‹ Hystérie - pithiatisme et troubles nerveuxChapitre 38 sur 61 · COTE MALADE COTE SAIX · texte numérisé non relu

COTE MALADE COTE SAIX

Fig. 22. — Paralysie du cubital droit : le sujet place les pouces en adduction. Les angles radio-métacarpien et métacarpo-phalangien s'effacent et la deuxième phalange du pouce se fléchit du côté de la paralysie cubitale.

Fig. 23. — Paralysie du médian droit : Je sujet place les pouces en adduction. Les angles radio-métacarpien et métacarpo-phalangien sont plus accentués et se rapprochent plus de l'angle droit du côté de la paralysie du médian que du côté sain.

Cote Malade

Fig. 2L — Paralysie du cubital gauche;le sujet s'efforce de rapprocher les doigts mais l'auriculaire gauche reste en abduction. Mêmes remarques, au sujet du pouce, que pour la figure 22.

angle (voir fig. 22 et M). Cette attitude particulière s'explique par l'intervention, en cas de paralysie de l'adducteur du pouce, d'une

adduction de suppléance que réalise le long extenseur et qui paraît impliquer la contraction synergique du long fléchisseur.

Dans la paralysie du médian la silhouette du pouce en adduction est tout autre (voir fig. 23). Les deux angles, loin de s'effacer, s'accentuent et se rapprochent de l'angle droit (action prédominante de l'adducteur et des extenseurs après paralysie du court abducteur l) tandis que la deuxième phalange reste étendue comme à l'état normal.

Vabduction du pouce n'est pas modifiée chez les sujets atteints de paralysie cubitale, mais elle est anormale en cas de paralysie du médian : la première phalange du pouce ne peut s'étendre, et l'angle métacarpo-phalangien qui, à l'état normal, s'efface dans ce mouvement, est à peu près aussi accentué que dans l'adduction. Dans les paralysies radiales ce mouvement est impossible; les malades le remplacent par un mouvement d'opposition, opposition à l'index ou même opposition à l'auriculaire lorsque le court abducteur est parésié (ce qui s'observe parfois dans les paralysies radiales pures).

Lorsque le sujet atteint de paralysie du médian cherche à faire un mouvement d'opposition, il ne peut réaliser qu'une pseudoopposition ou une opposition incomplète. L'opposition du pouce à l'auriculaire demeure souvent possible car elle dépend de la contraction du court fléchisseur qui dans un assez grand nombre de cas est, au moins en partie, innervé par le nerf cubital, mais dans ce mouvement le pouce ne s'écarte pas de la paume de la main comme du côté sain et l'angle métacarpo-phalangien est plus aigu qu'à l'état normal. L'opposition à l'index étendu (mouvement de pince) qui dépend de la contraction du court abducteur est, par contre, toujours impossible, le pouce ne peut atteindre que la première articulation inter-phalangienne ou la deuxième phalange, il ne parvient pas à la pulpe de l'index.

Pour ce qui concerne les autres doigts, on peut considérer que Yabduction habituelle de V auriculaire avec impossibilité de l'adduction, tout au moins lorsque le sujet ne fléchit pas les

1. Cette déformation caractéristique du pouce dans la paralysie du nerf médian a été déjà indiquée par Létievant [247]. Nous avons retrouvé récemment, dans son Traité des Sections Neroeuses, la description que voici : « Déformation du pouce caractérisée par une forte saillie en dehors de la tête du premier métacarpien; une dépression au-dessus, correspondant aux muscles court abducteur et opposant atrophiés; une inclinaison de tout le pouce entraîné en dedans par la tonicité de l'adducteur ; une rotation telle, sur l'axe du pouce, que la face palmaire de ce doigt regarde directement en avant » (p. 36; voir aussi f. 1, p. 37'.

premières phalanges, est un des signes les plus constants et les plus caractéristiques de la paralysie cubitale (voir fig. 24).

Il est souvent utile, enfin, pour juger de l'état de la motilité de la

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