeune fille américaine, atteinte de stupeur lypémaniaque intermittente procédant alors par acccès de dix à quinze jours, avec intervalles de trois semaines pendant lesquelles la gaité était revenue et l'intelligence remarquable : la maladie était héréditaire. Je pus hypnotiser la malade ; elle était très docile à la suggestion ; pleine d'espoir et de confiance, elle se croyait guérie. La crise réapparut, comme d'habitude, sans que l'esprit sollicité par la suggestion eût pu la conjurer.

Les aliénés vrais ne sont pas curables par la suggestion : car ce qui domine chez eux c'est l'auto-suggestion. S'ils étaient suggestibles, ils ne seraient pas aliénés. L'organe de la pensée doit être sain pour que la psychothérapie agisse efficacement sur lui. Il y a dans le système nerveux

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