‹ Hypnotisme suggestion psychothérapieChapitre 146 sur 235 · GRISES ET VOMISSEMENTS NERVEUX · texte numérisé non relu

GRISES ET VOMISSEMENTS NERVEUX

Je fais la suggestion contre les vomissements et pour le sommeil.

16 décembre. — La malade a eu de petites crises courtes; douleurs, gémissements. Elle ne vomit plus. Sa voix est restée bonne. Continuation de la suggestion à l'état de veille.

17. — La malade mange de tout. Hier elle a eu quelques envies de vomir, mais elle a pu faire l'inhibition, s'affirmant qu'elle ne vomirait pas. Elle a dormi plus que la nuit précédente, s'est endormie à neuf heures, réveillée à dix heures et demie ; et rendormie de deux à cinq heures. Depuis quinze mois, elle dormait au plus trois heures. — Suggestion spéciale, pour le sommeil : elle devra se rendormir immédiatement si elle se réveille.

18. — Se trouve bien, mange des œufs, ne vomit pas. S'est réveillée et rendormie immédiatement.

20. — Céphalée frontale qui est enlevée en une minute par suggestion, et cause encore par moment une sensation dans la gorge.

23. — La céphalée enlevée le 20 a reparu hier; a eu peu de sommeil, des cauchemars. — Suggestion.

24. — Va bien et. continue à aller bien; ni vomissements, ni insomnie. La voix restaurée se maintient. La malade ne ressent plus qu'un certain degré de faiblesse naturelle après quatorze mois de vomissements.

Le 28, elle demande à rentrer chez elle. Le Dr Voinot m'a appris que la guérison s'est maintenue radicale.

En résumé, une jeune fille impressionnable est prise après une suspension de règles, de gastralgie, suivie de vomissements nerveux. Sur ces symptômes gastriques se greffent au bout de trois mois des accès de grande hystérie que la suggestion à l'état de veille enraie et qui finissent par disparaître.

Les vomissements nerveux continuent pendant quatorze mois, avec insomnie, céphalalgie ; l'aphonie nerveuse s'y ajoute et dure onze mois. Le tout cède rapidement et radicalement à la psychothérapie à l'état de veille.

Observation XXV. - Crises cl hystérie infantile due à une frayeur avec tristesse et cauchemars, datant de dix-huit mois. — Guérison

de l'hystérie dès la première séance suggestive et de l'état nerveux en quelques jours.

Lucie L... est âgée de onze ans. Elle m'est amenée de Charleville, par son père, le 7 mars 1890. Cet enfant, d'un tempérament impressionnable, née d'un père nerveux, a toujours été bien portante avant la maladie actuelle. Il y a dix-huit mois, le domestique de la maison accusé à tort par la presse locale d'être un espion allemand, dut être congédié par le père et de désespoir alla se pendre. La petite fille qui lui était très attachée, il la conduisait à l'école, en fut vivement affectée. Pendant quatre mois, elle ne présenta rien d'anormal que de la tristesse, et de l'agitation : l'appétit se perdit; le sommeil fut agité par des rêves et des cauchemars pendant lesquels elle voyait toujours ce pauvre jeune homme en imagination; elle y pensait sans cesse. Chose singulière! Un mois après ce suicide, un petit garçon de seize ans, fils d'un ami, garçon très nerveux, frappé par ce triste événement, se pendit à l'espagnolette d'une fenêtre par une sorte d'auto-suggestion.

Trois mois plus tard Lucie L... après son dîner fut prise tout à coup d'une crise violente ; douleurs abdominales intenses remontant vers l'épigastre et la gorge, suffocation, face injectée, yeux blêmes, grands mouvements convulsifs, cris, agitation extrême. Elle appelle : « Louis, Louis (c'est le nom du domestique), je vais te rejoindre », et cherche à se suicider. Elle se jette à terre, se frappe, se roule, mord, veut tout briser, étouffe, etc. Cet accès dure trois heures. Depuis ce jour, elle a deux ou trois crises pareilles, en moyenne, par semaine; elle en a eu jusqu'à cinq. Dans l'intervalle des crises, elle est triste, inabordable, dit son père, facile à énerver : la moindre excitation amènerait la crise ; la nuit pendant son sommeil, elle a des cauchemars et parle. De plus elle a une douleur continue dans l'abdomen et dans les reins; on ne peut toucher la région abdominale, surtout à droite. L'idée seule qu'on va toucher cette région la fait crier.

En octobre dernier, à la suite d'un traitement par le bromure, la malade est restée six semaines sans crise, mais restant toujours énervée, agitée par des cauchemars nocturnes. Puis les crises revinrent, malgré le bromure, aussi violentes qu'auparavant, deux ou trois fois par semaine.

Le 31 janvier dernier, elle eut une crise très violente durant deux à trois heures, pendant laquelle elle souleva son lit, et

Page 1