‹ Hystérie et PaludismeChapitre 7 sur 16 · FRONT · texte numérisé non relu

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père à 74 ans, de maladie chronique pendant laquelle il toussait et crachait. Il a plusieurs frères bien portants.

Antécédents personnels. — Nuls ; il n'a jamais été malade et n'a jamais eu de phénomènes d'hystérie.

Etant à Aigues-Mortes pour travailler aux vendanges, il prend les fièvresintermittentes à accès quotidiens venant à 10heures du matin. Les trois stades de froid, chaleur et sueurs étaient bien marqués. Il garde les fièvres 3 mois.

En septembre 1891, il va travailler aux vendanges en Camargue, aux Stes-Maries, pendant 15 jours ; les fièvresle reprennent. Il se plaignait d’une grande faiblesse et d'une fièvre qui, continue durant le jour, le quittait la nuit. Au bout de 3 jours de cet état, il se rend à Nimes et les fièvres cèdent en 2 jours à la quinine. Le malade repart pour l'Ardèche, où il retombe malade au bout de 45 jours. Il vient à Marseille et entre à l'Hôtel-Dieu.

Etat actuel. — Le 20 novembre, le malade a un accès de fièvre à

10 heures du matin ; à 4 heures du soir, la température est de 40°9 ; 435 pulsations, léger délire.

Le 21, température égale, 36°4 le matin ; le soir, 37°; depuis, la température demeure normale sous l'influence de la quinine (1 gramme par jour).

Le malade a une forte teinte jaunâtre de cachexie ; il est un peu hébété, assez amaigri, ce qui doit tenir aux privaticns dont il a souffert les jours précédents.

Crise légère d'hystérie avec mouvements spasmodiques le 22 ; on constate un peu d'arc de cercle.

On fait l'examen des organes :

Appareil digestif. — Rien du côté du tube digestif. Le foie et la rate sont douloureux à la pression, mais cette douleur provoquée peut être mise sur le compte de l'hyperesthésie du sujet. Ces deux organes sont un peu hypertrophiés. |

Appareil pulmonaire. — Rien.

Appareil circulatoire. — Rien au cœur; double bruit de souffle aux carolides. Nous notons, à la jugulaire gauche,un bruit de souffle continu, peu intense.

Appareil nerveux. — Le caractère est modifié ; depuis deux mois il est devenu bizarre, inquiet.

Les réflexes sont légèrement exagérés, surtout le réflexe plantaire. Les réflexes cornéen et pharyngien sont normaux.

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La sensibilité est fort exagérée, tant par la chaleur que par la

piqûre. L'hyperesthésie est surtout marquée sur les cuisses et l'ab-

domen. ;

On trouve plusieurs zones spasmogènes, localisées sur les parties latérales des cuisses, de l'abdomen et dans la région lombaire, surtout marquées dans la moitié droite du corps. Il n’y en a pas le long du rachis, ni sur la tête. Ces zones donnent naissance, quand on les presse, à des mouvements spasmodiques trés marqués.

L'ouïe est normale à gauche, affaiblie à droite ; sens du goût et de la vue normaux.

Le 28, les zones spasmogènes ont entièrement disparu dans la moitié gauche du corps :: elles sont fort affaiblies à droite.

Le 8 décembre, l’état général est bon ; les symptômes d’anémie ont disparu (plus de souffle ni de pâleur). Les phénomènes nerveux se sont aussi dissipés. Exeat.

Observation XIII (Inédite)

Ver... (Joseph), pâtissier, né à Mirepoix (Gers), 22 ans, entre, le 23 septembre 1893, dans le service de M. le docteur Fallot, suppléé par M. le docteur Bidon, médecin des hôpitaux, salle St-Joseph, n° 31.

M. le docteur Sesquès, alors interne du service, a bien voulu nous communiquer les détails qui suivent. Nous len remercions bien sincèrement.

Antécédents héréditaires. — Nuls.

Antécédents personnels. -— Il à fait, à 13 mois, une maladie, pendant laquelle il avait, dit-il, le ventre et la tête enflés et durs. Il a eu ensuite un abcès sous-maxillaire droit.

