‹ Hypnotisme suggestion psychothérapieChapitre 58 sur 235 · SOUVENIRS FICTIFS SUGGERES · texte numérisé non relu

SOUVENIRS FICTIFS SUGGERES

dis à Tua d'eux : « Hier vous avez vu un ivrogne entrer dans la salle vers quatre heures ; il chantait et criait ; il a voulu vous battre ; l'infirmier que vous avez appelé l'a mis à la porte. — Vous vous rappelez bien ! » Il fait signe que oui. — Plus tard, au bout d'un quart d'heure, je le réveille et je lui demande ce qui s'est passé hier. Il me raconte la scène, absolument convaincu de sa réalité. Les deux autres sujets dorment, inertes et l'air absolument étranger à ce qui se passe autour d'eux. Je réveille l'un et je lui demande : « Qu'y a-t-il eu dans la salle hier ? » Il me raconte la scène. Je réveille l'autre. Lui aussi me la raconte ! J'ai beau leur dire que c'est uue suggestion. Ils sont convaincus que c'est la réalité.

J'ai répété maintes fois cette expérience sur des sujets éveillés, sur des sujets hypnotisés et même en présence de sujets dormant spontanément. Parmi ceux-ci, il en est aussi qui entendent et prennent pour leur compte l'hallucination rétroactive. L'expérience ne réussit pas toujours de la même façon. Parmi les sujets interrogés comme témoins, les uns ont vu, nettement vu ; d'autres n'ont rien vu ; d'autres n'ont pas vu, mais ont entendu parler du fait par leurs voisins ; ils racontent ce qu'ils ont entendu dire et rapportent leur témoignage non visuel direct, mais auditif indirect. Vous voyez comment, à la faveur du sommeil artificiel ou naturel, ou même sans sommeil, par affirmation simple, par ouï dire, une idée fausse, un souvenir illusoire, un faux témoignage peut se glisser dans le cerveau. Le dormeur entend, lorsqu'il a l'esprit fixé sur la personne qui parle, il entend et enregistre ; il accepte sans contrôle. Au réveil, il ne se rappelle rien spontanément. Mais aussitôt que j'évoque le souvenir d'un des incidents de la scène, celle-ci se présente à l'imagination. Et comme le sujet n'en voit pas l'origine, ne sait pas que c'est un rêve suggéré, comme son sommeil n'a pas laissé de souvenirs spontanés dans son cerveau, il accepte ce souvenir illu-

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soire comme une réalité. On peut dire du sommeil : a C'est un état dans lequel on croit que c'est arrivé. » Et j'ajoute : « Ne dites jamais un secret devant une personne endormie, si vous ne voulez pas qu'elle le connaisse. Elle peut l'entendre et l'enregistrer ! »

J'ajoute que parmi les sujets suggestionnés à l'état de veille, hallucinés ou illusionnés, il en est qui, l'acte hallucinatoire ou illusoire accompli, ne se souviennent de rien.

Après cette esquisse rapide de quelques-uns des principaux phénomènes de suggestibilité, j'aborde la question de Yamnésie.

Nous avons vu que parmi les sujets hypnotisés, c'est-àdire auxquels on a suggéré le sommeil, il en est qui n'ont conservé aucun souvenir au réveil ; d'autres au contraire se souviennent de tout. Eutre l'amnésie complète et le souvenir complet tous les degrés existent. Quelques-uns ont entendu parler l'opérateur, mais ne se rappellent pas ce qu'il a dit ; d'autres se rappellent certaines choses : par exemple avoir bu, mais ne se rappellent pas le reste. En général, les hallucinables ne se souviennent pas ; cependant il en est qui se rappellent toutes les hallucinations dont ils ont été l'objet, tous les actes qu'ils ont commis. Quelquefois, au réveil, le souvenir est effacé. Mais peu à peu, dans la journée ou dans la soirée, le sujet retrouve ses souvenirs, et alors, s'il n'a pas été halluciné, s'il n'a pas conscience d'un rêve hallucinatoire provoqué qui implique dans son esprit l'idée du sommeil, si tout s'est borné à des paroles ou à des mouvements suggérés, le sujet se rappelant tout, croit de bonne foi qu'il n'a pas dormi, qu'il s'est laissé aller à simuler ; il avoue aux personnes de son entourage qu'il ne dort pas, mais qu'il y met de la complaisance et n'ose pas le dire au médecin. Si cet entourage est doué d'un esprit plus malicieux qu'observateur, il se laisse aller aussi à l'idée que le sujet est simple-

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