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PL. VIII

[Collection Horizon]

PATHOGENIE 163

pour déterminer des actions chimiques rapides et complètes. En outre, par une sorte de cycle admirable, cette même intensité dans la réaction chimique entraine une plus active production de chaleur. Il y a une sorte de régulation automatique qui assure la rapidité et la précision des mouvements (liée à une haute température) par ce mouvement lui-même qui élève la température. »

Cette supériorité des organismes homéothermes qui les rend indépendants du milieu thermique ambiant a pour contre-partie inévitable leur fragilité même. « Assurément, ajoute Ch. Richet, la vie des êtres très fortement exothermiques est plus fragile, plus exposée à des offenses de toutes sortes que la vie des êtres à sang froid. Les tissus sont plus avides d'oxygène et de matériaux de réparation, partant sujets à périr plus facilement.... La robustesse et la perfection d'un appareil sont des qualités contradictoires et nous devons peut-être considérer comme les plus merveilleux organes ceux qui, par leur complication progressive, sont devenus accessibles aux plus légères causes de perturbation. »

A la lumière de ces données physiologiques, les faits cliniques sur lesquels nous avons attiré l'attention s'éclairent : on conçoit mieux la ténacité de ces parésies et de ces contractures ou hypertonies réflexes, on comprend mieux leurs caractères sémiologiques. Il n'est pas jusqu'à l'hypotonie qu'elles ne' soient, peut-être, en mesure d'expliquer en partie (voir aussi Note, p. 174). En effet, sous l'action du froid et de la fatigue, le muscle perd de son élasticité et s'allonge (Boudet) [210].

Rappelons aussi l'observation suivante de Schiff : chez la grenouille, après le jeûne hivernal, on constate un état de contracture latente dû probablement à l'excitation des muscles par les produits de désassimilation musculaire. Certaines formes de contracture ou d'hypertonie réflexe n'auraient-elles pas pour cause immédiate un phénomène de cet ordre?

En résumé, la pathogénie « réflexe » nous semble rendre compte de toutes les particularités du syndrome physiopathique. Parmi les symptômes qui le constituent, les uns, tels que la surréflectivité tendineuse et le spasme vasculaire, sont le résultat direct de Faction réflexe; les autres, tels que la surexcitabilité mécanique des muscles et la lenteur de la secousse, ne paraissent en être qu'une conséquence indirecte. Enfin, il est possible que les troubles de molilité puissent dépendre tantôt d'un état d exci-

tation ou de stupeur des centres moteurs spinaux, comme Charcot Pavait supposé, tantôt des perturbations qu'entraînent les phénomènes vaso-moteurs sympathiques, eux-mêmes d'origine réflexe. Au premier mécanisme répondent, sans doute, les contractures qui ne cèdent que dans le sommeil chloroformique profond, les contractures avec surréflectivité tendineuse manifeste ou latente et sans troubles vaso-moteurs notables, par exemple certaines contractures en flexion de la jambe sur la cuisse. Au deuxième mécanisme semblent répondre particulièrement ces états parétiques ou hypertoniques si communs qui prédominent aux extrémités et qui s'accompagnent de troubles vaso-moteurs très caractérisés. Les deux mécanismes, du reste, paraissent souvent entrer en jeu simultanément, ce qui explique l'association fréquente des troubles qui appartiennent à ces deux catégories de faits, association que nous avons observée par exemple dans des cas de contracture des muscles pelvi-trochantériens avec état parétique du pied.

Mais, malgré la valeur des arguments qui plaident en faveur de la pathogénie que nous venons d'exposer, quelques neurologistes se refusent à l'accepter et, pour expliquer les faits auxquels ils consentent pourtant à accorder une certaine individualité, ils renouvellent les interprétations anciennes dont Vulpian et Charcot ont fait, déjà, une critique si judicieuse. Comme par le passé, tandis que les uns (Camus, Claude, Sollier, A. Thomas [144]) rendent l'immobilisation responsable des accidents, d'autres les attribuent à une névrite ascendante ou irradiante (Guillain et Barré [145]); on les a fait aussi dépendre de simples attitudes antalgiques. Il est singulier, soit dit en passant, que des problèmes dont la solution semble assez simple puissent être encore en discussion après avoir été posés il y a trois quarts de siècle !

Ainsi donc, suivant les uns, c'est Y immobilisation qu'il faut incriminer; la simple inactivité, conséquence d'une paralysie ou d'une contracture hystérique, pourrait entraîner les divers troubles que nous avons passés en revue. Cette opinion nous semble erronée. Nous ne contestons pas, il est vrai, que l'immobilisation d'un membre soit en état de déterminer un léger degré d'hypothermie locale. Ne provoque-t-on pas l'apparition d'une thermo-asymétrie en faisant fonctionner un bras et en laissant

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