DEGRÉ ET COMPLICATIONS DES RÉ T R 0 D É V I ATIONS
Gerlaias auteurs ont prétendu que la fixation de l'utérus pouvait être parfois si difficile que ce mode d'intervention devait être rejeté à priori pour les cas compliqués de rélrodéviations.
C'est ainsi que Polk, dans certain cas, ne voulut pas tenter la fixation de l'utérus à la paroi antérieure de l'abdomen, même après l'ouverture du ventre, pour lii3ércr et redresser un utérus rélroversé, et s'en tint à l'iopération d'Alexander, la considérant comme plus facile et plus simple (voir au chapitre suivant). C'est ainsi «jue Munde dut laisser presque inachevée une laparotomie commencée pour une hystéropexie.
Les cas dans lesquels Polk croit qu'on ne doit pas essayer, sous peine d'insuccès ultérieur, la fixation de l'utérus luimême, sont ceux, où le ventre ouvert, on note :
4° Des adhérences très importantes et très solides ;
2° Une grande profondeur du petit bassin ;
8° Une petitesse notable de Vutérus ;
4° Une étendue trop faible et une rigidité trop grande des ligaments utéro-sacrés et du bord inférieur des ligaments larges.
Dans ces cas, en effet, on aurait les plus grandes difficultc's à amener l'utérus au contact avec la paroi abdominale antérieure et à le maintenir sur ce point.
Nous voulons bien admettre qu'il y ait des cas' difficiles, des malades chez lesquelles, le ventre ouvert, on no puisse pas suturer très facilement l'utérus à la paroi antérieure de l'abdomen. Mais ces faits-là, malgré l'opinion de Polk, doivent être très rares, puisqu'il est presque le seul à les avoir signalés K
En tons cas, ce n'est pas là une considération qui doit
arrêter le chirurgien et l'empêclier de proposer une hysléropexie, d'ailleurs indiquée. Si parfois la fixation directe lui semble impossible, s'il ne peut amener l'utérus lui-même au contact de la paroi abdominale antérieure, la fixation semidirecte, par les ligaments ronds ou les ligaments larges- sera presque toujours, pour ne pas dire toujours, possible. Et si même, en supposant tout au pire, la fixation ne pouvait être exécutée, on aurait toujours fait le simple Redressement de Vutérus, qu'on a préconisée récemment. D'ailleurs, n'cst-il pas entendu encore une fois qu'une telle laparotomie est une opération bénigne ?
Le chirurgien devra seulement s'attendre à des difficultés particulières, tout préparer pour les surmonter et n'abandonner l'idée de l'hystéropexie, le ventre ouvert, qu'après avoii^bien examiné l'état des organes génitaux internes et avoir constaté qu'il lui est impossible de briser l'obstacle et d'attirer l'utérus en avant, ce qui se présentera bien rarement.
' Munde, dans son cas, qui date de 1888, ne put exécuter unehystéropexie commencée par suite d'adliérences utérines trop solides. 11 dut abandonner l'opération et se borner à refermer l'abdomen. — Praeger (Cas II, 1. 1, 1889; ne put fixer une fois les annexes utérines (ligaments larges) que d'un côté; mais cela tient très probablement à ce qu'il ne libéra pas suffisamment l'utérus au préalable.
■ Slrong (Cas II, t. Il), ne pouvant employer le procédé de Léopold, se borna à utiliser un mode de fixation analogue à celui de von Winiwarter (fixation des ligaments larges); ce qui, au demeurant, ne lui porta pas bonheur.