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D'ORDRE RÉFLEXE

(SYNDROME PHYSIOPATHIQUE)

Parmi les accidents nerveux constatés en neurologie de guerre, il convient de mettre à part un groupe de faits assez nombreux qui se présentent sous des aspects cliniques particuliers, et qui ont une véritable autonomie. Il s'agit de contractures ou d'hypertonies, de paralysies ou plutôt d'états parétiques qui se développent consécutivement à des traumatismes. Ces troubles de motilité ne s'accompagnent d'aucun des signes qui appartiennent en propre aux affections organiques classées, aux lésions du système nerveux central ou périphérique et aux lésions des gros troncs vasculaires. Ils se rapprochent par certains traits des manifestations hystériques : la lésion qui les a causés paraît parfois minime, hors de proportion avec les désordres fonctionnels qui en résultent; ils la débordent, s'étendent en amont, ne répondent à aucun territoire anatomique connu ; et cependant, ces accidents sont parfois d'une assez grande ténacité et, contrairement aux phénomènes pithiatiques, ils résistent à la contre-suggestion.

Ces accidents se distinguent des manifestations hystériques par divers caractères sémiologiques qui, il est vrai, ne sont pas toujours réunis.

Outre la contracture et la parésie, qui peuvent s'associer, tout en se localisant parfois dans des segments différents du membre, on constate, lorsque le syndrome est complet : de l'atrophie musculaire; de l'exagération des réflexes tendineux; des modifications des réflexes cutanés pouvant aller jusqu'à l'irréflectivité; de l'hypotonie; de la surexcitabilité mécanique des

muscles avec lenteur de la secousse musculaire; des modifications quantitatives de l'excitabilité électrique des muscles (surexcitabilité ou subexcitabilité sans réaction de dégénérescence, fusion anticipée des secousses faradiques) ; de la surexcitabilité mécanique et parfois électrique des nerfs; des troubles de la sensibilité objective et subjective (anesthésie et douleurs); des troubles de la régulation thermique (surtout de l'hypothermie) et de la régulation vaso-motrice (cyanose, teinte rouge saumon, diminution de l'amplitude des oscillations à la périphérie du membre, lorsque la température ambiante est basse) ; des troubles sécrétoires et enfin des troubles trophiques divers du système osseux, des ligaments, de la peau et des phanères.

Ces différents symptômes forment des combinaisons qui varient suivant le nombre, le mode d'association et -l'importance même de chacun des éléments constituants. Il en résulte des types cliniques divers qui, malgré leurs dissemblances, paraissent constituer une même famille et représenter une espèce nosologique.

Nous exposerons plus loin les raisons pour lesquelles il nous semble permis de considérer ces accidents comme étant d'ordre réflexe et nous dirons ce que l'on doit entendre par cette expression. Mais, en admettant même que cette pathogénie soit encore contestable, les troubles en question, quelle que soit la dénomination qu'on leur donne, forment, et c'est là l'essentiel, un groupe à part, intermédiaire en quelque sorte entre les affections organiques à proprement parler et les désordres hystériques.

Ce sont des phénomènes qu'il serait permis d'appeler physiopathiqaes, terme devant exprimer l'idée que, d'une part, ni l'hystérie, ni aucun autre état psychopathique ne peuvent les produire; que, d'autre part, tout en traduisant une perturbation physique, matérielle du système nerveux, ils ne semblent pas correspondre à une lésion nerveuse susceptible d'être décelée par les moyens d'investigation dont nous disposons.

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