‹ Hystérie - pithiatisme et troubles nerveuxChapitre 39 sur 61 · COTE SAIN · texte numérisé non relu

COTE SAIN

|Fig. 25. — Signe du pouce dans une paralysie du nerf cubital droit (Froment) [223] [224].

main, de lui faire exécuter des gestes usuels automatiques tels que des actes de préhension.

Dans les paralysies du cubital (avec impotence de l'adducteur) la préhension éuergique d'un objet mince (journal ou carton) entre le pouce et l'index replié sous lui ne se fait plus comme à l'état normal (première phalange fléchie, deuxième phalange étendue ou à peine fléchie, pouce ramené vers la base de l'index et incliné sur son bord interne). Le pouce s'arc-boute et la préhension se fait à bout de doigt : la première phalange s'étend, la deuxième se fléchit; de plus le pouce est souvent ramené vers l'extrémité de l'index et s'incline sur son bord externe (voir fig. 25). Ces particularités s'expliquent par l'adoption d'un autre

mode de préhension et par l'action prédominante du court abducteur; c'est le signe du pouce (Froment) ("223].

Dans les paralysies du médian, c'est au contraire la préhension d'un objet d'une certaine épaisseur (d'un cylindre ou d'un verre par exemple) qui sera le plus caractéristique : le pouce bute contre l'objet et ne l'empoigne pas (voir fig. 26).

Remarquons encore que l'épreuve appliquée par Raimiste au diagnostic de l'hémiplégie organique peut être utilisée pour le

o-. 26. — Préhension anormale dans un cas de paralysie du médian : par suite du défaut d'opposition, le pouce bute contre le cylindre et ne l'empoigne pas.

diagnostic de la paralysie radiale (H. Meige, Froment et Hoven).

Ajoutons enfin que la faradisation unipolaire dans les paralysies du médian et du cubital peut provoquer une extension paradoxale de la main lorsqu'on applique l'électrode négative à la partie antéro-inférieure de l'avant-bras, alors que l'électrisation bipolaire détermine de la flexion. Ce dernier fait traduit l'action prédominante des extenseurs et permet de déceler une impotence même légère des fléchisseurs de la main [200].

La faradisation unipolaire de la partie postéro-supérieure de l'avant-bras détermine, par contre, une flexion paradoxale de la main, dans les paralysies radiales, alors même que l'excitabilité faradique du nerf radial ne paraît pas sensiblement modifiée [201]. C'est que l'excitation électrique portant alors sur le médian et le cubital en même temps que sur le radial, l'action des fléchisseurs l'emporte sur celle des extenseurs. Ce signe peut servir à dépister des paralysies radiales frustes telles que celles qui résultent parfois de l'usage des béquilles.

Ces quelques notions, jointes à celles que nous avons précédemment données, permettront toujours de distinguer les troubles qui sont sous la dépendance d'une lésion des troncs nerveux d'avec les paralysies hystériques.

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