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IL PEUT PROVOQUER L'HYSTÉRIE

Les auteurs anciens, Vitruve, Varron, Columelle, semblent avoir soupçonné l'origine parasitaire de la malaria.

Tour à tour on incrimina les infusoires (Virey), Jes animalcules dus à la putréfaction des végétaux dans les marais (Lancisi, Boudin, Bouchardat), les champignons microscopiques des marais {Mitchell}, les spores de certains végétaux (Mürrhy).

Binz (1) parle vaguement des bactéries. Salisbury (2) cite l’histoire de deux jeunes gens qui contractèrent la malaria après avoir couché dans une chambre où se trouvaient des vases de terre marécageuse contenant des nalmelles. Il rapporte à cette algue l’éclosion des fièvres palustres.

Mussy (de Ceylan) (3) a signalé la présence de champignons miseroscopiques dans l’air palustre de Jaffna.

Balestra et Salmi (4) parlent d’une algue de nature indéterminée. Erklund (5) incrimine ‘un champignon : Te Lymnophysalis hyalina. “ee

(1) Max Schultzes. Archiv. 1867.

(2) The american journ. of the Med. sc., janvier 1866. (3) Army med. Report. 1855.

(4) Congrès médical de Florence.

(5) Archives de médecine navale.

Là

PAAQE LCR Enfin, Klebs et T. Crudeli attribuent la malaria à un bacille, le bacillus malariæ, aérobie se développant sous forme de

: longs filaments.

Ces théories, qui eurent leur moment de célébrité, sont

aujourd'hui tombées dans l’oubli. En effet, les récents travaux

de Laveran, de Marchiafava, de Celli les ont ruinées, et l’on peut dire que la réussite des inoculations de sang paludéen leur à porté le coup de grâce.

C'est en 1880 que Laveran (1) découvrit dans le sang des paludéens le parasite qui porte depuis son nom : l’hématozoaire de Laveran. H se présente sous-des formes assez variées, qu'on peut ramener à quatre types : l° corps sphériques : 2° flagella ou filaments mobiles; 3° corps en croissant; 4° corps en rosaces où segmentés. ARE AT AES :

Marchiafava et Celli (2) ont émis des idées qui sont en désaccord sur plusieurs points avec celles de Laveran. Ils admettent plus de quatre formes de parasites. Pour les auteurs. italiens, l'hématozoaire est endoglobulaire ; le mode de reproduction du parasite, ses phases de développement sont aussi

différentes dans les deux théories.

Golgi (3) admet seulement deux espèces de parasites : celle de la fièvre tierce et celle de la quarte.

Pietro Canalis (4) admet trois variétés d’hématozoaires.

Grassi et Fellatti (5) ont classé les parasites connus en deux espèces :

(1) Du paludisme et de son hématozoaire. Paris, 1891.

(2) Sulle alterazioni dei globuli rossi nella infezione da malaria e sulle generi dellamelanemia.— Reale Academ. dei Lincei. Roma 1884. (3) Suile infezione malarica. — Archiv. p. le sc. med.. tome X,

(4) D’après Laveran, loc. cit., p. 68.

(5) Sur le parasite du paludisme. — Riforma medica, 1890.

— 18 — 2 1° L'hœmamæba, comprenant trois variétés ;

2° Le Laveriana.

Pour M. Treille (1), d'Alger, l’hématozoaire serait unique, mais passerait par des phases successives.

Notre maître, M. le professeur Nepveu (2), a fait en Algérie un millier de préparations microscopiques sur le sang, les villosités intestinales et les matières fécales de plus de 150 malades. Il a vu dans le champ du microscope plus de trente hématozoaires différents, ce qui ne parail guère être en faveur de l'unité du parasite de la malaria.

L'ensemble des travaux que nous venons d’énumérer paraîtrait faire croire que si l’on discute encore sur la nature du parasite, tout au moins est-on d'accord sur le fait de l’existence de ce dernier. |

Cependant, certains auteurs, Corre (3), entre autres, repoussent cette théorie du parasitisme, et concluent à l'existence d'un agent chimique qui serait le principe nocif. Comme les ptomaïnes, il naît de la décomposition des matières organiques, surtout végétales.

Nous ne voulons pas discuter ici cette proposition ; mais il nous paraît logique de considérer commé vraie la théorie parasitaire qui s'appuie sur des faits positifs, prouvés et reconnus par le plus grand nombre des auteurs. Toutefois, comme nous le dirons plus loin, il est ‘rationnel de croire à l'existence d’un agent chimique se rapprochant des ptomaïnes. Pour nous, il ne s’agit pas ici d’un empoisonnement chronique semblable à celui de l'alcool, parexemple ; maisii faut rapporter

(1) Comptes-rendus de la Société de Biologie, 23 janvier 1891.

(2) Etude sur le parasite du sang chez les paludiques. — Soc. de Biologie, 21 mars 1891.

(3) Traité clinique des maladies des pays chauds, Paris, 1887.

DEA, les phénomènes morbides à une infection due aux produits de sécrétion des parasites.

Un fait qui est venu consolider la théorie du parasitisme dans la malaria, est celui de la réussite des inoculations soit de sérosité, soit de sang humain pris sur des malades atteints de paludisme. Tandis que les inoculations faites sur les animaux n'ont donné que des résultats négatifs (faits de Marchiafava et Cuboni) (1),-celles faites sur, l'homme ont pleinement réussi entre les mains de Dochman (2), Gehrarüt (3), Mariotti et Crarocchi (#4), Marchiafava (8), Guoldi et Autolisei (6). Ceci (T}, qui prétend avoir réussi à provoquer des accidents chez le lapin, est réfuté par Laveran, qui, reprenant ses expériences, esb arrivé à des résultats négatifs. Les travaux de Danilewsky (8) ont d’ailleurs établi que si l’existence de la malaria était probable chez les animaux, elle était produite par un hématozoaire différent de celui de l’homme pe ses caractères spécifiques.

