‹ Hystéropexie abdominale antérieure et opérations sus-pubiennes dans les rétrodéviations de l'utérus [electronic resource]Chapitre 53 sur 112 · OBSERVATION LXXXIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXXXIII

(Terhieii, Cas H, déjà publiée.) Salpingo-ovarile et Rétrodéviation. — Salpmgo-oophorectomic double et Hystéropexie complémentaire. — Persistance des troubles ?icryeux. — Opération simulée. —Guérison.

Il s'agit du deuxième fait d'hystéropexie que M. Terrier a publié déjà. Après l'opération, 23 cet. 1888, avec ablation des ovaires et des deux trompes, guérison; mais, le 26 janvier 1889, réapparition des règles et en môme temps de douleurs intenses, vives, en ceinture, dans les aines, comme auparavant; et pourtant l'utérus est resté en antéfixation.

Revue le 14 février, celte femme accuse une augmentation des accidents douloureux; cris continus, surtout le matin de six heures à neuf heures; les injections de morphine, les douches, etc., ne peuvent la calmer. L'utérus est encore bien en antéversion. Les anciennes douleurs ou plutôt les anciennes sensations de pesanteur qu'elle éprouvait au niveau de l'anus ont disparu complètement.

M. Terrier proposa alors à cette femme de lui enlever l'utérus pour la guérir radicalement; elle accepta. Tout fut préparé, comme si l'on devait faire réellement une hystérectomie vaginale; mais la malade fut seulement endormie, et trois pinces à pression furent placées sur le col; pansement et repos au lit, comme si on avait vraiment opéré. Depuis l'opération simulée, cette malade ne souffre plus du tout et elle est retournée dans son pays, où elle reste guérie.

Ce fait est des plus intéressants, car il montre toute l'influence que peut avoir le cerveau ' sur les maladies des organes génitaux, et combien le chirurgien doit se défier des symptômes fonctiomiels accusés par les malades ; mais il ne prouve rien contre l'hystéropexie.

"2'^ S'il y avait plusieurs faits semblables, se rapportant à des hystéropexies faites de parti pris et dans lesquelles on n'ait pas cru devoir toucher aux annexes, la persistance des douleurs serait peut-être moins facile à comprendre. La clinique pourtant explique déjà ces faits exceptionnels. Elle montre en effet que dans ces cas, une lésion des annexes, fort minime il est vrai, a passé inaperçue au cours de la laparotomie exploratrice. Il y a au moins deux observations en rapport avec cette éventualité, indiquée comme possible par la théorie. Ce sont les cas de Byford et deL. Championnière, (Cas IV, T. II), dans lesquels des femmes, hystéropexiées antérieurement déjà sans ablation d'annexés trouvées saines, furent ensuite laparotomisées et reconnues atteintes d'ovarite chronique.

En résumé, en ce qui concerne les douleurs et les autres symptômes fonctionnels, la question est d'autant plus difficile à trancher définitivement que les cas d'hystéropexies

' I,cs phénomènes dits d'inhibition jouent peut-être un rùle dans de telles observations.

typiques, publiés avec détails et bien observés pendant un certain temps, sont encore assez rares et qu'il est impossible de se servir, pour étudier cette question, d'opérations complexes, c'est-à-dire d'hystéropexies avec salpingooophorectomies simples ou doubles. — Qu'il nous suffise pour l'instant de rappeler ce que nous avons déjà dit, à savoir que, de par les cas publiés, l'hystéropexic semble être la meilleure manière de faire disparaître les symptômes fonctionnels, placés sous la seule dépendance de la rélrodévialion utérine, à savoir les douleurs et les troubles de la menstruation.

Dans quelques observations d'hystéropexies types on a bie:i noté aussi que les règles sontredevenues normales (Cas I, T. II, de Pozzi, par exemple) ; mais les auteurs n'ont pas eu leur attention attirée sur ce symptôme et les faits publiés manquent de précision. Il est fort probable cependant que l'amélioration de ce côté a été presque toujours constante; sans cela les opérateurs ne seraient certainement pas restés muets sur ce point.

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