‹ Hystéropexie abdominale antérieure et opérations sus-pubiennes dans les rétrodéviations de l'utérus [electronic resource]Chapitre 54 sur 112 · II. — ACCIDENTS SURVENUS IMMÉDIATEMENT APRÈS L'HYSTÉROPEXIE · texte numérisé non relu

II. — ACCIDENTS SURVENUS IMMÉDIATEMENT APRÈS L'HYSTÉROPEXIE

Les accidents qui sont survenus pendant la convalescence sont relativement nombreux, et presque tous explicables par l'époque à laquelle remonte l'opération ou par le procédé employé.

1° C'est ainsi que le seul cas à' inflammation du ligament large noté se rapporte à une observation de Sims ; la malade guérit d'ailleurs. Il est vrai que l'autre cas de Sims mourut de péritonite septique. Mais aujourd'hui pareille chose ne doit plus s'observer. Ce sont deux cas qu'on ne devrait pas mettre en ligne dans une statistique bien établie.

2« Dans trois cas (Observations de Schramme, Tableau Il ; et Tableau I, Observation 19 de Klotz), on a noté de petites her^iies plus ou moins passagères • à l'angle inférieur

' Dans le cas de Klotz, elle disparut assez rapidement.

de la plaie; mais il suffit de se reporter aux observations pour en soupçonner la cause : la faute est surtout ici à l'opérateur et non point à l'opération. — D'autre part, nous ne croyons pas qu'il faille mentionner avec plus de détails une sorte de tiraillement de la paroi abdominale comme entraînée dans le ventre par le poids de l'utérus (ventre en sarigue de Muller), car cela n'a été signalé, quoiqu'en dise Kelly, qu'après des hystéropexies pour prolapsus.

On a noté une fois (Strong, Cas II) le développement d'une fistule stercorale consécutive à l'ouverture d'un abcès profond à l'extérieur. Cette fistule d'ailleurs guérit spontanément. La pathogénie, ainsi que celle de l'abcès qui lui donna naissance, est facile à soupçonner. Les adhérences de l'utérus en arrière ne furent pas sans doute rompues avec tous les ménagements désirables et le rectum fut lésé dans une partie de son étendue. On érailla probablement sa paroi antérieure. Un tel accident n'est possible que dans les cas de rétrodéviations fixées, anciennes, très graves; partant il doit ne se produire que rarement, surtout si l'on songe d'avance à sa possibilité, si l'on prend de minutieuses précautions et si l'on a soin de consolider, par quelques points de suture, la paroi antérieure du rectum éraillée à sa surface et maltraitée pendant la déchirure des adhérences recto-utérines. Ces sortes de fistules ne sont pas d'ailleurs en général graves. On les observe à chaque instant, quand on est obligé de détruire des adhérences multiples et très résistantes; mais elles guérissent assez facilement. Elles n'ont rien d'ailleurs de spécial à l'hystéropexie.

4" Dans deux cas, Dudley a signalé la persistance de /jstules purulentes iwia.v'iS'èQ.hle.?, sur le trajet des fils ; et pour lesquelles fistules il a dû faire ultérieurement deux laparotomies. Heureusement ses malades ont guéri. Nous ne ferons pas remarquer à quoi peuvent être dues ces fistules. Très probablement il s'.agissait de salpingo-oophorectomies extrêmement complexes concomitantes et ce n'est certes pas la fixation de l'utérus qui a pu occasionner des complications semblables ; ou alors il faudrait supposer une grossière faute d'antisepsie.

5° Dans un cas (Quénu), on a observé comme complication un phénomène qui, à première vue, peut paraître étonnant. Le neuvième jour après l'opération, il se produisit une embolie pulmonaire, qui d'ailleurs n'occasionna pas d'accidents trop sérieux, puisque la malade a parfaitement guéri.

La pathogénie de cette embolie est très curieuse. M. Quénu pense qu'il s'agit -là d'un cas d'embolie consécutive à une thrombose veineuse d'origine seplique. La thrombose se serait produite dans une des veines voisines du petit abcès, à contenu huileux, à peine louche, qui s'ouvrit vers le dixième jour à l'extrémité inférieure delà plaie. Un catgut, incomplètement antiseptisé ou plutôt souillé au cours de l'opération d'une façon quelconque, semble avoir été la cause de cet abcès, auquel serait due la thrombose observée. Une telleinterprétation nous paraît absolument admissible, et nous croyons inutile de nous livrer à de plus amples considérations sur ce point de pathologie générale. En tous cas, ceci montre une fois de plus, s'il en était besoin encore, l'importance qu'il y a à ne faire de telles opérations qu'avec des matériaux de sutures absolument désinfectés, et surtout à ne pas les souiller par des contacts septiques au cours de l'opération, précaution indispensable à laquelle bien peu (surtout parmi les aides) songent cependant. M. Quénu, étant donnée la difficulté d'aseptiser le catgut, semble résolu à ne plus employer dans ces cas que la soie. C'est certainement plus sûr, mais, en réalité, tout cela est alfaire d'asepsie, pour le catgut comme pour la soie. Tant qu'on n'aura pas démontré que l'asepsie du catgut est impossible à obtenir d'une façon absolue, nous persistons à croire qu'on pourra l'employer comme la soie.

Nous rapprocherons à dessein de cette thrombose d'une petite veine de la paroi abdominale d'autres thromboses notées pendant la convalescence de certaines opérées d'hystéropexie, quoique leur pathogénie soit peut-être différente. Nous citerons d'abord, 'comme conséquence d'une thrombcss probable d'une petite veine voisine du nerf sciatique, les douleurs névralgiques, que présenta la même malade de

M. Quénu, dans le domaine de ce nerf du côté gauche. Peutêtre trouvera-t-on que nous nous avançons beaucoup en expliquant ainsi ces phénomènes douloureux? mais qu'on n'oublie pas que cette opérée avait en même temps une thrombose de la veine fémorale gauche.

Sans nous appesantir davantage sur ce point, désirant nous borner au côté clinique de la question, nous rappellerons que dans un autre cas d'hystéropexie (Gohn, Cas III, N° 64, Tableau II), sans ablation d'annexés cette fois, on nota aussi une thrombose de la veine fémorale gauche. l\ est vrai qu'on l'atlribua à l'anémie très prononcée de la malade. L'observation n'est pas publiée avec des détails suffisants pour que nous nous permettions de discuter quel fut réellement le mode pathogénique de cette petite complication.

6" Nous ne reparlerons pas, bien entendu, des petits abcès développés au pourtour des fils fixateurs de l'utérus ou de ceux qui ferment la plaie abdominale. Leur pathogénie est trop connue, comme nous venons de le montrer ; leur cause dépend tout entière du chirurgien, qui n'a pas pu se procurer des fils aseptiques ou n'a pas assez désinfecté sa plaie i.

7° En ajoutant les troubles vésicaux déjà signalés, et l'autre cas de mort Y>^r étranglement interne dont nous allons reparler, voilà tout le bilan des complications observées. — Il est consolant de constater que la plupart pourront être désormais évitées, grâce à une antisepsie rigoureuse et à l'emploi des procédés de fixation que l'on connaît aujourd'hui.

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