TABLEAU II
i l Rétroversion : Ryford (Cas II); / Terrier (Cas I); \ Lee (Cas IJI) ■ 4 Rétronexions. ^^.^^ y^.'
( Slrong (Cas 1).
Nous n'avons rien à dire des cas où les ovaires malades ont dû être enlevés; mais, nous devons remarquer que, du fait même de l'hystéropexie dans les cas précités du T. II, le prolapsus des ovaires sains, symptomatique, s'est trouvé radicalement guéri.
Cette simple constatation a conduit naturellement à l'idée suivante : c'est que dans \e prolapsus simple, non symptomatique, non compliqué, de l'ovaire sain, lésion plus fréquente qu'on ne le croit généralement*, l'hystéropexie constituait
Vallin. — Situation el prolapsus des ovaires. Thèse, Paris, 1887.
une opération parfaitement de mise et certainement préférable à la castration abdominale ou vaginale, puisqu'elle est une opération absolument consermilrice dans les cas d'ovaires non altérés. Kelly d'ailleurs avait déjà mis ce point bien en lumière dans son 1°'' travail sur l'IIystérorrhaphie. On pourrait emj^loyer de préférence son procédé (2" mode), puisqu'il agit plus spécialement sur les ligaments utéro-ovariens.
Si ce n'était point sortir par trop du cadre que nous nous sommes imposé, nous comparerions avec l'hystéropexie pour prolapsus des ovaires sains, l'opération proposée par Imlack (de Liverpool), sous le nom d'Oophorrhaphie. Qu'il nous suffise de citer ici cette opération. Elle n'est en réalité qu'une variante de celle que nous signalerons au chapitre suivant de ce travail sous le nom de Raccourcissement proprement dit des Ligaments larges, et devient, dans ces cas. une véritable Oophoropexie, puisqu'elle a pour but de fixer les ovaires sur les ligaments larges, en rendant, par cet artifice opératoire, aux ligaments ovariens distendus leur brièveté primitive.
2° DE l'hystéropexie dans l'jnversion utérine
L'Inversion utérine, en dépit de l'opinion de certains chirurgiens, doit être considérée comme une affection très grave. On nous permettra donc de ne pas nous attarder sur ce point qui nous paraît démontré et qui est aujourd'hui admis par la plupart des classiques. Dès lors, on ne peut trouver étonnant que nous proposions, comme moyen de trailement radical de cette lésion, rare d'ailleurs, l'hystéropexie intra-péritonéale. Ne l'admettons-nous pas pour les rétrodéviations graves de l'utérus, qui sont certainement l'un pronostic moins sombre?
D'autre part, il y a longtemps — bien avant l'ère antiseptique — que Gaillard Thomas' a fait avec succès une laparotomie pour « désinverser » un utérus; et récemment quelques
' G. Thomas. — American Journal of Obstelrics, noveml)rc 1869, p. 423; et Trailé des maladies des lemmes Dis. ofwomcn, 3' édit., 1872, p. 434.
chirurgiens américain (Mande) - et allemand i^^^' l'ont imité avec autant de bonheur, de même que Schmal-
Tuss ^ ' Il nous a donc paru très raisonnable do proposer d'ajouter, a
la réduction simple de Thomas, la fixation de lutérus ; il nous a semblé même qu'on devait désormais, par mesure de précaution, compléter dans tous les cas cette réduction intra-peritonéale par cette manœuvre absolument inoffensive, seule capable d'empêcher à tout jamais l'utérus de s'inverser ànouveau.
Ceci étant posé, tout revient à déterminer quand la laparotomie est indiquée dans les cas d'inversion utérine, car nous sommes bien forcé de le répéter encore : la fixation n est nen et la laparotomie est tout. A notre avis, on doit faire en cette occasion le même raisonnement que lorsqu il s agit d une hernie vulgaire. Si l'utérus inversé veut bien rentrer dans l'abdomen dès que le chirurgien l'y invite de la main et rester réduit sans qu'il soit besoin de recourir à un support quelconque, tout est pour le mieux et l'hystéropexie n'a rien a voir en semblable occurrence.
Au contraire, si V utérus, réductible, est impossible a maintenir.on pourrait tenter à la rigueur l'hystéropexie extra-peritonéale; mais nous préférons, même pour ce cas, l'intra-peritonéale. SHl est irréductible, il ne faut pas s'acharner a vouloir le réduire quand même par le vagin, à faire un taxis forcé ; on risquerait de commettre les plus grands désordres
Il faut imiter G. Thomas, Munde, etc., ouvrir le ventre, détruii^e les adhérences et les fausses membranes qui fixent lutérus, introduire une pince dilatatrice dans la cavité, à ouverture abdominale, formée par l'organe inversé, faire retourner l'utérus par la main d'un aide placée dans le vagm et compléter cette opération parla fixation directe. En procé-
' P. ^nde. - Laparotomy for réduction of inverled utérus: in New- York med. Journal, 27 octobre 1888.
' Frœnkcl. - Cent, fur Gi/n., n" 14, 1886, p. 219 (discussion).
» Voir C. Schrœder. Mal. des org. génit. de la femme, Irad. par Laiiwers, Bruxelles, 1890, p. 226.
* Cas de Dcpaul et de nombreux chirurgiens américains et autres.
tlanl ainsi, oa aura à riiciire actuelle rarement des insuccès'.
Le manuel opératoire devra, bien entendu, dans ces cas, présenter quelques particularités sur lesquelles il est inutile d'insister (désinfection préalable de l'utérus avant la réduction, fixation très solide comme dans les cas de prolapsus, etc.) Nous tenions simplement à signaler cette nouvelle indication de l'hystéropexie et à justifier le complément opératoire proposé par nous pour les interventions faites par des hommes comme G. Thomas et Munde — interventions que nos classiques les plus récents traitent presque de fantastiques, alors qu'ils n'hésitent pas à recommander dans les mêmes cas l'extirpation de ^utérus^ Souhaitons seulement que les faits viennent bientôt confirmer les quelques réflexions que nous venons de résumer, et qui mériteraient certainement dès maintenant de plus amples développements théoriques.