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HYPNOTISME ET SOMMEIL

biiités spéciales: l'un n'est suggestible qu'en ce qui concerne la motilité ; on peut provoquer chez lui de la catalepsie, de la paralysie, des mouvements automatiques ; un autre Test quant à la sensibilité; il peut réaliser de l'anesthésie, de l'analgésie ; un troisième l'est en outre quant à certaines images sensorielles : on peut développer chez lui des hallucinations du goût ou de l'audition, mais pas d'hallucination visuelle. Chez un quatrième les images visuelles peuvent être évoquées aussi. Chacun a, je le répète, ses divers modes de suggestibilité qu'on peut mettre en jeu, simultanément ou isolément. Un certain nombre arrive à réaliser la suggestion du sommeil.

Les phénomènes dits hypnotiques ne sont donc en réalité que des phénomènes de suggestibilité.

Si le sommeil n'est pas nécessaire à la suggestion, il faut dire toutefois qu'il la facilite chez quelques-uns. Qu'il soit naturel ou provoqué, il supprime ou atténue l'initiative intellectuelle, il concentre l'activité cérébrale sur les phénomènes d'automatisme; il laisse l'imagination libre soustraite au frein modérateur des facultés de raison. Les rêves sont les auto-suggestious hallucinatoires du sommeil naturel. Dans ce sommeil, comme nous le verrons, on peut se mettre en rapport avec le sujet et réaliser tous les phénomènes de l'état dit hypnotique ou de suggestion.

Si le sommeil augmente la suggestibilité, l'on conçoit qu'on cherche à provoquer le sommeil ou un état voisin pour rendre la suggestion aussi intense que possible. Mais il importe de savoir que ces deux phénomènes ne sont pas absolument corrélatifs et ce serait, comme l'a déjà dit Braid, s'exposer à des échecs thérapeutiques fréquents que d'attendre le sommeil profond pour suggérer des effets salutaires.

En résumé voici quelle est aujourd'hui ma conception sur l'hypnotisme et la suggestion

Ce qu'on appelle hypnotisme n'est autre chose que la mise en activité d'une propriété normale du cerveau, la suggestibilité, c'est-à-dire l'aptitude à être influencé par une idée acceptée et à en chercher la réalisation.

Il n'y a pas d'hypnotisme : je veux dire qu'il n'y a pas d'état spécial, anormal, antiphysiologique, méritant ce nom ; il n'y a que des sujets suggestibles, plus ou moins, auxquels peuvent être suggérés des idées, des émotions, des actes, des hallucinations. Certains états d'âme, susceptibles de se produire spontanément ou d'être provoqués peuvent exalter cette suggestibilité.

Les médecins qui découvrirent cette propriété du cerveau humain la constatèrent seulement après certaines manipulations exercées sur le corps et crurent que ces manipulations créaient un nouvel état de l'organisme, magnétique ou hypnotique. L'ancien magnétisme avec ses manipulations bizarres, baquet de Mesmer, baguette de verre, arbre magnétisé de Puységur, passes de Deleuze et autres, attribuait tout à l'influence d'un fluide animal ou astral qui communiquerait des propriétés nouvelles à l'organisme humain. Les phénomènes dits aujourd'hui de suggestion, étaient fonction d'un fluide particulier, dit magnétique.

L'hypnotisme ou braidisme succède en 1841 au magnétisme. La fixation d'un point brillant agissant sur l'œil physique et mental produit un sommeil spécial ou un état voisin du sommeil, dit état hypnotique, et dans cet état on peut réaliser les mêmes phénomènes que ceux de l'ancien magnétisme, convulsions hystériques en moins, que provoquaient chez les sujets impressionnables les manipulations terrifiantes des magnétiseurs. L'hypnotisme fait du sommeil, de la catalepsie, de l'anesthésie, de l'hallucinabilité, non à la faveur d'une force mystérieuse ou fluide magnétique émanant de l'opération ; c'est le système nerveux du sujet qui fait tout, influencé par la rétine fascinée et la pensée concentrée.

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