‹ Hystéropexie abdominale antérieure et opérations sus-pubiennes dans les rétrodéviations de l'utérus [electronic resource]Chapitre 55 sur 112 · III. — GRAVITÉ DE L'OPÉRATION · texte numérisé non relu

III. — GRAVITÉ DE L'OPÉRATION

La statistique, que nous avons essayé de dresser dans les tableaux ci-joints, montre quelle est la gravité intrinsèque de celte opération, quand elle est faite suivant les règles de l'art chirurgical moderne.

' Voir les observations que MM. Quénu et Terrier (Cas V) ont eu la bonté (le nous communiquer, publiées in exLenso plus loin. Les réflexions qu'elles nous ont suggérées s'appliquent à la plupart des autres cas d'abcès de la paroi abdominale (Cas de Sœnger, Pozzi (Cas II), Picqué (Cas VI), Kelly, etc.).

Nous avons recueilli plus de 200 observations (235 en réalité), et certes il y en a l3ien d'autres (surtout des hystéropexies complémentaires) qui n'ont pas été publiées.

Or, il n'y a pour les Rétrodéviations que deux cas de mort. Et nous avons au moins 235 interventions I Peut-être existeil d'autres décès? Nous ne le savons, puisqu'ils ne sont pas publiés. Aux adversaires de l'opération de les faire connaître.

Que sont-ils d'ailleurs ces cas de mort? Qu'on se rapporte à la narration qu'ont fait Sims et Kelly, — les deux auteurs qui ont eu le malheur de perdre leurs opérées, — et l'on verra que ces deux cas ne sont en rien imputables à l'opération. Ce n'est point évidemment ni la fixation de l'utérus, ni même l'ouverture du ventre, qui ont été la cause de la mort dans ces deux faits.

Dans l'un, en effet, celui de Sims, la malade a succombé à une périlonite. C'est donc qu'elle a été infectée et c'est fort regrettable ; mais pas plus l'opération que l'opérateur, dans ce cas, n'en est responsable, car, à ce moment, les doctrines antisepsiques n'étaient encore que dans l'enfance, et il ne s'agissait d'ailleurs que d'une hystéropexie complémentaire. Aujourd'hui, un tel accident serait moins pardonnable. En tous cas, ce serait là certainement un cas à retrancher, sil'on voulait aujourd'hui faire le pourcentage exact des décès par hystéropexies aseptiques.

Le second cas de mort, — celui qui a suivi l'opération de Kelly, — aurait été causé par un étranglement interne consécutif à la formation d'adhérences périutérines et intestinales, après une hystéropexie probablement complémentaire. Il ne peut entrer en ligne de compte, à notre avis, non pas parce que les détails en sont inconnus, mais parce que la laparotomie avec hystéropexie n'y est probablement pour rien. — A la rigueur, on pourrait admettre que la cause en est au moins la laparotomie ; et alors il faudrait s'incliner devant de tels faits. On ne peut rien contre de tels accidents qu'on ne peut pas prévoir et qui peuvent rester au-dessus des ressources de l'art ; mais ce n'est pas à dire, pour cela, qu'on ne pourrait s'en rendre maître si l'on opérait ensuite à temps ce malencontreux étranglement. En tous cas, nous sommes

oonvaiucu qu'avec un procédé opératoire bien réglé, l'hystéropexie ne pourra que très exceptionnellement créer des brides telles qu'il puisse un jour se produire un étranglement interne. Répétons, pour n'induire personne en erreur, que ce cas n'ayant pas été publié avec détails, il est aujourd'hui impossible de le discuter.

Ce sont là les deux seuls cas de mort [Hystéropexies pour Bétrodévialions) publiés dans la littérature médicale du monde entier. Il serait, on le voit, facile de faire le pourcentage des décès; car, de ces deux faits, l'un ne peut compter, et l'autre, trop mal connu, peut bien ne pas se rapporter à une hystéropexie non compliquée. On nous dispensera d'insister davantage, puisque la statistique montre — et les chiffres ont parfois leur éloquence — que l'hystéropexie est bien une opération réellement bénigne.

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