A QUELS SIGNES RECONNAIT-ON L'HYSTÉRIE PALUDÉENNE QUE DEVIENT-ELLE
Le diagnostic de la névrose au cours de l’impaludisme est facile, d’une manière générale, car nous nous basons pour la découvrir sur l’apparition des mêmes symptômes que ceux de l'hystérie vulgaire. Les stigmates sont identiques dans les deux cas ; sensation de la boule, abolition des réflexes cornéen. et pharyngien, hémianesthésie, hyperesthésie, zones hystérogènes, tout est semblable. L'attaque elle-même ne se distingue pas, dans son ensemble, de l'attaque que nous sommes habitués à rencontrer dans là grande névrose, bien que les phases n’en soient pas toujours très complètes et suivies.
C'est plutôt dans la marche de la névrose paludéenne, parallèle aveë celle de la malaria, se déclarant le plus souvent au plus fort de l'accès de fièvre, qu'il faudra chercher les éléments, du diagnostic. Nos observations VIF, IX, XI, XIV, XV, paraissent le démontrer.
Bien souvent le paludéen est en même temps un nerveux plus ou moins avéré, ce que prouve la découverte des stigmates faite au cours de l'examen du malade, et qui établit l'existence des liens qui unissent la névrose à la malaria.
Quelquefois la crise nerveuse remplace l'accès de fièvre, et c'est alors sur la périodicité de l'affection que le praticien asseoira son diagnostic et son traitement. C'est ce qui est arrivé pour les malades des observations LE, IV, VE, VII
se
On pourrait objecter que l’hystérique est, comme l’a dit Charcot, simulateur par excellence, et mettre en doute l'apparition périodique des attaques. Mais, en outre de la simulation des stigmates qui est fort difficile, il faut remarquer que les malades, présentant ces désordres nerveux, ne sont pas des hystériques ordinaires, mais bien des individus ayant dans leur passé clinique de bonnes raisons pour faire soupçonner autre chose que de la simulation. Ce sont, en effet, des rapa triés du Tonkin, des colons, tous gens qui se sont exposés longtemps aux miasmes du marais. Ce sont des intoxiqués à dose plus ou moins forte.
C’est donc par la constatation des stigmates, de la périodicité des attaques et de l’intoxication palustre que l’on arrivera à la conviction de l'existence chez le malade d’une hystérie d'origine paludéenne.
Mais que deviendra le sujet atteint de cette névrose ?
On peut dire que l’hystérie paludéenne n’est pas grave par elle-même, car les attaques, si intenses soient-elles, ne sont pas suivies de dénouement fatal. Elle guérit, en effet, le plus souvent quand elle ne s'implante pas chez un sujet débilité, et qu'elle est soignée à temps dans ses effets morbides.
Toutefois, à côté des cas bénins, il en est d’autres qui forment une catégorie où la névrose parait plus tenace. Ainsi, daus l'observation XI, nous voyons que des idées de suicide ont pu germer dans le cerveau du malade désespéré de voir son affection nerveuse résister aux meilleurs traitements ; dans l'observation VIT, les stigmates de l'hystérie ont encore persisté après la médication instituée. De plus, dans beaucoup de cas nous assistons à des rechutes de la maladie, et nous voyons les malheureux nerveux sous le coup d’une récidive presque fatale.
C'est qu'en effet, ilne s’agit pas de simples paludéens ; mais
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