On enlève les fils de fermeture de la plaie
Pendant douze jours, on renouvelle tous les deux jours le tamponnement vaginal en ayant bien soin de placer le tampon entre le col et la paroi inférieure du vagin, de façon à faire à l'utérus un coussin sur lequel il repose.
18 mai. Règles qui durent quatre jours sans la moindre douleur.
23. — La malade commence à se lever. L'utérus est parfaitement fixé à la paroi abdominale. Le col regarde en bas et en
arrière. Les douleurs n'ont pas reparu. Il persiste une sensation de pesanteur quand la malade a marché ; mais cette sensation disparaît à son tour,
31. — La malade sort de l'hôpital ne souffrant plus. L'utérus est solidement adhérent à la paroi abdominale. Toutefois le col regarde un peu en avant. Il semble que la partie de l'utérus non fixée se soit incurvée de façon a présenter une concavité antérieure, probablement sous les efforts de la distension de la vessie.
OBSERVATION IX (Pozzt, Cas II.) (Inédite
Ré trover s io- flexion irréductible pure. — Hystéropexie type.
Marguerite D... (D.-R.), vingt-sept ans, entrée le 10 avril 1889, à l'hôpital Pascal, service de M. le D' Pozzi.
Antécédents. — Réglée à treize ans d'une façon régulière. A vingt et un ans, leucorrhée qui a duré un an. Pas de grossesse.
Débuts de la maladie. — En juin 188.^, cette malade aurait eu des rapports avec un homme trop fort (sic); à partir de ce jourlà, alors qu'elle était très bien portante, elle aurait éprouvé une sensation de pesanteur au niveau des organes génitau.x, ainsi que des douleurs dans les cuisses, parfois les reins et le bas-ventre. Ces douleurs persistent encore.
Etat actuel. — Les douleurs ressenties par la malade sont surtout accusées par la marche ou lors d'une fatigue quelconque. Elles ont les caractères décrits précédemment.
Pas de métrorrhagies; règles normales, un peu de leucorrhée.
En mars 1889, la malade avait consulté M. le D'" Labadie-Lagrave, qui avait diagnostiqué une rétrofle.xion de l'utérus.
Le 3 mai, examen sous le chloroforme par M. le D'' Pozzi.
Col un peu abàissé et dirigé légèrement en avant. L'exploration bi-manuelle révèle la présence du corps de l'utérus dans le culde-sac de Douglas. L'utérus est absolument enclavé dans le petit bassin ; en longeant la face postérieure du col on sent manifestement à l'union du col et du corps, l'angle de flexion. Ce cas parait être surtout un cas de Rétroversio-ftexion utérine. Par le toucher
' Nous prions M. le D"" Pozzi île vouloir accepter tous nos remerciements pour l'amabilité avec laquelle il a bien voulu nous coulier se.< cahiers d'observations. Notre travail était sous presse quand M. Pozzi a publié un résumé de ces deux observations. (Voyez Itid. 1890.1
rectal, on sent très bien le corps de l'utérus qui refoule le rectum. U rétroflexion est absolument irréductible.
Les annexes sont saines; le col de l'utérus est tapiroïde ; l'orifice externe très petit est celui d'une multipare; il n'y a pas de lésions cervicales.
Opération le 6 mai 1889.
Le 5 mai la malade avait été purgée.
Incision de quatre travers de doigts. Après ouverture de la cavité abdominale, on constate que la vessie remonte très haut, ce qui occasionne une certaine difficulté dans les recherches du fond de l'utérus dans le cul-de-sac de Douglas. L'utérus est saisi au moyen d'une pince de Museux et amené à l'orifice abdominal, après rupture préalable des adhérences dans le petit bassin.
M. leD-- Pozzi fixe l'utérus à la paroi abdominale par procédé décrit. Il comprend dans le surjet, destiné à fermer le péritoine, le corps de Ihitérus, suivant une ligne passant par le milieu du fond et de la face antérieure de l'organe. Ce surjet, outre l'utérus et le péritoine, comprend les aponévroses et les muscles droits'. La plaie opératoire est fermée finalement par un deuxième plan de sutures profondes et superficielles à la soie. Le vagin est bourré de gaze idioformée, surtout dans le cul-desac postérieur, afin de maintenir l'utérus dans sa nouvelle situation.
Suites opératoires. — 6 mai, température 38».
7-9 mai. Quelques vomissements muqueux. Pas de météo risme. Gaz rendus par l'anus. Lavement (& cuillerées de vin de Bordeaux avec 2 cuillerées de glycérine). La température ne dépasse pas 37°3'.
10. — De temps en temps, encore quelques vomissements. Léger péritonisme; lavement. Température 37°6.Un tube de caoutchouc est placé dans l'anus, afin de faciliter l'évacuation des gaz.
12. — Température 38o2. On défait le pansement. Les trois dernières sutures superficielles sont enlevées et l'on fait sourdre une cuillerée à café de pus.
13. — La suppuration s'est étendue en profondeur. La plaie eSt bourrée de gaze idioformée. Quelques points du surjet profond ont cédé et, en attirant le fil de soie, on trouve des grumeaux de pus qu i lui sont accolés.
' Le surjet, fait par M. Pozzi dans ces deux cas, correspondait en somme à 6 points de sutures (mode Czeriiy-Terrier), si nous en croyons lesrhéma de l'opération qui était dessiné sur le cahier d'observation.
Cette suppuration est due à une infection par le fil de soie mal aseptisé
17. — Pansement fait tous les jours depuis le 13 mai. 21. — La suppuration commence à se tarir. L'utérus se maintient en bonne position.