À 11 ans, il contracte une angine couenneuse qui le tient malade un mois.

A 13 ans, conjonctivite granuleuse (?), taie de la cornée.

Il entre à 18 ans au 1°" régiment de marine.

Le 2 février 1891, il part pour le Tonkin, où il demeure deux mois en bonne santé. À Tuch-Nam, il prend la diarrhée et les fièvres qui lui durent un mois.

A la fin de 4891, blennorrhagie avec orchite double, puis syphilis avec éruption cutanée, adénites multiples, plaques muqueuses

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buccales. On lui administre des pilules au protoiodure de mercure, et l'iodure de potassium, pendant un mois et demi. Iritis de l'œil droit concomitante avec une conjonctivite, purulente sans doute, durant cinq jours. Fièvres intermittentes avec aura et perte de connaissance, pas d'accès pendant plusieurs jours consécutifs ; mais les accès sont réguliers, sans intervalles éloignés.

Réformé pour iritis de l'œil droit avec astigmatisme, il rentre en France le 30 janvier 1892.

De cette époque à son entrée à l'hôpital, les accès intermittents ne le quittent plus complètement, puisqu'il fait encore deux accès en février et en juin. Après ces accès, il ressentait le lendemain une lassitude, de la migraine, qui s’accentuaient pendant plusieurs jours aux heures où était venu l'accès.

Etat actuel. — Après avoir travaillé en Camargue pendant 25 jours, se sentant souffrant, il part pour Marseille le 18 septembre ; en route il fait un accès de fièvre vers 10 heures du soir ; il perd connaissance et se réveille le matin seulement, tout étonné de se retrouver à l'endroit où il était tombé.

Les 19, 20, lassitude, mal de tête, fièvre légère sans accès, mais continue.

Entre à l'hôpital le samedi 23 septembre 1893. T. 36°4.

Le 24, on lui trouve la langue saburrale, épaisse ; pas d’appétit, pas de selles depuis quatre jours. Mal de tête intense. Il éprouve un léger bourdonnement d'oreilles.

Auscultation : ràles sous-crépitants aux deux bases: sibilants et ronflants dans le reste de la poitrine.

Cœur : rien.

Sensibilité : hyperesthésie assez vive, surtout au chatouillement. sauf aux membres-supérieurs. Au flanc gauche il y avait un point où la pression était douloureuse et provoquait un rire pénible.

Motilité : normale.

Sens musculaire : normal.

T. 39°8, à 8 heures et demie. 40° à midi.

Vers 8 heures et demie de ce jour, il prend son accès de fièvre. La température va toujours en augnientant jusqu'à midi, puis décroit par bonds vers le matin du 25. A midi et demi, au plus fort de la fièvre (40°6), il fait une crise d'hystérie durant cinq minutes avec quelques grands mouvements, contractures, arc de cerele :

+ RER quelques cris, mais pas de paroles suivies: hallucinations. Il ne se rappelle de rien.

Le 25, la fièvre est tombée. T. 3692; soir 36°. Traitement : ipéca 4 gr. 50, quinine 1 gramme. Le soir, vers sept heures, commencement d'accès sans crise nerveuse.

Le 26, T. matin 365 ; soir, 36°6; mal de tête, malaise de deux heures à six heures du soir, pas d'accès franc.

Jusqu'au 3 octobre, pas d'accès. On a diminué la quinine à 0,75 centigr. le 29 ; à 0,50 centigr. le premier.

Exeat sur sa demande. Les phénomènes nerveux ont presque tous disparu ; il est plus calme, moins chatouilleux.

La caractéristique mentale de cet homme était l’insouciance. Il ne se préoccupait pas de son état, et surtout n'avait aucune inquiétude sur sa syphilis et n’en avait jamais eu. Il était cependant un peu déprimé intellectuellement à son entrée et pendant la période initiale de son séjour à l'hôpital ; mais à mesure que l’hyperesthesie diminuait, il se sentait mieux.

Marche de la température de l'observation XI11

Septembre, 23. — Soir 36°4.

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