Chassin (9) qui, dans sa thèse inaugurale, a réuni les observalions parues sur ce sujet en Allemagne et en Italie, conclut en ces termes : « Vu le nombre et la nature positive de ces expériences, 1l n'y à pas à émettre de doutes sur la contagion du paludisme chez l’homme par inoculation. »

(4) Atti della R. Academia dei Lincei, 1881.

(2) In Virchows ü. Hirsch’s lahresb. 1881.

(3) In Zeitschs. f. Klin. med. B. d. VII.

(4) In lo Sperimentale, 1884, vol. LIV, fase. XIT.

(5) In Fortschritte der med. Berlin, n° 11, 4°" juin 1884.

(6) Bull. della R. Academia da Roma, 1888- 89, fasc. VI, et Riforma med., septembre et novembre 1889.

7) Archiv. f. experiment., path. u. pharmak. B. d. XV et XVL

( (8) Annales de l’Institut Pasteur, 1890.

(9) Sur l'inoculation de la fièvre intermittente. Thèse Paris, 1885.

Le traitement même de la malaria vient encore ajouter une preuve de plus à la théorie parasitaire. La quinine 1’a-t-elle pas, en effet, une action antiseptique ? Cette action, signalée par Pringle, en 1750, a été confirmée par Baxter (1), Pécholier (2), Biuz, qui ont pensé que le quinquina et ses alcaloïdes agissaient en s’opposänt au développement des organismes inférieurs et aux fermentations qui en sont la conséquence. Ils invoquent à l'appui de leur doctrine l’action prophylactique des sels de quinine. : )

Les expériences entreprises sur la toxicité urinaire des paludéens ont encore montré qu'après chaque accès elle était augmentée par rapport à la diminution éprouvée pendant l'accès : il y avait done eu rétention de produits solubles dus à la présence de parasites.

[Il semble donc admis que ia maladie est due à l’action d’un agent fébrigène ; on ne discute encore que sur sa nature in- : time. Est-ce un agent physique, chimique où organique ? Estce un être organisé ?

Cependant, si l’on tient compte des circonstances dans lesquelles se développe cet agent fébrigène et des caractères que nous révèlent ses diverses manifestations, 1l nous semble que sa nature organisée devient de plus en plus probable.

Accepterait-on facilement qu'un agent physique ou chimique, comme l’admet Corre, ait besoin d’une certaine température pour prendre naissance, qu'il ne puisse s'élever à plus de cent mètres dans l'atmosphère, qu'il soit arrêté par une nappe d'eau ou un rideau d'arbres ?

(4) The action of the Cinchona alcaloids and some of their congeners on bacteria and colourless corpuscules. — In the Pract. Nov. 1873.

(2) De l'action antizymasique de la quinine.— Montpellier médical, décembre 1884.

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Comprend-on un produit gazeux mêlé à l'air et malgré sa diffusion pouvant être transporté à dose suffisante pour produire le paludisme, à plusieurs kilomètres ?

La même difficulté ne se présente-telle pas quand il s’agit d'un agent physique ? Quel est celui, parmi tous éeux que nous connaissons, qui puisse se prêter sans grandes difficultés à de pareilles explications ?

Au contraire, tout n'est-il pas facilement interprété si nous acceptons sa nature organisée, si nous l’assimilons à un microorganisme ? Ne sommes-nous pas d’ailleurs autorisés plus que jamais à accepter cette hypothèse, maintenant-que l’origine microbienne de certaines affections s’affermit de jour en jour ? Qu'va-t-il de plus conforme à la vie des microorganismes que la nécessité d’un milieu comme le demande l'agent fébrigène ? N'est-il pas facile d'admettre que, né dans ce milieu, il peut être pris par les vents et transporté dans l'atmosphère ? que ce même microorganisme, ayant un certain poids, ne peut s'élever qu’à une certaine hauteur et n'aller que jusqu'à une certaine distance? qu'il ait besoin pour se: développer de l'air et d’une certaine température ? Ainsi s'explique ce fait qu'il reste inoffensif sous une nappe d’eau et qu'il soit détruit par la sécheresse, qu'’enfinun rideau d'arbres qui tamise l’air, l'arrête

dans sa course.

Toutes ces considérations plaident en faveur de vette hypothèse et il devient diflicile de ne pas l’accepter comme possible.

En résumé, l'existence d'un parasite, la production probable: d’un poisan- analogue aux ptomaines et dû à l'élaboration du parasite, le succès de l’inoculation de l’homme à l'homme du poison paludéen, l'action antiseptique du médicament

. curatif par excellence : voilà des faits prouvés qui militent

fortement en faveur de la théorie infectieuse et parasitaire de

la malaria.

Aussi dirons-nous que le paludisme a tous les droits pour être compris dans la liste des maladies infectieuses, et si, comme nous eroyons l'avoir démontré dans le précédent chapitre, les maladies infectieuses sont des agents provocateurs de l'hystérie, il découle naturellement de cette première proposition que le paludisme, considéré comme maladie infectieuse, peut lui aussi provoquer cette névrose. |

Voyons maintenant si les faits eliniques viennent à l'appui de notre sentiment.

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. la rubrique : observations peu probantes, sont réellement des accès paludéens compliqués d’ hystérie ; mais, à cause du | peu de développement que leur auteur a donné à l'étude des … désordres nerveux présentés par le malade, nous avons cru | bien faire de les réunir à Part tout en donnant à leur sujet «notre pensée intime. AA |

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