DIAGNOSTIC DES PARALYSIES RÉFLEXES ET DES PARALYSIES HYSTÉRIQUES
Dans les deux premières parties de ce livre, nous avons cherché à analyser, d'une manière aussi minutieuse que possible, d'une part, les divers signes qui appartiennent aux paralysies et contractures hystériques et, d'autre part, ceux qui appartiennent aux
PlTHLiTîSMË et troubles réflexes
paralysies et aux contractures réflexes. Pour éviter des redites inutiles, nous nous bornerons à résumer ici, dans un tableau, les caractères essentiels qui distinguent ces deux ordres de troubles :
Contracture et Paralysie réflexes.
1° Troubles moteurs limités, souvent peu intenses, mais profonds et relativement tenaces, même lorsqu'ils sont soumis à un traitement méthodique (méiopragies et hypertonies rebelles).
2° L'attitude du membre, dans les formes hypertoniques, ne correspond pas à une attitude naturelle ou tout au moins s'en distingue par quelques particularités. La physionomie générale de certains types cliniques, que la volonté ne peut reproduire, paraît presque caractéristique.
3° Amyotrophie ordinairement assez marquée et se développant rapidement.
4° Troubles vaso-moteurs et thermiques qui sont souvent très accentués et s'accompagnent d'une réduction, parfois très prononcée, de l'ampli lude des oscillations mesurée à l'oscillomètre.
5° Quelquefois hyperidrose très marquée.
6° Réflexes tendineux assez souvent exagérés. Dans certains cas au contraire diminution et lenteur du réflexe achilléen liées à l'hypothermie et disparaissant sous l'action du réchauffement.
7° Réflexe cutané plantaire aboli en cas d'hypothermie marquée et reparaissant par réchauffement.
Contracture et Paralysie hystériques.
1° Troubles moteurs étendus, en apparence intenses, mais superficiels et fugaces quand on les traite comme il convient.
2° Les attitudes observées dans les contractures hystériques correspondent à des attitudes naturelles. On peut observer des déformations rappelant celles qui appartiennent aux contractures réflexes, mais l'imitation est imparfaite. Il s'agit toujours de déformations que la volonté peut reproduire.
3° L'amyotrophie fait généralement défaut; elle peut manquer, même quand la paralysie est ancienne et, lorsqu'elle existe, elle est peu marquée.
4° Il peut y avoir de la thermonsymétrie mais elle est très légère. 11 n'y a pas de troubles vaso-moteurs bien caractérisés, ni de modifications dans l'amplitude des oscillations.
5° Pas d'byperidrose nettement caractérisée.
6° Jamais de modifications de la réflectivité tendineuse.
7° Pas de modification du réflexe cutané plantaire.
8° Hypotonie quelquefois très accentuée et, dans les paralysies du membre supérieur, parfois « main ballante ».
9° Surexcitabilité mécanique des muscles avec lenteur de la secousse disparaissant sous l'influence du réchauffement.
10° Modifications fréquentes de l'excitabilité électrique des muscles et des nerfs : surexcitabilité ou subexcitabilité; lenteur de la secousse vol laïque et fusion anticipée des secousses faradiques disparaissant' par le réchauffement; dans quelques cas flexion paradoxale de la main.
11° Parfois jusqu'à une phase avancée de la narcose chloroformique : persistance de la contracture; spasme provoqué par tout effort de correction de l'atlitude vicieuse; surréflectivité tendineuse élective dans le membre malade.
12° Rétractions fibro-tendineuses très communes surtout dans les formes hyperloniques et se développant rapidement.
8° Pas d'hypotonie.
13° Troubles trophiques des os (décalcification), du système pileux et des phanères.
9° Pas de surexcilabililé mécanique notable des muscles ni surtout de lenteur de la secousse.
10° Pas de modifications l'excitabilité électrique.
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11° Disparition de la eonlrac-, ture dès la première phase de la narcose; pas de surréflectivité tendineuse.
12° Les paralysies hystériques fiasques ou avec contracture ne s'accompagncntgénéralement pas de rétractions fibro-tendincuses, môme lorsqu'elles durent longtemps. On peut encore se demander si leur apparition ne nécessite pas l'adjonction d'un élément étranger à l'hystérie.
13° Pas de troubles trophiques.
On est donc actuellement en mesure, grâce aux acquisitions récentes de la sémiologie, de distinguer les accidents nerveux d'ordre réflexe d'avec les troubles pithigliqnrs dans les cas bien caractérisés.